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25 novembre, 2010

Histoire de la guerre d’Algérie

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Guerre d’Algérie, 1954 – 1962 
Par Tom Cooper (avec des détails supplémentaires par Marc Coelich et autres) 
12 novembre 2003, 03:04 

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Histoire de la guerre d'Algérie acigsigbanner1_030

 


Le conflit a éclaté en Algérie presque exactement il ya 50 ans. Il était une sale guerre que – quelle que soit la difficulté peut paraître à notre époque – dominée par les médias européens à près de la même mesure que la guerre du Vietnam serait seulement dix ans plus tard, ou la guerre en Irak ne le fait aujourd’hui. La guerre d’Algérie avait de nombreuses caractéristiques inhabituelles. Il a été un concours de trois et finalement à quatre angles entre le gouvernement français, les colons européens et les nationalistes algériens, ainsi que le Général Charles de Gaulle, tous les buts poursuit différents. Il a quitté l’Algérie et la France profondément marquée, et l’armée française au point de rupture: elle détruit la Quatrième République et des centaines de milliers de vies et les carrières, et il a l’armée française à la veille du coup d’Etat. 

Depuis, les troupes françaises débarquèrent à Sidi Ferruch, en 1830, l’Algérie a été par tous les fins d’une colonie: la majorité de la population étaient musulmans indigènes, principalement les Arabes et les Berbères, mais ils ont été dominés par un peu plus d’un million de colons européens, connu sous le nom « Les deux points »ou – plus graphiquement - » noirs pied « , principalement de l’espagnol, l’italien, le corse, alsacien et le matériel.Seule une infime minorité de la population musulmane détenait des droits de la nationalité française ou des biens importants: environ 75% des musulmans sont analphabètes, ils souffrent du chômage chronique, la mauvaise santé, et de la faim. Les colons les meilleures terres d’élevage, a connu une quasi-monopole du pouvoir politique et imposé leurs propres structures éducatives, économiques et administratives sur la population nationale. Néanmoins, l’Algérie n’a même pas été un protectorat français: en 1848 il a été purement et simplement absorbés en France métropolitaine, et par la suite considérée comme une partie intégrante de l’état parent. Cette décision a été de créer d’énormes problèmes à toutes les parties concernées, puis, par la Constitution, il n’y avait pas de place pour l’Algérie à accéder à l’indépendance de la France. 


Le nationalisme algérien avant 1950 a été fragmenté: les musulmans mécontents avaient une variété de parties parmi lesquels choisir – y compris le Parti communiste algérien, les religieux et pan-islamique Association des Oulémas, le Mouvement nationaliste pur le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), ou le libérale islamiste Union Démocratique du Manifeste Algérie (UDMA) – aucune des politiques qui offrait un attrait universel. En 1949, la scission MTLD lorsque Ben Bella a créé le plus militant Organisation Spéciale (OS), un parti voué à l’usage de la violence.Cela n’a pas d’attirer un large soutien, soit: bien que la plupart de ces parties ont tenté de participer à la vie politique française, flagrante fraudes électorales par les colons empêché la représentation musulmane à tous les niveaux de gouvernement. La majorité des pieds-noirs, à savoir, n’étaient rien moins volatile, entêté, violent et impitoyable que les Musulmans: ils se considéraient comme des bâtisseurs de l’Algérie et sont farouchement déterminé à s’accrocher à ce qu’ils avaient. La plupart d’entre eux considèrent toute forme de compromis avec les musulmans comme une trahison. 

Le MTLD a été l’une des premières organisations nationalistes algériennes qui est devenue active. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, quand les Français étaient à la recherche de bénévoles entre la population algérienne pour aider à combattre contre les Allemands, de nombreux nationalistes algériens ont eu la promesse que, si elles aideraient à la guerre d’Algérie serait donné l’indépendance en retour. Lorsque la guerre prit fin, le 8 mai 1945, et les Algériens compris que les Français n’étaient pas prêts à tenir leur parole, les manifestations organisées dans le MTLD Sétif, Batna et Souk Ahras Sedrata. Lance a baissé et la situation avant de s’étendre, se terminant au cours d’émeutes au cours de laquelle 103 colons ont été tués. La réaction des autorités françaises, mais aussi les noirs pied, a été féroce: la vengeance qui a suivi plusieurs milliers de musulmans ont été tués. Établissements inaccessibles à l’armée française – y compris les quelque 40 villages différents – ont été bombardés par l’aviation française SBD-5 Dauntless bombardiers en piqué de 3F, battant d’Alger-Maison Blance. 

Il y avait une paix relative dans les années suivantes – mais seulement sur la surface. Peu de Français étaient au courant des épreuves subies par la population indigène, le chômage, l’éducation rudimentaire (le cas échéant), et les pauvres des installations médicales. Pour la plupart des Français en Algérie, il était beau d’avoir des Arabes algériens travaillant comme domestiques dans les fermes ou dans les usines à aucun salaire d’entre eux considèrent sur le continent, ou comme domestiques. Mais, toute notion de l’intégration sur toute autre base ne devait pas être pris en considération. En 1951, les dirigeants UDMA, MTLD, l’APC, et oulémas ont formé un front commun, qui fut de courte durée. En 1954, le MTLD-chef, Messali Hadj, a formé le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA): c’est cette organisation qui a causé militants OS pour créer une force dédiée à la révolte armée. 

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Carte de l’Algérie au moment de la guerre, avec des frontières approximatives des six wilayas, ainsi que les plus importants aérodromes français. (Carte de Tom Cooper, basée sur le logiciel Encarta 2003)

 

Éclosion de Insurgency

La guerre d’Algérie a éclaté tôt le matin du 1er Novembre 1954, lorsque les bandes armées des musulmans algériens se glissa hors de la nuit pour attaquer une variété de cibles à travers le pays, y compris les gendarmeries locales, des bâtiments administratifs et les services publics. Il a été le même de la fête chrétienne de la Toussaint, et la plupart des noirs coloniale française dévots pied, il a été assumé par les dirigeants nationalistes, serait sur leurs gardes: après tout, les colons eux-mêmes suppose que les musulmans seraient sûrement respecter le caractère sacré d’une fête religieuse. Ils n’ont pas. 

L’attaque contre la caserne de Batna a explosé à peu près comme prévu, mais pas sans problèmes: les occupants ont été alertés à temps, même si deux des gardes ont été déplacés à cause du temps de paix les ordres du régiment exigé que leurs fusils doivent être non chargées et leurs munitions cousus dans leurs poches. Ce sont les premiers militaires français à être tué à la guerre. Le premier officier français a été tué par des tirs de mitrailleuses comme il est sorti de ses quartiers dans la petite garnison à Khenchela: il était un Spahi, le lieutenant Gérard Darneau. D’autres attaques ont eu lieu à la mine de plomb Ichmoul, où la guérilla destiné à saisir une quantité d’explosifs. Leur plan a échoué. L’attaque du poste de gendarmerie de T’kout et dans les gorges de Tighanimine trop. 

Il y avait cinq objectifs à Alger ainsi: la station de radio, un dépôt de carburant, le central téléphonique, l’usine à gaz et un entrepôt appartenant à un éminent homme politique français. Toutes les attaques ont été frustrés, en grande partie parce que les attaquants étaient mal formés et mal équipés.Ailleurs, à Oran, aucun des groupes rempli leurs objectifs: l’un des attentats a été lancé prématurément alors que les autorités étaient sur leurs gardes et huit insurgés ont été tués. 

Ces attaques ont été menées par des groupes de guérilla du Front de Libération Nationale (« Front de libération nationale» – ou du FLN). FLN a été créé par les nationalistes musulmans neuf, Hocine Ait Ahmed, Ahmed Ben Bella (ancien Sous-officier de l’armée française, qui ont combattu à Monte Cassino, en Italie), Mostafa Ben Boulaid, Larbi Ben M’hidi, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf , Didouche Mourad, Mohamed Khider, Krim Belkacem et. La plupart des dirigeants du FLN a été fondée en Algérie, mais Mohamed Khider, Ben Bella, Hocine Air Ahmed et quelques autres ont été basé au Caire, et – plus tard – en Tunisie, en tant que FLN-representants l’extérieur du pays. Malgré une croyance armée française que ce parti est une organisation orientée vers Moscou communiste, la lutte contre l’Occident dans le cadre d’une stratégie mondiale, le FLN était d’abord et avant tout bien nationaliste. Sûrement assez, Ben Bella a été d’organiser la guerre à venir le long des lignes Ho Chi Minh a organisé la résistance nord-vietnamiennes contre les Français, mais, aucun des dirigeants du FLN-n’a jamais été un adepte de la théorie servile communiste révolutionnaire. En fait, l’organisation et les tactiques de la guérilla algérienne doit plus à la Résistance française de la Seconde Guerre mondiale, que de rien ni de personne d’autre. 

Selon des documents officiels algériens, les résultats nets de ces attaques ont été comme suit: 

- Dans les Aurès, les forces du commandant Ben Boulaid de 400 combattants montés 43 attaques, tuant six personnes et en blessant six soldats et gendarmes français; 
- Dans le secteur côtier, les forces du commandant Didouche Mourad est de 150 lancé deux attaques, tuant un soldat français; 
- En Kabylie, les forces du commandant de Krim Belkacem de 350 combattants montés 14 attaques, tuant une personne et blessant deux Françaises, et de voler de 2 millions de francs français en espèces; 
- Dans le centre de l’Algérie, les forces du commandant Rabah Bitat de 150 a lancé sept attaques, tuant 12 français et voler 25 millions de francs français; 
- Enfin, dans l’ouest d’Oran, les forces du commandant Larbi Ben M’hidi est de 150 a lancé 14 attaques, tuant trois personnes et en blessant deux Françaises. 

Déjà qu’au début dans ce conflit, les dirigeants du FLN divisé Algérie en six «zones autonomes», le soi-disant «Wilayas», dont chacun était responsable pour le montage des opérations autonomes. L’organisation de Wilayas en 1954 a été comme suit: 
- Wilaya 1: zone Aurès, commandant Mustapha Ben Boulaid 

- Wilaya 2: Zone du Nord de Constantine, commandant Rabah Bitat 

- Wilaya 3: zone de Kabylie, commandant de Krim Belkacem 

- Wilaya 4: La ville d’Alger et de la zone Algérois, commandant de Didouche Mourad 

- Wilaya 5: zone de l’Oranie, commandant de Larbi Ben M’hidi 

- Wilaya 6: sud de l’Algérie, sans commandant permanent 

Parfois, plus tard, Didouche a eu lieu du Bitat (et vice versa), jusqu’à la plus tardive a été arrêté à Alger, en Mars 1955. À son tour, Didouche a été tué près de Constantine, en Février 1955. 

Préférence dans la main-d’oeuvre, l’équipement et des opérations a été donné à la Wilaya 1, dans les Aurès de l’Est de l’Algérie, idéal pour la création de « bases de sécurité ». Ces premières attaques, considérées comme «banditisme» par les colons, n’ont pas été particulièrement réussi et a conduit à traditionnelles « de recherche et de bouclage» des opérations de l’armée française. Parallèlement à la lutte contre le français, le FLN a également mené une guerre sans merci contre le député rival, alors qu’il y avait aussi les combats entre différents groupes musulmans, et les musulmans et les Berbères. 

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Belkacem Krim (à gauche) et Ait Hamouda Amirouche (à droite), deux importants commandants ALN. Krim a conduit Willaya 3, tandis que Amirouche était un chef de l’ALN et – même si officiellement un héros national algérien jusqu’à aujourd’hui – une personne très cruelle. En Algérie, Amirouche est connu pour avoir probablement tué plus Algériens que le français. Il a particulièrement méprisé les intellectuels, ou toute personne ayant n’importe quel type de niveau d’instruction, qui est le reaons pourquoi certains le comparer à Pol Pot. En fait, il est devenu une victime de ce que les Français appelaient «bleuite» – une tentative de provoquer l’ALN-combattants à retourner les uns contre les autres de la méfiance. Amirouch a été tué le 28 Mars 1959, près de Bou Saada, actuellement en cours en Tunisie, où il aurait rejoint l’Armée des frontières ». (Moyen MA)

Au moment où le français avait un actif relativement peu déployée en Algérie, dont la France du 10ème région militaire, sous le commandement du général de C. Cherrière. À l’origine, les Français avaient seulement 55,000 troupes stationnées dans le pays: seuls 4.000 d’entre eux étaient « des troupes de combat utilisables » pour reprendre les termes de Cherrière lui-même. Même après l’armée et les bases navales ont été renforcées, au début de 1955, il n’y avait que quelques 74.000 soldats stationnés en Algérie. En Juillet, cependant, le nombre a grimpé à 105.000: environ 60.000 réservistes ont été rappelés de l’été de la même année, et en 1956 il y avait 200.000 soldats français, aviateurs et marins stationnés dans le pays. 

L’armée avait trois commandes Corps, dont chacune a été divisée en zones d’exploitation, se sont organisés en une ou plusieurs divisions légères. À la mi-1956 il s’agissait de: 
- Corps d’A d’Oran: 12e, 13e et 29 divisions d’infanterie, 5 e Division blindée 
- Corps d’A d’Alger: 9e, 20e, et 27 divisions d’infanterie 
- Corps d’un de Constantine: Division 2e motorisés, les divisions d’infanterie 14e et 19e, et 25e Airborne Division de la 
En réserve, l’armée avait la 7e Division motorisée et la 10ème division aéroportée. Plus tard, ces unités devaient être renforcés par la 4e division motorisée, alors que la 10e Division est devenue une division de parachutistes complet. La majorité des troupes françaises en Algérie ont été appelés: seulement 15% étaient des soldats de carrière. Il n’y avait que très peu de soldats musulmans: seulement quelques 20.000 – pour la plupart des habitués de carrière – servi dans les régiments « tirailleur » bataillons d’infanterie et autonome; certains autres Spahi régiments de cavalerie mécanisée. Ces unités portaient le suffixe « Algérien » jusqu’en 1958. 

L’Armée de l’Air, l’aviation française, avait aussi peu de biens in situ. À des époques antérieures certains Bell P-63 Aircobras et Mistral de la EC.6 étaient basés à Oran; C-47 de la GT (plus tard HE) 1.62 ont été à Blida, et à Lartigue il s’agissait d’un vol de Lockheed P2V-6 Neptune de 22F. Le Mistral ont été complétées par celles de la EC.7 en Tunisie, au Maroc et EC.8. 

Il est également important de mentionner, c’est un nombre important de Piper Cubs, initialement utilisée pour l’observation, mais plus tard que les contrôleurs aériens avancés (CAA) ainsi. Au début de la guerre, les Pipers fiables ont été équipés de radios différentes que les troupes au sol, ce qui fait de la communication avec les troupes au sol extrêmement difficile: un ancien français Piper Cub pilote qui avait volé en Algérie a rappelé un cas où un agent de l’armée française a tenté de communiquer avec lui à la main -signes, tandis que dans le dos plusieurs soldats faisaient d’autres types de – pas tout à fait « politiquement correct » – les indications pour le pilote et l’observateur! 

L’Aéronavale – Aéronautique navale française – a également eu terrestres F4U-7 Corsair de 12F en Algérie, par la suite renforcé par certains PB4Y-2, également déployée à Tunis. Le Mistral ont été utilisés pour voler des opérations de combat contre les insurgés, mais il s’est avéré pas très approprié: ils ont été trop vite, pas assez maniable, et délicat à utiliser. 

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Française 111A SIPA abattu au début de la guerre. L’équipage a apparemment survécu. Le 111A SIPA a été construit par les Français Arado 396, et a été diversement connue sous le nom S.10, S.11, S.12 l ‘article 111 ou même au service des Français. Trois escadrons de service a vu en Algérie au milieu des années 1950. (Via MA)

Alors que les attaques du FLN n’étaient pas trop de succès, ils ont attiré une forte réponse militaire français, qui a presque détruit l’organisation nationaliste. La première réaction était prévisible: pas tant à cause de la mentalité pied-noir, mais parce que l’administration française a été pris en possession de ses peintures en bas, et on fait réagir sur une habitude dans de telles circonstances. Il s’en est suivi de masse aveugle rafles de suspects – la plupart d’entre eux innocents, mais convertis en militants ardents du fait de leur emprisonnement. Certains colons demandé l’exécution immédiate de tous les membres du FLN capturé: dans la Quotidienne Depeche « , un sénateur local a exigé que,« le mal être poursuivi où il se trouve et les meneurs arrachés … ». 

La réponse féroce et brutale de Paris a versé des dividendes: entre 2 Novembre 1954 et début Février 1955, pas un seul pied noir a été tué par des insurgés. Les attentats terroristes contre la population algérienne a continué sans relâche, malgré tout. Dans un schéma typique de la contrainte par la violence du FLN a été très clair au peuple algérien que tout type de liaison avec l’autorité française aurait des conséquences brutales. Tous les musulmans ont été condamnés à cesser de fumer et d’alcool, sous peine de la mutilation et la mort. En réponse, le français a institutionnalisé une politique de «responsabilité collective» contre les musulmans, avec des résultats prévisibles. Néanmoins, leurs opérations au sol initial ont été au moins assez de succès: en Février 1955 Didouche était mort, Boulaid et Bitat ont été emprisonnés et le réseau de guérilla tout en ruine. Le FLN n’a pas été complètement détruit, cependant: en dépit de tentatives ultérieures français à intégrer la population musulmane et européenne (quelque chose de colons vus avec méfiance immense), il y avait suffisamment de recrues à se joindre au mouvement. Guerrilla gangs ont été progressivement reconstruit et la guerre continue. 

En fait, Ben Boulaid a réussi à sortir de la prison dans les plus brefs délais. Etre un technicien passe-temps, il a rencontré un destin sinistre. En Mars 1956, la guérilla ALN capturé un paquet est passé de l’un des transports de l’ADA pour les troupes françaises dans la région des Aurès. Le paquet contenait une station de radio: il a été immédiatement portée à Boulaid et il a tenté de le prendre en service. Dès que Boulaid a ouvert le jeu il a explosé et tué. 

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Ce Sud-Est SE535 Mistral de l’Escadre de Chasse 6 a été utilisé pour la défense aérienne et de soutien aérien rapproché en Algérie jusqu’à l’unité a été retirée, en Décembre 1960. Le Mistral a été construit par les Français DeHavilland VB.Mk.5 Vampire, équipé de DeHavilland Goblin turboréacteur 2. La SNCASE fait d’abord construit quelque 138 Mistral qui ont été une copie directe de la VB.Mk.5 Vampire, puis mis au point deux versions propres, les SE532 (qui manquait un siège éjectable), et les SE535 (équipé de sièges éjectables). Un total de 250 du côté ont été construits.

 

Aspect des hélicoptères

En 1955 les Français ont réalisé que pour la défaite du FLN, ils auraient à améliorer la capacité de réaction de leurs forces par le biais de l’intelligence, une meilleure mobilité et puissance de feu. Évidemment, la puissance aérienne pourrait apporter la plus grande contribution à la réduction des temps de réaction. 

En Juin 1955, le quatre premières escadrilles d’aviation Légère d’Appui (EALA) ont été formés, équipés de la moraine Salunier MS.500s et MS.733 Alcyon. À l’époque, les unités aériennes ont été opérés dans les trois Groupes Tactiques Aériennes (GATAC): 1 GATAC Constantine, couvrant Wilayas 1 et 2; GATAC 2 Oran, couvrant Wilaya 5 et 3 GATAC Alger, couvrant Wilayas 3, 4 et 6. 

Mis à part les avions, le français a également exploité un peu Bell 47Gs, acheté en Italie, et Sikorsky H-19 (S-55), empruntés à des forces américaines en Allemagne de l’Ouest. Le 1er avril 1955, ces ont été organisées en l’Escadrille d’Hélicoptères Légers 57 (57 Light de vol) de l’Armée de l’Air française, composé de dix et huit 47Gs H-19. Le même jour, l’ALAT a suivi le procès, établissant le Groupe d’Hélicoptères n ° 2 (hélicoptère Groupe 2), avec un vol de 47Gs et un autre de H-19. Le 22 Juin le premier H-19 de l’Aéronavale sont arrivés en Algérie ainsi. H-19 furent bientôt en action. Le 4 mai 1955, deux hélicoptères déployé une poignée de légionnaires sur le sommet du Jebel Chélia, dans le massif des Aurès: une manœuvre qui, autrement, peut-être prendre deux jours par des moyens de transport classiques, a donc été accompli en 20 minutes. 

Les Français n’ont pas tardé à reconnaître les potentialités de la « Ventilos » (une abréviation de Ventilateur, ventilateur) – que des hélicoptères s’est fait connaître dans leur jargon militaire – à leurs fins, en particulier leur capacité à transporter des troupes et fournir un appui feu. Par conséquent, le développement des unités de l’hélicoptère a poursuivi sur un rythme assez élevé. Le 1er août 1955, le EH.57 été désignées Groupe Mixte d’Hélicoptères 57 (GMH.57). Le GMH.57 a été déployé au combat quelques jours plus tard, comme déjà le 20 août 1955, le FLN a attaqué des villages autour de la ville de Philippeville (aujourd’hui Skikda), délibérément massacrer les familles du côlon. 123 colons sont morts dans des circonstances terribles. Le français a immédiatement laissé tomber les idées sur la réforme politique, les remplaçant par vengeance: alors que les colons ont riposté avec une férocité qui a choqué l’opinion publique, tuant plus de 12.000 musulmans, l’armée rétablit l’ordre sans ménagement dans la région de Philippeville, de conduire un coin toujours plus profonde entre les musulmans et les deux points. 

Flexibilité français

Ce n’est pas avant 1956 que les Français réalisé la gravité de la situation en Algérie. En Janvier le gouverneur Soustelle-Geneeral a été rappelé que les émeutes du côlon forcé Premier Mollet d’annuler la nomination du général Catroux impopulaires. Au début de la même année la France a commencé l’acquisition d’un grand nombre – quelque 700 personnes – des T-6G en Amérique du Nord formateurs Texan, mais pas moins de 300 qui devaient être déployés en Algérie au cours du temps. De nombreux Texans ont été transportés à un certain nombre d’unités supplémentaires ont été organisées EALA – maintenant sous le contrôle d’un seul Groupe d’Aviation Légère d’Appui (GALA), 70. Le Texan s’est avéré un avion robuste, capable de transporter deux 7.5mm fusée-pods, un réservoir de 100 litres de napalm, quatre bombes 10 kg, ou six roquettes T.10. Ils ont été le pilier des opérations françaises jusqu’à leur remplacement dans le début des années 1970. Le GALA 70 a été plus tard divisé en trois GALAS, un dans chaque GATAC. Outre par T-6Gs, la Force aérienne a été renforcée par l’ajout de bombardiers B-26 Invader lumière, exploité par EB.91, ainsi que F-47Ds de l’EC.20. 

Le EC.20 a été créé en Algérie, précisément à Oran le 1er avril 1956. Elle comprenait deux escadrons, le EC.1/20 Aurès-Nementha et EC.2/20 Ourasénis, équipés chacun de 18 F-47D Thunderbolt. En raison de leur âge, les Thunderbolts prouvé plus en plus problématique au service, et en Septembre 1957 les 24 survivants ont été regroupés en cellules Escadron 20.02, tandis que 20.1 SNCASE Mistral a reçu 16 nouvellement construit.La mission de la CE 20 était double: un soutien aérien aux opérations de maintien de l’ordre (les Français obstinément tenté d’éviter l’utilisation du mot «guerre» dans le cadre de l’Algérie), et la formation opérationnelle des jeunes pilotes, fraîchement diplômé de l’École de pilotage Meknès , au Maroc. 

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An-47D Thunderbolt F de la EC.20. Le type a été le plus lourd chasseur-bombardier de l’arsenal français dans les premières phases de la guerre d’Algérie. Le type a été utilisé pour l’appui-fonctions proches jusqu’à son remplacement par Skyraiders. (Via MA)

Le bras hélicoptère a poursuivi sa croissance et est resté avec succès que les demandes de plus en plus ont été placés pour le transport des commandants, le transport de troupes, de ravitaillement des postes éloignés et l’évacuation des blessés. Leurs avantages tactiques ont été démontrés à maintes reprises. Le 14 Janvier 1956, un plan a été élaboré à la surprise d’une importante réunion des chefs de la guérilla dans M’Doukal, certains 30 km au sud de Barika. Deux H-19 – l’un de l’Aéronavale et l’autre de l’ALAT – ont été utilisés pour déployer des commandos. Ces mesures ont pris par surprise les insurgés et capturé six dirigeants. Comme la force française a été disperser une commande a été reçue à se concentrer à Rhoufi où une bande de rebelles avait été signalée par le pilote d’un avion léger d’observation. Après avoir été ravitaillé en carburant, les deux H-19 a volé 120 commandos dans une navette rapide, de les déployer dans des positions embuscade malgré quelques tirs venant du sol. Cette action rapide ont fait 43 rebelles tués ou capturés, et une grande quantité d’armes en cours de récupération de la perte de quatre morts et huit blessés. 

Surtout le lieutenant-colonel. Marcel Bigeard, commandant du 3e régiment de parachutistes coloniaux appris à apprécier ce que l’hélicoptère peut faire pour ses hommes. Dans la première action qui a vu son unité d’être soutenus par des hélicoptères, entrepris le 22 Février 1956, 43 membres du FLN ont été tués, 96 arrêtés et une autre importante cache d’armes saisies. Ces opérations étaient possibles avant tout en raison d’une organisation très flexible. Un nombre considérable de postes de commandement de l’air ont été établis, tous équipés de radios afin d’être en mesure de communiquer entre les unités terrestres et aériennes, et ainsi amener la puissance aérienne à porter à court préavis. 

Jusqu’en 1956, cependant, le développement des unités d’hélicoptères français a été effectivement passer par une phase de test. Il y avait une absence d’accord quant au type d’hélicoptère a été la plus appropriée pour lutter contre la conjoncture. Au moment où l’industrie de l’hélicoptère français n’était pas en mesure de répondre aux exigences des forces armées. Finalement, une décision a été prise d’envoyer le capitaine Santini, un ancien combattant d’Indochine, aux États-Unis de mener une enquête sur les hélicoptères disponibles. Santini a recommandé deux types: le Sikorsky S-58 (mieux connu dans l’US Army et l’US Air Force en tant que service H-34), et le Vertol H-21. Le premier a été choisi par l’Armée de l’Air, et plus tard par l’ALAT et l’Aéronavale. Le désaccord sur cette décision était toujours présent, et par conséquent une autre analyse a été réalisée grâce à Juillet 1956, résultant en conclusion que le H-34 a été beaucoup mieux adapté aux exigences de la guerre en Algérie. 

Avant cela, cependant, un nombre considérable de H-21 et H-34 ont déjà été commandés: les trois premiers Aéronavale H-21 et deux avions d’Air Force H-34 est arrivé en Algérie déjà en Juin 1956, avec la suite ALAT H-21 en août. Au moment où une Escadron d’Hélicoptères Lourdes 1 / 57 (Escadron d’hélicoptères lourds) a été créé et rattaché au GMH.57. Le H-21 pour l’Aéronavale étaient attachés à 31F, tandis que les ALAT a créé le Groupe 2, avec son hélicoptère H-21. 

Avec une augmentation du nombre d’avions et d’hélicoptères disponibles, l’ALAT ont commencé à former des troupes de l’aviation, l’ajout d’aéronefs à voilure fixe pour certains, et des hélicoptères à d’autres unités de l’armée. À la fin de 1956 l’armée française de l’aviation possédait 19 hélicoptères légers de trois types différents, 13 H-19, sept tourbillons et 29 H-21 (pas moins, mais 108 H-21 ont été livrés à ALAT pendant toute la guerre). Une commande supplémentaire de H-21 et H-34 a été publié en dépit des difficultés de financement et de désaccords entre les services.Finalement, chaque division française en Algérie a obtenu une troupe de 12 aéronefs et / ou des hélicoptères. Si la flexibilité de ces unités a été l’une des clés du succès militaire français en Algérie. La brutalité de leurs opérations est caractéristique, cependant: des dizaines de villages dans les zones d’activité du FLN ont été rasées par les bombardements – après leurs habitants ont été avertis de quitter. 

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A partir de 1956, l’ADA a commencé à acquérir un grand nombre de l’Amérique du Nord 6G Texan formation pour les avions T-. La plupart d’entre eux étaient utilisés pour les opérations de COIN en Algérie, organisée dans les pays dits «d’Aviation Légère escadrilles d’Appui (EALA). La plupart de ces escadrons ont été «parrainés» par «régulier» des unités AdA, vol des avions de combat et d’autres avions plus lourds. Tous ont développé flamboyant très insignes, comme on peut le voir sur ce T-6G de l’EALA 14-72, affichant « Pluton circonscription une mitrailleuse ». EALAs ont été tenues très flexible, propose autour de l’Algérie tel que requis par les opérations de combat en cours.

 

Enlèvement des dirigeants du FLN

En Mars 1956, le Maroc et la Tunisie ont accédé à l’indépendance, l’ouverture des zones de refuge pour le FLN à l’ouest et l’est de l’Algérie, tout en forçant les Français à détourner leurs troupes et les efforts pour la protection des frontières. La nouvelle situation a permis au FLN pour créer l ‘«Armée de frontières » – un statut et force bien équipée (au moins mieux équipés que l’ALN-guérilla en Algérie) de 20.000, ce qui allait devenir l’épine dorsale de la future armée algérienne. L’Armée des frontières »a été initialement dirigée par le colonel Houari Boumediène, et ses deux adjoints, le commandant Manjli, et le commandant Slimane, mais son véritable« homme de confiance « a été Capitaine Abdelazziz Bouteflika. Les deux Boumediène, Bouteflika et, plus tard, sont devenus présidents de l’Algérie. 

Avant cette époque, le FLN avait été forcé de créer sa « bases de sécurité» en Algérie, mais maintenant, ses dirigeants ont fui au cours de nouvelles frontières et furent bientôt rejoints par des milliers de réfugiés, les recrues et les guérilleros vaincus qui ont formé le potentiel d’une nouvelle armée.Dans un premier temps ni Kind Mohammed V du Maroc, ni le président Habib Bourguiba de Tunisie a donné son plein appui aux Algériens. Les deux ont été fortement tributaires de l’aide économique française. Mais, le 22 Octobre 1956 Ben Bella et de trois autres dirigeants du FLN ont été enlevés par les Français pendant le vol de Rabat à Tunis. 

A savoir, les 20 et 21 Octobre 1956, une réunion était prévue pour avoir lieu au Maroc, entre Ben Bella, Khider, Aït Ahmed, Boudiaf, et le Sultan du Maroc. Ce devait être suivie d’une réunion à Tunis. Les dirigeants du FLN devaient être amenés là par un Douglas DC-3 de AirMaroc. Les Français ont appris à ce sujet et le chef du personnel à Alger, le général Lorillot, a examiné la situation une bonne occasion d’exercer «décapitation» du FLN. Le DC-3 a décollé à 12:14 h, et a d’abord été en cours à Palma de Majorque. En collaboration avec quatre dirigeants du FLN à bord ont également été Mostapha Lacheraf (professeur d’histoire au lycée Lousi Legrand, qui voulait faire un voyage à Tunis avec les dirigeants du FLN), Christine Darbar (journaliste du journal marocain Al Istiqlal), Eve Dechamps ( journalsit des Français Observateur), Tom Brady (du New York Times), René Léry et six autres journalistes et photographes du Maroc. 

Déjà avant que l’avion a commencé à Tunis, à 17:15 h, le pilote, le commandant Gellier, a reçu un ordre d’atterrir à Alger. Au début, il hésitait, mais les Français lui a rappelé que, même si son avion a été l’immobilier marocain, son numéro de série est le français, l’enregistrement a été le français et que l’autorité militaire a le droit de le forcer à la terre et de recherche de l’avion. Peu importe la façon «juste» ou «mauvais» Ces raisons étaient, Gellier – ancien officier de l’Armée de l’Air – se sont sentis obligés de suivre ces ordres. Sans rien expliquer à ses passagers, il s’est rendu à Alger, tandis que l’un des agents de bord a attiré l’attention des passagers afin de les empêcher de ce qui se passe. L’armée française et de la gendarmerie a immédiatement pris l’avion en garde à vue, et a arrêté la direction du FLN, sans aucune résistance. 

Dans une tentative pour venger la capture des dirigeants du FLN, mais aussi montrer que la guerre allait continuer sans eux aussi, le 23 Octobre 1956 Azedine Si, le commandant adjoint de la Wilaya 4, mis en place une embuscade à un convoi français près de Oum Zoubia , près de Tablat.Leur attaque a été un succès et le convoi français décimés, la guérilla la capture d’une quantité considérable d’armes dans le processus. 

La réaction française a été rapide – même si elle n’est pas mortelle: les combattants de l’ALN n’a même pas réussi à se retirer de la scène de la bataille lorsque les deux premiers T-6Gs apparu sur eux pour mitrailler. Les Texans ont manqué leur cible, mais l’AdA ensuite vengé sur le village le plus proche: Diour a été très touché de l’air par de nombreux avions français et de nombreux civils tués. À la suite de cette attaque, les hommes jeunes survivants de ce village – auparavant hostiles à l’ALN – a décidé d’y adhérer. Apprendre à ce sujet, ainsi que combat l’homme derrière l’embuscade réussie, le Azedine mettre le français comme « # 1″ sur leur « liste noire » des commandants de l’ALN. 

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En 1959, les Algériens organisé l ‘ »armée de la frontière », a-équipés et formés classiquement vigueur ainsi, de ne pas être mélangé avec l’ALN-guérilla. L’armée de la frontière guère participé à la guerre, sauf pour certains duels d’artillerie mineures avec les Français. Au lieu de cela, cette force a été développé plus tard dans l’armée nationale algérienne officielle. La photographie a été prise hier dans l’Oued Mellègue, en Tunisie, en 1960 ou 1960, et montre une unité d’artillerie de l’Armée de frontières « . (Via MA)


 

27 août, 2010

JUILLET 1962 – JUILET 2010 – 48ème ANNEE D’INDEPENDANCE

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Un soldat pas comme les autres

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Noël FAVRELLIERE « LE DESERT A L’AUBE » Qui est Noël FAVRELLIERE ?

Il est certainement vrai que cet homme demeuré dans l’anonymat et qui a fui l’armée coloniale de son pays pour ses idées, mérite d’être revisité et ainsi, brièvement, le faire connaître à cette génération montante. Il est né en 1934 à la Rochelle en France. En 1956 quand la guerre d’Algérie commençait à préoccuper le gouvernement français, il fut rappelé sous les drapeaux pour y être affecté en Algérie dans un régiment de parachutistes. Un jour, en 1956 afin de soustraire un Moudjahed à l’exécution sommaire qui l’attendait, il s’enfuit avec lui en le libérant. Après une longue et harassante marche en plein désert, il réussit avec son compagnon de fortune à rejoindre les combattants de l’Armée de Libération Nationale où il y restera six pleins mois en plein maquis partageant avec eux la vie combien dure avant de gagner Tunis d’où il partit un peu plus tard à New-York. Quelques notes de lecture : Dans son livre paru en 1958, intitulé « LE DESERT A L’AUBE », il retrace toute cette péripétie combien mémorable et d’actualité aujourd’hui, avec la loi Sarkozyenne sur ‘’la colonisation positive’’. Il commence ainsi : « Le goût du saut. L’impression qu’on est seul et qu’on intervient en avant ligne, au lieu de marcher en avant troupe, quelques semaines plus tard, il écrivait à ses parents. Nous sommes saufs. Cette nuit, nous avons traversé la frontière à dos de chameau. Nous sommes maintenant chez les parents du jeune que j’ai libéré. La joie qu’ont eue les siens à le revoir alors qu’il le croyait mort, m’a payé au centuple pour tout ce que l’avenir me réserve… et il poursuit plus loin. Si j’avais agi autrement, si j’avais laissé assassiner Mohammed, je crois que je n’aurais plus jamais osé vous regarder en face ». Plus loin encore, il raconte « J’ai déserté parce que je n’en pouvais plus des bavures continuelles, des massacres de civils présentés comme des exploits ». Chaque jour que Dieu fait, sa révolte s’intensifie. Il y a les pratiques à plat sans porter aucun jugement sur ses camarades qui, pourtant, les acceptaient. Livre poignant de faits tout au début de la guerre et qui, par la suite devinrent plus grands et banals. Ecoutons le : «Une petite fille en robe blanche courrait. Comme dans un stand de foire, le capitaine a promis cinq cents francs à celui qui l’atteindrait. Elle a tourbillonné sur elle-même. Ca se voyait, pourtant, que c’était un enfant ». Il poursuit écoeuré ce récit macabre et qui nous démontre, plus que jamais le vrai visage de la soldatesque coloniale et de ses pourvoyeurs de la pacification que criaient au monde entier les tenants du pouvoir en France et que certains nostalgiques actuels de l’Algérie de papa qui glorifient la colonisation positive. C’est celui-ci le vrai visage de la France coloniale. C’est de la fiction. Nous n’allons pas nous en arrêter là ; ce livre nous démontre la façon immonde de mener une guerre sans nom à un peuple constamment dominé et qui n’aspirait qu’à sa liberté. Voici la pacification, voici le vrai visage de la France des droits humains et qu’on nous gargarisait de France civilisatrice. La « pacification » était à son apogée dans les discours, on continue… écoutons Noël : « On était quelques-uns à ne pas supporter. Avant que je ne déserte, mes amis me répétaient ‘’ Noël, calme-toi…il ne reste que 83 jours ». La torture ? Le mot n’était pas employé, mais on entendait des hurlements qui provenaient d’une grande. Il y avait une autre méthode, beaucoup plus rapide que la gégène, pour faire avouer n’importe quoi. On faisait venir un indigène, son épouse, sa fille. On déshabillait les femmes. Ca ne suffisait pas ? Du déshabiller l’homme et ou le collait contre sa fille. Il craquait immédiatement. Un jour le jeune homme comprend qu’un prisonnier a été balancé d’un hélicoptère dans le vide. « J’étais éberlue. Je me suis dit : puisque j’ai la garde de l’autre prisonnier, je vais vraiment le garder, c’est-à-dire le protéger ». C’est là, la nuit venue que Favrelliere s’enfuit avec le Moudjahed prisonnier, en emportant des armes. Le prisonnier pieds nus et il narre, il narre pour décrire cette situation de salut vers la liberté : « Je n’ai jamais été aussi joyeux. Je riais en courant. Ma seule crainte était de perdre le prisonnier parce qu’il ne courait pas, il détalait. ». C’est ainsi que dans ce livre, Noël, décrit sa marche combien périlleuse, avec le Moudjahed Mohammed, jusqu’à leur arrivée en Tunisie. Le texte a été saisi et interdit de publication. Dédicace exemplaire du livre. On retrouve une anecdote d’un jeune. « C’était le matin du mardi 28 août 1956. Tu étais chasseur et j’étais le gibier. Par hasard, tu m’as surpris dans la crevasse pour attendre la nuit. Tu m’as souri. Sans doute, avais tu peur de mourir. J’étais un transfuge et je pointais mon arme sur toi. T’ai-je souri en retour, je ne le sais plus. Mais je t’ai laissé repartir pour rejoindre ceux qui, comme toi, avaient mission de m’abattre…et tu ne leur a rien dit. » L’auteur tient beaucoup à cette dédicace, survivre entre deux camps ennemis qui s’affrontaient montre combien que l’action juste tient souvent à un basculement : une désobéissance imprévue. Noël ajoute : « moi-même, j’avais tout pour être un plouc (paysan). Qu’est ce qui m’a pris ? Mes parents tenaient un petit hôtel près de la Rochelle, et j’ai grandi dans l’admiration pour les résistants. En Algérie, j’ai pensé : ici c’est nous, les Boches ». Quand les morts parlent … En 1957, Noël en Tunisie est condamné à mort pour la seconde fois par le tribunal militaire de Constantine. Il précise « Pour l’exemple, les troupes étaient passées devant mon supposé cadavre en Algérie et quelques temps après, j’ai donné une interview dans la presse tunisienne. Comme dans la première condamnation, c’est François Mitterrand qui est ministre de la justice. «Ca m’a amené d’apprendre que j’étais de nouveau condamné à mort. Pour ma famille, c’est moins drôle. » Le ridicule et le simulacre étaient de mise pour le pouvoir colonial qui n’était pas à son premier mensonge et ses innombrables mises en scène dont foi. A New-York, il est devenu laveur de carreaux, mais dès la parution de ses écrits son patron le somme de choisir entre écrire et travailler, livre rédigé en vingt jours. De New-York, il envoie son écrit au journal « L’Humanité » dont les dirigeants s’empressent de l’égarer. Il est à noter que de 1956 à 1958 aucun intellectuel ne s’est intéressé à sa disparition. Les auteurs de la déclaration dite « des 121 » ont attendu 1960 pour y rédiger un texte très courageux. Le cinéaste René Vautier signe un premier papier intitulé « Noël nous reviendra ». Pierre Vidal Naquet dans son livre « La Raison d’Etat » le lui dédie et prend régulièrement le relais dans les colonnes du célèbre journal « Le Monde ». En 1963, c’est l’apogée de son action, qui est d’actualité : Simone de Beauvoir écrit ceci : « L’illégalité serait-elle un crime plus impardonnable que le crime mère ? Aux yeux de la justice, il semble que oui. L’indépendance de l’Algérie est reconnue, mais la poignée d’hommes et de femmes qui ont lutté pour une certaine idée de la France, est en prison ». A ces français là qui ont sauvé l’honneur de la France il serait utile que nous en tenions compte pour leur rendre un hommage et les soustraire à l’anonymat.

Le​ Secrétaire National Ahmed ARRAD

  

1830 – 1962 : L’ère de la guillotine :guilo

                      Meurtres sur ordonnance

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Jamais depuis l’aube de l’histoire la mise à mort ne fut autant été  mécanisée par l’action d’un couperet sur la tête d’une personne. L’avènement le plus abject est certainement, fusse-t-il  judiciaire : l’usage de la guillotine sur les centaines de militants algériens. Dans cette folle équipée criminelle contre l’humanité, le démembrement du corps s’appelait décapitation dans le langage colonial d’une France affranchie par la « terreur de Robespierre ». Dans l’énormité de cette sordide politique de l’élimination physique, les techniciens de la mort ont fait appel à la guillotine comme moyen de terreur visant l’abandon de la lutte armée. Dans le pays des droits de l’homme est née l’idée de « tordre le coup » aux algériens à la manière très gauloise sur le coq en perpétuelle rébellion. Dans les tréfonds de l’imaginaire de la France profonde, les  chaumières continuent de véhiculer  les hauts faits de bourreaux sur les têtes qui tombent  sur le billot .  Dans cet élan crapuleux, l’acharnement contre les Algériens retrouve  son chemin de croix. Plus de cent algériens  ont été exécutés à la prison de Serkadji dans la plus total intimité des soutanes noires donnant bénédiction à la lame. L’église en fut complice dans cette vicieuse besogne. Aucun prélat ne s’est alors opposé à l’infernal usage de la guillotine contre les algériens. Depuis l’Année I956, la mise à mort dans la cour des condamnés à pris l’allure d’une liquidation systématique au gré des sentences prononcées par les tribunaux français. Le  chahid  Ahmed Zabana fut le premier à faire les frais de ce monstre de fer. Les droits de l’homme et le respect de l’être humain pourtant garanti par tous commandements divins  fut piétiné sous  l’Autel de cette machine qui avait échoué à trois resprise sur le coup du condamné. Dans le délire criminel  le plus complet, les bourreaux ainsi que toute  l’assistance ecclésiastique ont continué les années durant à soutenir ce spectacle morbide. La condamnation à mort en Algérie répondait à un souci de terreur préconisé par  l’administration coloniale qui, après les enfumages sur les populations dans le Dahra et L’Ouarsenis avait évolué dans le raffinement de la torture et du meurtre. A ce titre , la guillotine a été institutionnalisée par ordonnance.

Ait Ahmed – 01/07/1962

aitahmed

  arradaout2010

LA CRISE SANS FIN ou LE FLEUVE DETOURNE 

Par Ahmed ARRAD (Moudjahed ex Fédération du FLN en France) 

5 Juillet 2010, déjà 48 années se sont écoulées, date synonyme de fête de la liberté et de la citoyenneté pour lesquelles des Algériennes et des Algériens ont consenti un lourd tribut croyant que leur dignité longtemps bafouée allait être retrouvée.
Qu’il me soit permis en ce jour de témoigner ici nos pensées à l’ensemble des martyrs connus et combien d’autres anonymes tombés au champ d’honneur pour que renaisse cette nation, notre Nation. 

Qu’il me soit permis en ce jour, de rendre un vibrant hommage à l’ensemble des combattants handicapés à vie et qui souffrent énormément dans leur chair les affres de la vie, eux, qui ont su continuer le chemin tracé par les martyrs pour en concrétiser la victoire sur l’occupant. 

Qu’il me soit permis en ce jour, d’en évoquer ne serait-ce qu’un instant toute l’admiration pour ces combattantes et combattants qui à l’âge de leur jeunesse juvénile, (car, à l’époque époque des années de braise, nous n’avions pour la plupart d’entre-nous que 20 ans) jeunesse qui a consenti tant de sacrifices pour porter haut le flambeau vers l’inéluctable l’indépendance. 

Aujourd’hui, presqu’un demi siècle s’est écoulé et notre conscience nous dicte le devoir impérieux de nous poser cette question : Avons-nous su donner à notre peuple les moyens d’exercer sa souveraineté pleine et entière ?  Sommes-nous, quelque part, responsables de cette tragédie sans fin que tous, nous vivons ? 

Il serait temps de faire une halte. Oui ! Il est utile aujourd’hui plus que jamais, d’interpeler nos propres consciences sur ce que nous pouvons apporter pour que cesse enfin ce cauchemar, cette mal-vie, en somme, permettre aux Algériennes et aux Algériens d’exercer leur souveraineté et de participer ainsi à l’édification d’une Algérie libre et démocratique et de bannir, à jamais, le déni de citoyenneté. 

Avant de continuer, il est certainement utile de mentionner ci-après deux déclarations de l’ex-fédération du FLN en France , la première en date du 2 juillet 1962, la veille de la proclamation de l’indépendance soit le 3 juillet 1962 et la seconde en date du 21 Juillet 1962 pour illustrer que ce qui se passe en ce moment était prévisible dès l’instant où le peuple artisan de tant de sacrifices a été ignoré.
En 1962, le peuple criait dans les rues de la capitale : Seb3a s’Nin barakat ! 

Aujourd’hui, nous devons tous clamer haut et fort : Cinquante ans barakat !!! 

Il est temps que le peuple souverain recouvre sa dignité, sa liberté confisquée en un mot sa citoyenneté

L’Algérie des rancoeurs et des haines doit faire place à l’Algérie de l’Espoir. 

                                          

                                     Voici la déclaration intégrale du F.L.N Fédération de France 

                                              APPEL AUX MILITANTS  (Diffusion strictement interne

Alors que le peuple algérien, si passionnément épris de Paix, après huit années de sacrifices énormes, touchait enfin au but et s’apprêtait à célébrer dans un enthousiasme lucide l’INDEPENDANCE reconquise, quelques chefs militaires de l’A.L.N stationnés aux frontières ; ont par leur indiscpline caractérisée créé une situation grave. 

Il faut dès l’abord clarifier un premier point dont ces militaristes et ceux qui les soutiennent espèrent – dans la confusion – tirer avantage. Ce n’est pas par opposition politique au G.P.R.A que ces hommes se sont rebellés ; puisqu’aussi bien les accords d’Evian ont été votés à la majorité des 4/5èmes et que le programme présenté par le Gouvernement lors de la dernière session du C.N.R.A en Mai-Juin a été voté à l’unanimité. 

En réalité, disposant de milliers d’hommes que le Peuple leur a confié, et d’un armement très puissant que les militants du F.L.N ont rapporté de tous les pays du monde, les candidats putschistes se sont crus assez forts pour s’emparer du Pouvoir et s’imposer au Peuple. 

Par ailleurs, le militant conscient comprend mal comment ces chefs militaires pourraient être, au-delà du barrage électrifié, plus < révolutionnaires> ou < plus durs > que les responsables des  Wilayas 2 ou 3 par exemple, qui eux ont combattu l’ennemi sur le terrain. De même que le militant conscient ne comprend pas ces cris de super patriotisme indigné, lancés depuis Oujda ou Tripoli, contre les contacts entrepris par l’Exécutif Provisoire et les Européens – alors que les accords d’Evian lui donnent précisément mission de rétablir la sécurité indispensable au déroulement du Référendum ; et alors surtout que les responsables locaux interprètent les sentiments du Peuple y trouvent un intérêt tactique. 

Au moment où l’unité et la cohésion du Peuple sont plus nécessaires pour asseoir l’indépendance, au moment où les pays frères, les pays du Tiers-monde, les pays d’Afrique qui ont fondé tant d’espoirs sur notre révolution nous observent étonnés, la rébellion de ces chefs militaires prend le sens d’une  activité fractionnelle très dangereuse pour l’avenir de la Nation. 

Il est désormais clair que cette surenchère révolutionnaire à l’intention des journalistes en visite au P.C de l’Etat-Major, n’est qu’un paravent de démagogie gauchiste cachant les desseins de quelques égarés rêvant d’imposer leur dictature militariste. 

L’Indépendance ayant été arrachée par le Peuple, il n’admettra jamais que la victoire soit appropriée par quelques-uns, même s’ils passent pour prestigieux. 

Les révolutionnaires lucides et conscients n’accepteront jamais que dans la fumée d’un verbalisme qui se prétend socialisant, des putschistes instaurent en Algérie un National-socialisme raciste, xénophobe et chauvin. 

Unis autour du G.P.R.A dont il a approuvé la politique par un vote massif, le Peuple Algérien dans la cohésion et la fermeté, saura préserver une PAIX toute fraîche dont il a si ardemment soif depuis 132 ans. 

                                    MILITANTES  ET MILITANTS : 

Sans pour autant dramatiser une crise comme en ont connu tous les peuples accédant à l’indépendance, vous saurez toutefois interdire vos rangs à tous ceux qui prendraient la criminelle initiative de susciter la division, qui ne pourrait être que génératrice de luttes fratricides. 

Les responsables, quel que soit leur rang dans la hiérarchie, ne sauraient échapper à la discipline révolutionnaire applicable à tous. A partir du moment où ils la refusent en méconnaissant l’autorité légitime du G.P.R.A conférée régulièrement par le C.N.R.A ils s’excluent d’eux-mêmes.

En attendant la tenue proche d’un CONGRES NATIONAL au cours duquel la confrontation démocratique populaire permettra aux masses de définir souverainement leur avenir, la vigilance, l’ union, la discipline autour du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne s’imposent plus que jamais.                                                                                      

                                                                                                  Paris, le O2 Juillet 1962 

                                                                                                           

                                                                                                                                                 - 2 - 

  1. Seconde déclaration après la proclamation de l’Indépendance

FRONT DE LIBERATION NATIONALE                                     FEDERATION DE FRANCE 

                                                            BULLETIN  INTERIEUR  

                                    

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         Des évènements d’une extrême gravité secouent notre pays, et menacent dangereusement l’unité et la cohésion nationale. Les objectifs révolutionnaires pour lesquels des milliers et des milliers d’Algériens et d’Algériennes sont morts, risquent d’être compromis. A la veille de l’indépendance le C.N.R.A, instance suprême de la Révolution, s’était réuni pour préparer les conditions de la prise du pouvoir, pour reconvertir le F.L.N en parti capable de mettre en œuvre un programme révolutionnaire adopté à cet effet à l’unanimité. Des divergences sont apparues qui ont conduit à la crise marquée par l’interruption des travaux du C.N.R.A, la destitution de l’Etat-Major et la démission d’un membre du G.P.R.A. Ces divisions inquiètent profondément notre peuple. Elles retardent la reconstruction de l’Etat et la solution des problèmes économiques et sociaux, elles risquent si elles se prolongent d’entrainer des conséquences catastrophiques.

      
La Fédération de France du F.L.N, consciente de la gravité de la situation appelle tous les militants à rester vigilants, unis et fraternels, comme ils ont su l’être durant la lutte de libération nationale. Dans ces heures décisives que traverse notre pays, la meilleure contribution que nous pouvons apporter à la solution de cette crise est de rester unis et disciplinés. L’avenir de l’Algérie dépend de l’union de tous les militants. Aujourd’hui plus que jamais, tout travail fractionnel, toute entreprise régionaliste, toute provocation, doivent être déjoués. La sauvegarde de l’unité doit être le souci de tous. C’est pourquoi l’émigration algérienne en France se refuse à suivre une personnalité quelle qu’elle soit. Ce qui importe par-dessus tout c’est l’avenir de l’Algérie et la réalisation des objectifs révolutionnaires.

      De même qu’ils demeurent dans les rangs du F.L.N, les Algériens poursuivront leurs efforts militants et financiers au service de la Révolution et du  pays ruiné par sept années et demie de guerre et aussi par la désorganisation de l’économie et de l’administration.

      Le chômage et la misère sévissent dans notre pays, les veuves et les orphelins de nos valeureux moudjahidines, les familles regroupées, les mutilés, les réfugiés qui rentrent au pays et toutes les victimes de ces longues années de guerre ont besoin de notre soutien matériel. Dans le même souci,
la Fédération invite les militants à faire le maximum d’efforts pour l’aide aux familles en Algérie, et compte tenu du marasme économique actuel déconseille les départs massifs des travailleurs, qui risquent de se trouver au pays sans emploi tant qu’un redémarrage de l’économie n’aura pas eu lieu.

      L’émigration algérienne en France qui  - on peut le dire aujourd’hui  - a eu l’honneur de contribuer à elle seule pour une part déterminante au financement de la guerre de Libération, se fera un devoir de poursuivre cet effort jusqu’à la mise sur pied  du Parti et des institutions de la République.

                                                                                                       Paris, le 21 Juillet 1962  

                                                                                                                                               - 3 -

                                                          

Comme tout pays, l’Algérie a ses fêtes nationales. La fête de l’indépendance, le 5 Juillet, est également celle de la jeunesse. Mais les jeunes Algériens ont-ils jamais eu, depuis l’indépendance à  ce jour, quelques motifs d’être véritablement en fête ? Pour eux, c’est depuis bien longtemps, le deuil…  

Le 1er Novembre 1954, des volontés nationalistes mues par une foi inébranlable concernant la nécessité de l’indépendance de l’Algérie s’étaient mobilisées pour mettre fin à un ordre colonial implacablement injuste dans ses effets en dépit des discours humanistes qu’il pouvait par moments adopter. 

Les soulèvements nationalistes furent nombreux dans l’histoire de l’Algérie colonisée. La résistance à l’occupation eut ses héros, connus ou anonymes, et durant le XIXème siècle seulement, on pourra rappeler, aux mémoires, les noms de quelques-uns d’entre eux qui maintinrent vivante l’idée d’un combat émancipateur après la résistance de l’Emir Abdelkader, Ahmed Bey, Lala Fatma n’Soumeur, des Ouled Sidi-Cheikh, d’EL Mokrani, deBouamama et combiens d’autres…. 

La flamme nationaliste est restée par conséquent vivace, même quand les circonstances ne l’ont pas servie pour être prise en charge massivement ainsi que cela allait se produire après la fin de la seconde guerre mondiale, puisque c’est à cette époque que la perspective de combattre par les armes les forces de la colonisation avait pris suffisamment forme pour être consacrée par les faits. 

Des Algériens de tous rangs, de tous âges, de toutes conditions ont donné ce que tout être vivant a de plus précieux : la vie que vive enfin leur peuple dans la dignité et la liberté.  Quand ils mourraient, c’était aussi assuré de leur survie dans la mémoire nationale. 

Mais ce n’était jamais, ce ne pouvait pas être pour la gloire posthume qu’accorderai ultérieurement la qualité de chahid ni pour les avantages escomptés de la qualité d’ancien moudjahed : l’engagement nationaliste était pur de tout calcul matériel chez des milliers de combattants qui avaient rejoint les maquis de l’A.L.N et les rangs du F.L.N. 

Non, non et non, ceux qui avaient pris les armes n’avaient accepté la perspective de la mort que pleinement convaincus que la dignité qui leur était refusée par le système colonial, leurs frères en nationalité pourraient grâce à leur sacrifice, en jouir une fois vaincu le colonialisme. L’indépendance survenue, cependant la liberté fut confisquée, et donc l’indépendance. Les Algériens n’avaient pas,  bien sûr,  combattu pour que leurs exploiteurs, leurs tortionnaires, les maîtres de leur destin, destin dont ils n’avaient pas le droit de convenir eux-mêmes, changent seulement de nationalité et  qu’il soit permis d’arborer un passeport d’un Etat souverain en faisant partie d’un peuple qui ne l’état pas. 

Non, ils n’avaient pas combattu pour cela ! 

Mais les sacrifices, les faits d’armes, la bravoure extrême des combattants de l’indépendance nationale doivent-ils être occultés pour longtemps encore ? Voici peut-être venu le temps de rappeler avec plus d’insistance que par le passé – pour honorer la mémoire de nos combattants et non pour en tirer profit en tant que << famille révolutionnaire >> ( ! ) que sa ténacité au combat contre l’armée et les services coloniaux avait valu au peuple algérien l’admiration du monde entier, que le sang versé en Algérie a fécondé tout un continent, l’Afrique, dont les peuples n’avaient dès lors plus à consentir autant de sacrifices pour accéder à l’indépendance, leur indépendance étant devenue définitivement à l’ordre du jour dans l’agenda de l’histoire colonialiste, et ce, par un effet d’entrainement qui a été maintes fois souligné. 

L’Algérie accédant à l’indépendance avait vu braquer sur elle des millions de regards remplis d’espoir et d’admiration : on était convaincu de par le monde qu’un peuple qui avait su mener un combat aussi terrible que l’avait été celui de la guerre pour l’indépendance ne pouvait manquer d’édifier un Etat dont serait banni tout ce qui avait justifié la nécessité du combat libérateur : refus du droit de vote aux Algériens, et donc de leur droit à la gestion de la cité et à la détermination de leur destin, misère matérielle, mainmise sur les richesses nationales au  profit d’un nombre réduit de privilèges colonialistes, traitements discriminatoires, inégalités de traitements devant les services administratifs. 

Le fleuve détourné 

Il n’en fut hélas rien : l’indépendance survenue fut une indépendance confisquée. Dès l’été 1962 s’ouvrit la longue liste des coups d’Etat faits clamait-on << au profit du peuple>>. L’autorité légitime, le  G.P.R.A, Gouvernement provisoire de la République Algérienne, fut récusée et combattue : le colonel Boumedienne, alors qu’il avait été destitué de son rôle de chef d’état-major par l’autorité légitime, gagna la capitale sous la protection des blindés et oeuvra à asseoir le pouvoir de Ben Bella en qualité de chef d’Etat, pouvoir que celui-ci ne détenait que par procuration, le colonel Boumedienne attendant son heure pour occuper directe ce poste à la faveur du coup d’Etat qu’il accomplit le 19 Juin 1965 : qui aurait pu, colonel ou pas, dès les premières heures de l’indépendance, prendre le pouvoir par un coup d’Etat direct, alors que les dirigeants de la révolution, ses initiateurs, ses grands  héros dans l’imaginaire national étaient encore en vie pour beaucoup, encore présents, encore adulés par les foules ? 

La guerre qui avait pris fin avait été intensément féroce, et le tribut d’un incommensurable poids. Des centaines de milliers de morts, morts sous la torture, les balles, le napalm, la guillotine, les bombardements massifs, des dizaines de milliers de blessés et, pour certains aliénés à jamais des suites des blessures reçues ou des tortures infligées, des disparus sans nombre, des villages rasés. 

L’importance du combat libérateur sur le sol français ne doit pas être mésestimé :  en mars 1962, à la signature des accords d’Evian amenant un cessez-le-feu, on dénombrait 10.000 morts ( se souvenir des victimes de la rafle de Papon, par exemple, qui vit la Seine rougir du sang des Algériens ). Les affrontements avaient fait également quelques 15.OOO blessés dans nos rangs, et l’on comptera quelques 5O.OOO Algériennes et Algériens internés dont certains garderont de leur emprisonnement d’ineffaçables séquelles. L’apport de la Fédération du F.L.N en France au combat libérateur a été aussi constant qu’essentiel : le budget du G.P.R.A, les ressources matérielles et financières de la lutte n’étaient-ils pas constitués au 4/5ème par les contributions volontaires de l’émigration. 

Par ailleurs, la prise de conscience du peuple français de la justesse du combat mené par les Algériens pour leur souveraineté a grandement mûri des suites de l’action multiforme de
la Fédération
du FLN en France : tracts, action psychologique, manifestations ( se souvenir du 17 Octobre 1961, à Paris). Et tout aussi précieux fut son rôle de pépinière de cadres avec lesquels on alimentait l’intérieur et les frontières, et  ce, de façon continuelle. 

Si la révolution algérienne, tel un fleuve au puissant cours a été détourné, de son cours à l’indépendance, la question mérité d’être posée de savoir si, aujourd’hui, l’espoir que l’idéal qui avait animé les rangs de ses soldats et militants peut encore valablement être revivifié. 

En 1956, on a vu se tenir le congrès de la Soummam au cours duquel furent prises d’importantes décisions pour permettre à la fois le revivification de la révolution et sa protection de toutes les formes de déviation auxquelles des luttes intestines et des ambitions, aussi inopportunes qu’éhontées que certains pouvaient nourrir ( et ça n’a pas manqué ! ), pouvaient l’amener. 

C’est lors de ce congrès que fut décidé le principe de la primauté des instances de l’intérieur sur celles de l’extérieur, autrement dit la primauté des forces combattantes directement engagées dans l’enfer du combat sur le sol national face à l’ennemi. De même que fut arrêté le principe par la suite bafoué, de la collégialité à tous les niveaux. 


La Fédération du F.L.N en France s’était vue confier trois tâches par ce congrès : 

-         tout d’abord, l’organisation et la structuration de l’ensemble des Algériens ; la plupart, gagné par l’idée du combat pour l’indépendance, étaient déjà engagés moralement : il s’agissait de parvenir à un fonctionnement collectif des énergies disponibles afin de servir l’efficacité de la lute ; 

-         la seconde tâche dévolue à la Fédération était de contribuer à pourvoir en moyens et, principalement, en ressources financières ; 

-         Il s’agissait aussi, et enfin, de faire prendre conscience au peuple français de tout ce qu’endurait le peuple algérien pour l’amener à des prises de positions solidaires. 

    

 Une autre tâche aussi essentielle, était la neutralisation des effets néfastes sur le combat libérateur, des actions menées par le M.N.A ( Mouvement nationaliste algérien << Messalistes >> qui développait celles-ci  dans une opposition fratricide au F.L.N. 

Mais les Algériens surent montrer, durant une guerre qui dura près de huit années, qu’ils constituaient une nation apte à relever les plus grands défis. Qu’ils pouvaient aspirer à la souveraineté car ils se montraient aptes à combattre un colonialisme féroce que puissant, qui la leur récusait. Qu’ils avaient une conscience nationale élevée, que des décennies d’un combat politique multiforme sous les étiquettes de différents partis politiques comme l´E.N.A, l’U.D.M.A, le P.P.A, le M.T.L.D pour ne citer que ceux-là avaient su faire mûrir et consolider. Ils avaient su montrer à la face du monde qu’ils étaient une nation et non un peuple en naufrage. 

Restituer la souveraineté au peuple 

En 1962, la liberté leur revenait de droit. Une liberté assumée collectivement, souverainement. Mais tel ne fut pas le cas. Les détenteurs du pouvoir, par la force, firent tout ce qu’il fallait pour leur interdire l’accès à la citoyenneté réelle. Le colonialisme les avait brimés dans leur aspiration à la citoyenneté. 

L’après – colonialisme, l’indépendance, ne fut pas le recouvrement de la citoyenneté, hélas. 

Tout comme on avait refusé au peuple de prendre en main son destin, en 1962 on a vu les nouveaux détenteurs du pouvoir,  en Algérie, refuser l’exercice de la citoyenneté réelle à un peuple qui en était assoiffé, et cela durant presqu’un demi siècle, sous le prétexte qu’il n’était pas mûr. On aura eu cinq constitutions avec cinq Présidents : celle de Ben Bella, en 1963, celle de Boumediene, en 1976, celle de Chadli, en 1989, celle de Zeroual, en 1996 et celle de Bouteflika en 2009. Mais le peuple est hors jeu, aujourd’hui il a le droit d’applaudir, mais non de participer. Marginalisé, sauf quand il s’agit de lui faire tenir le rôle qui entérine les décisions prises pour << son intérêt >> par des tuteurs qu’il n’a pas désignés, il restera toujours le recours suprême car il est l’arbitre suprême. 

L’Algérie est, aujourd’hui, dit-on un pays où règnent << la démocratie >>, le << multipartisme >>, la << liberté >> de la presse. Le pouvoir algérien est régi par une constitution << démocratique >> sur mesure faite par le pouvoir et pour lui-même qui a organisé et proclamé les << droits >> et les << libertés >> politiques du citoyen et du peuple. Un << Conseil constitutionnel >> est là, pour sanctionner les errements anticonstitutionnels du pouvoir. Un observatoire des droits de l’homme est là pour dénoncer les atteintes qui leur seraient portées. 

  

Les Algériens, cependant, sont ils contents de << leur >> Constitution ? Il faut pour cela qu’ils sentent qu’elle est << leur >>. Il n’est pas du tout certain que cela soit le cas. 

L’assemblée constituante qui devait doter l’Etat algérien indépendant d’une  Constitution garantissant un régime politique démocratique avait été empêchée. C’est peut être pour cela qu’après les cinq constitutions personnelles de Ben Bella, Boumediene, Chadli, Zeroual et Bouteflika on risque d’en connaître une autre une sixième, celle de …. 

A moins qu’il soit enfin possible de revenir,  aujourd’hui, à la case départ et d’instaurer une deuxième république. Mais qui, aujourd’hui que le peuple a été dessaisi de sa souveraineté se soucie encore de cela ? 

Un Etat de droit doit être l’objectif permanent de cette jeunesse désoeuvrée  et laissée pour compte. Ce sont, pourtant, nos enfants et nous nous devons de tout faire pour qu’ils puissent avoir le droit à l’ESPOIR, à une meilleure vie. L’Algérie en a les moyens, il faudrait seulement une volonté politique de ceux qui ont la destinée du pays entre leurs mains pour permettre au peuple souverain de décider de son avenir. 

C’est à ce prix que l’on évitera une dislocation de cette aimée et souffrante Algérie. Pour cela, une révision déchirante doit s’imposer au sein des tenants du pouvoir pour en éviter une explosion. 

Les Algériennes et les Algériens ont soif de Paix. Trop de sang, trop de larmes, trop de mépris en ce peuple. Peuple, qui comme en 1962 ne cesse de crier BARAKAT !!! 

                                                      

                                                                                               Par Ahmed ARRAD 

                                                                            Moudjahed ex-Fédération du F.L.N en France 

 

28 juillet, 2010

Hocine Ait Ahmed

Classé dans : — eldzayer @ 14:29

 Hocine Ait Ahmed  etrang2

Hocine Aït Ahmed né le 26 août 1926 à Ain El Hammam en Algérie, est un homme politique algérien.
Docteur en droit, il est l’un des principaux chefs du Front de Libération Nationale (FLN). Aït Ahmed démissionne du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et de tous les organismes du nouveau pouvoir lors de la crise de l’été 1962. En septembre 1963, il fonde le front des forces socialistes (FFS) qui réclame le pluralisme politique face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du Parti unique.
Arrêté et condamné à mort en 1964, il s’évade de la prison d’El Harrach en mai 1966. Exilé en Suisse, il rentre en Algérie après les émeutes de 1988 mais quitte de nouveau son pays après l’assassinat du président Mohamed Boudiaf en 1992. Il reviendra à plusieurs reprises en Algérie, notamment à l’occasion du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération (1er novembre 1954).
Premier engagement politique et début de la lutte armée:
À 16 ans, encore lycéen, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA). Il devient, rapidement, le plus jeune membre du Comité central auquel il présente, en 1948, un rapport décisif sur les formes et la stratégie de la lutte armée pour l’indépendance.
Lors du congrès clandestin du PPA tenu à Belcourt en 1947, il avait déjà préconisé la création d’une Organisation spéciale (OS) chargée de la formation des cadres militaires et de la mise en place d’un dispositif clandestin pour amorcer et développer la lutte armée.
Désigné par le Comité central du PPA au Bureau politique, il se voit confié la direction de l’OS, en remplacement de Mohamed Belouizad, atteint de tuberculose. Durant deux ans, il a mis en place – à l’échelle nationale – les structures pour la formation politique et militaire pour mener à bien la guerre de libération. C’est dans ce contexte qu’il organise le hold-up de la poste d’Oran, qui permit, en mars 1949, de s’emparer d’une importante somme d’argent, sans effusion de sang.
L’aile « légaliste » des instances dirigeantes du PPA-MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques), exclut pour « berbérisme » Aït Ahmed et porte Ahmed Ben Bella à la tête de l’OS, dont il était le responsable en Oranie. La découverte de l’OS par les services de renseignement français précipite la dissolution de l’OS.

Tournée diplomatique pour une reconnaissance internationale:
Le 1er mai 1952 Aït Ahmed s’installe au Caire en Égypte. Recherché par les autorités françaises, il est désigné membre de la délégation du PPA-MTLD, en exil au Caire. Aït Ahmed insiste sur l’importance de la diplomatie pour donner une visibilité politique au plan international du « mouvement de libération ».
Il assiste à la première Conférence des partis socialistes asiatiques, réunie en janvier 1953 à Rangoon en Birmanie. L’une des premières résolutions adoptée par cette organisation d’inspiration marxiste consiste à soutenir la lutte de libération du Maghreb. La Conférence met en place un bureau anti-colonial dont le rôle, notamment, est de suivre les luttes anti-coloniales auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Aït Ahmed se rend au Pakistan, en Inde et en Indonésie pour créer des Comités de soutien à la cause de l’indépendance algérienne.
En avril 1955, il dirige la délégation algérienne à la Conférence de Bandung. Les résolutions prises par cette Conférence en faveur du droit à l’autodétermination et à l’indépendance des trois pays du Maghreb ont été préparées par les trois partis nationalistes (Tunisie, Maroc, Algérie) qui ont su mener une action commune sur la base d’un « Mémorandum Maghrébin ».
En avril 1956, il ouvre et dirige le bureau de la délégation du FLN à New York. En septembre 1956, le problème algérien est inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU. Ce qui provoque le retrait retentissant de la délégation française, présidée par le Premier ministre Antoine Pinay.
En octobre 1956, Aït Ahmed est arrêté par les autorités française, en compagnie de Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider, Ahmed Ben Bella et Mostefa Lacheraf, dans l’avion qui les conduisait du Maroc à Tunis où devait se tenir une Conférence maghrébine de la Paix.
Tout au long de sa détention, Aït Ahmed communique avec les dirigeants du FLN-ALN (Armée de Libération Nationale) (voir La Guerre et l’après-guerre, éditions de Minuit, 1963, Paris). Dans la plus importante de ces communications, Aït Ahmed en appelle avec urgence à la création d’un gouvernement provisoire en exil. Il considère que cette initiative peut contribuer à résorber la crise interne suscitée par des responsables qui s’opposent au congrès de la Soummam, (tenu en août 1956) et préparent un congrès antagoniste.

L’indépendance, lutte pour un État démocratique:
Membre du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), Hocine Aït Ahmed, dès sa libération, en 1962, prend une position ferme contre la violence de l’État-major des frontières. Il met en garde les notables politiques contre un processus de crise qui risque de dégénérer en guerre civile.
Il dénonce le groupe de Tlemcen et le groupe Tizi-Ouzou. Il appelle les forces d’avant-gardes – femmes, syndicats, étudiants etc. – pour faire barrage aux affrontements autodestructeurs. Les grandes manifestations populaires au cri de «Sabaʿa snin barakat !» (Sept ans, ça suffit !) avaient pu interrompre momentanément ces violences.
Elu membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC) – sur une liste unique de candidats dont il dénonce le principe -, il accepte néanmoins d’y siéger pour un double objectif. Premièrement s’efforcer de promouvoir à partir de cette institution une vie politique avec des débats publics en y associant la société. Deuxièmement veiller à ce que la commission chargée d’élaborer la constitution au sein de l’ANC termine son projet de constitution et le soumette aux débats libres et démocratiques des « élus » de la nation. Il fallait que l’ANC adopte le projet de constitution dans les délais légaux afin de le soumettre au corps électoral par voie référendaire.

Création du FFS, résistance dans les maquis de Kabylie:
La préfabrication d’une Constitution dans un cinéma à Alger a dessaisi l’Assemblée nationale constituante de sa prérogative essentielle qui est de fonder les bases d’un Etat de Droit. Hocine Aït Ahmed ne s’est pas contenté de démissionner, avec quelques députés dont le président de l’Assemblée Ferhat Abbas. Il profite de la campagne publique qu’il mène contre le « Coup de force constitutionnel » pour créer le Front des Forces Socialistes (FFS) en septembre 1963.
Les « Blitz Operationen », les opérations éclaires, déclenchées par l’Armée et la police politique pour prévenir l’enracinement d’une opposition démocratique au sein de la population. Leurs objectifs, en créant des troubles, étaient au contraire d’enraciner les appareils d’oppression. La répression qui s’est abattue sur la Kabylie n’a pas épargné les militants politiques actifs sur l’ensemble du pays. Et ce dans le but de présenter le FFS comme un mouvement séparatiste. Des maquis de résistance se sont spontanément dressés contre la terreur des troupes militaro policières. L’influence modératrice du FFS au sein de la population a empêché des dérives terroristes et renforcé le capital politique de ce parti. Arrêté en octobre 1964, Hocine Aït Ahmed est condamné à mort, puis gracié. Il est ensuite déporté à la prison de Lambèse.
S’étant finalement rendu compte qu’il était otage du chef d’Etat-major, Houari Boumédiène, et de sa police politique, le Président Ahmed Ben Bella décide de s’ouvrir à la société et entre dans un processus de négociation avec le FFS. Suite à des négociations menées à l’étranger, le FLN (Parti unique) et le FFS parviennent à un accord, qui sera rendu public par la presse nationale le 16 juin 1965. Trois jours plus tard (le 19 juin 1965), le coup d’Etat, perpétré par Houari Boumédiène met fin à toute possibilité de pluralisme politique pour sauvegarder l’orthodoxie de la pensée unique.

L’Exil, combat pour les droits de l’Homme, Assassinat à Paris de Ali Mécili:
Le 1er mai 1966, Aït Ahmed s’évade de la prison d’El Harrach, et se réfugie en Suisse. Il n’a de cesse de militer pour la promotion et la défense des droits de l’homme et pour l’unité du Maghreb. Il obtient sa licence en droit à Lausanne en Suisse. Puis, il soutient une thèse de doctorat, à Nancy, en 1975, sur « Les droits de l’homme dans la Charte et la pratique de l’OUA ».
À l’occasion du « Printemps berbère » (1980), il joue avec le FFS un rôle modérateur d’encadrement politique des militants afin d’empêcher l’irruption de la violence et inscrire la revendication linguistique et culturelle dans l’exigence du pluralisme politique dans le cadre de la nation algérienne. Le 16 décembre 1985, il lance avec Ahmed Ben Bella un appel au peuple algérien pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme est lancé depuis Londres. Les deux anciens du FLN font de la restitution au peuple algérien de son droit à l’autodétermination la pierre angulaire d’une « Alternative démocratique ».
Assassinat à Paris le 7 avril 1987, de Ali Mécili, avocat au barreau de Paris, figure marquante de l’opposition démocratique au régime d’Alger, bras droit de Hocine Aït Ahmed. Deux mois plus tard, la police française arrête le tueur, un petit truand algérien aux ordres de la Sécurité militaire, les services secrets de l’armée algérienne. Mais au lieu d’être remis à la justice, il est réexpédié à Alger.
Les événements sanglants d’octobre 1988 et ses répercussions internationales pousse la dictature algérienne a un semblant d’ouverture.

Retour en Algérie et reconnaissance du FFS :
Après 23 ans d’exil, Aït Ahmed rentre en Algérie en décembre 1989. Après moult péripéties, le FFS est finalement reconnu.
À l’occasion de l’annulation du premier tour des élections législatives de 1991, Hocine Aït-Ahmed met en garde contre le danger de voir les armes prendre le pas sur les urnes et appelle pour la sauvegarde de la paix civile. Son parti organise, le 2 janvier 1992, la plus grande manifestation que la capitale ait connue depuis l’indépendance, avec pour credo « Ni État policier, ni République intégriste ».Ait Ahmed avait démontré à l’opinion publique nationale et internationale par cette énorme manifestation qu’une alternative démocratique existe en Algérie et que « Alger est loin d’être Téheran ».
En juin 1992, une semaine avant l’assassinat de Mohamed Boudiaf, Aït Ahmed propose une Conférence nationale destinée à promouvoir une sortie de crise sur le modèle sud-africain. Après l’assassinat de Boudiaf, le climat de terreur et le verrouillage total de la vie publique s’aggravant, Aït Ahmed préfère s’exiler pour continuer à mener son combat.
En Janvier 1995, Aït Ahmed signe à Rome, avec les représentants de six autres formations et des personnalités politiques, une plate-forme de sortie de crise et pour le retour à la paix. Les signataires du « Contrat national » s’entendent sur un contrat politique constitué d’un ensemble d’engagements dont les plus importants sont l’alternance au pouvoir, la liberté de culte, l’égalité des citoyens sans distinction d’aucune sorte, la séparation des pouvoirs, le rejet de la violence comme moyen de se maintenir au pouvoir ou d’y parvenir.
La junte militaire au pouvoir et la police politique ont tout fait pour diaboliser cette offre de paix en actionnant entre autre leurs supplétifs au sein des médias et la classe politique.

Le 2 février 1999, il est de nouveau en Algérie. Sa candidature à l’élection présidentielle est annoncée trois jours plus tard. Après une campagne électorale, menée à travers tout le pays, il se retire, le 14 avril, veille du scrutin, en compagnie de tous les autres candidats, pour dénoncer la fraude qui a déjà commencé et qui intronisera un président mal élu. Abdelaziz Bouteflika sera élu avec une forte majorité digne des républiques bananières.
Victime d’un infarctus, Aït Ahmed est transféré en Suisse à l’hôpital de Lausanne pour y être opéré. Après sa convalescence, il a repris toutes ses activités au sein du FFS.
Hocine Ait Ahmed continue son long combat pour la liberté et la démocratie en Algérie. Il ne rate aucune occasion pour plaider la cause du peuple algérien sur la scène internationale.
Il n’hésite pas à se déplacer quand il est sollicité en tant que témoin de l’Histoire de l’Algérie ou en tant que militant de toutes les causes justes. Il a brillé récemment par sa participation à une rencontre de soutien au peuple Iranien ou encore par sa présence le 07 avril 2009 au cimetière de père lachaise à Paris pour rendre hommage à son ami de toujours Me Mécili assassiné en 1987 par la sécurité militaire algérienne. Il avait alors déclaré « C’est notre responsabilité de trouver en nous la force de nous dépasser pour la liberté et la dignité d’un pays, l’Algérie, auquel nous sommes des millions à n’avoir pas renoncé. » 
Du haut de ses 80 ans, Ait Ahmed est toujours aussi combattant comme il l’a toujours été. Quel bon exemple !
Hocine Ait Ahmed, l’incorruptible.

 

Boumediène, le colonel de l’apocalypse !

boum1.jpgImprovisateur pour “Algérie Politique”

Au début de son règne, il était taciturne, maigre, visage osseux, yeux exorbitants et arborant une dentition noirâtre qui lui conférait un air de colonel famélique et négligé, aux allures sadique avide de pouvoir.

Il pouvait parler des heures et des heures et devait sûrement s’auto-déclencher des orgasmes répétés en s’entendant monologuer pour ne rien dire, car l’homme pensait détenir la vérité première, comme du reste tous les bons mégalomanes.

Il nous a imposé toutes sortes humiliations, infligé ses révolutions, les une plus foireuses que les autres, assujetti aux autorisations de sortie alors qu’aucune nation au monde (à l’exception d’Israël) n’exigeait à l’époque de nous le moindre visa. La terreur était son atout majeur, le meurtre son arme favorite et comme seule qualité: le mépris des autres.

Les années ont passé, le bonhomme à pris des kilos d’assurance et de certitude, réparé ses chicots, mais toujours aussi intransigeant avec ses lubies révolutionnaires appliquées méthodiquement à toute une population complètement apeurée. Pour cela il avait mis le paquet, mettant sur pied l’une des plus puissantes police secrète qui ne s’encombrait pas du moindre petit principe démocratique.

Toujours aussi loquace, dans ses discours fleuves la menace était facile et sa folie démesurée. Pendant ce temps le peuple était collectiviste de facto alors que ses amis vivaient dans le luxe et le plaisir ostentatoires institutionnalisés à l’ombre d’un socialisme providentiel.

Il reste surtout responsable du système politique mafieux actuel, qui presque 30 ans après sa mort fonctionne en circuit fermé avec toujours les mêmes hommes.

Si ce n’était le hasard (ou la “providence”) de la maladie, il serait toujours aux commandes (dépassant dans l’ancienneté meurtrière le caractériel khadafi) de cette Algérie exsangue, toujours aux mains des petits soldats et autres ordonnances d’un colonel dévorait par ses pulsions de puissance.

Trente et un ans après sa mort, l’histoire n’a pas tout révélé au sujet de ce personnage équivoque.Tôt ou tard il faudra bien le faire, malgré l’image d’Epinal qu’on essaye de nous construire autour de ce zèbre plus que controversé.


2 juillet, 2010

Souvenons-nous du 29 juin 92 à Annaba et 25 Juin 1998

Classé dans : — eldzayer @ 12:26

 Souvenons-nous du 29 juin 92 à Annaba et 25 Juin 1998 boudiafboudiaf1 mohamedboudiaf156

 

Essais nucléaires français dans le Sahara

“Des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux”

La conférence d’hier a une nouvelle fois posé la problématique de la reconnaissance par la France des crimes commis durant la colonisation.

“Ce crime impuni que sont les essais nucléaires français dans le Sahara algérien sera un jour puni.” Cette phrase pleine de détermination est de l’avocate Fatma Benbraham, membre du Comité reconnaissance, indemnisation et mémoire des essais nucléaires français au Sahara algérien (Crimes) qui s’emploie à amener, un jour, la France à assumer son passé colonial en Algérie. Lors d’une rencontre organisée hier au forum d’El Moudjahid, Mme Benbraham dit détenir l’arme fatale pour traîner la France devant la cour pénale internationale : le traité de Rome et l’article 8 du droit international. “Le temps est venu de dresser des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux”, s’écrie-t-elle. Elle dit détenir plusieurs documents battant en brèche tous “les mensonges” entretenus par la France à propos de ce dossier. Elle cite un document secret de 256 pages démentant les assertions françaises quant à l’inexistence d’essais pour une bombe H. “Les militaires français ont menti à leurs troupes et à la population française”, s’est-elle offusquée. 
L’autre document dont elle est détentrice est un rapport quotidien d’un colonel français qui parle de la présence de 29 enfants français dans la région au moment de l’explosion de la bombe. Concernant la loi Morin, Mme Benbraham la trouve bien “pernicieuse”. Une loi qui n’est, à ses yeux, rien d’autre qu’une issue de secours pour la France qui a été fortement secouée en 2008 par la diffusion par Al Jazeera d’un documentaire sur les essais nucléaires français à Reggane. Mieux, elle reproche à la France de vouloir être juge et partie. “C’est elle qui nous a causés du tort et c’est elle qui décidera du sort des dossiers d’indemnisation”, tonne-t-elle. 
Interrogée sur l’acharnement de son comité, tout en épargnant les autorités algériennes qui brillent par un silence assourdissant, Mme Benbraham affirme qu’elle se pose, elle aussi, des questions sur le mutisme des dirigeants algériens mais se désole de ne pouvoir répondre à une telle question au motif qu’elle n’est pas une femme politique ni membre du gouvernement. 
Pour sa part, Ammar Mansouri, chercheur en physique nucléaire et membre du comité dont il est question plus haut, assure que ce n’est pas la commission auprès de laquelle seront déposés les dossiers d’indemnisation qui fera le tri, mais c’est plutôt au ministre Hervé Morin de décider de tout. “Tout est militarisé. C’est Hervé Morin qui décide des indemnisations”, s’élève-t-il. Et de s’interroger : “Comment les Algériens peuvent-ils être satisfaits d’une loi ayant suscité les critiques des Français eux-mêmes ?” 
Il déplore le peu d’implication de la société civile dans un débat qui intéresse au plus haut point les Algériens. De son point de vue, les habitants des régions contaminées doivent procéder à un travail minutieux de recensement de tous les détails ayant trait à cette question. “Il faut constituer des dossiers scientifiques et solides”, conseille-t-il. Ceci dit, il assure qu’il ne mène pas ce combat par désir de vengeance, mais plutôt par le souci de faire triompher la vérité historique. Après quoi, il lira à l’assistance un appel signé par des gens d’horizons divers lancé à la France pour la reconnaissance et la réparation des conséquences des essais nucléaires français au Sahara algérien sur la santé et sur l’environnement par l’indemnisation des victimes et la réhabilitation et la sécurisation des sites où étaient effectués les essais. Les initiateurs de cet appel exigent trois choses de la France : l’ouverture des archives des essais nucléaires français au Sahara algérien encore classées secret-défense, la mise en place d’une commission mixte d’évaluation et de suivi des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français au Sahara algérien, et, enfin, la création d’un fonds pour l’indemnisation et le suivi médical des victimes algériennes mais la réhabilitation et la sécurisation des trois sites d’essais au Sahara et la gestion des déchets radioactifs générés par lesdits essais.

Assassinat de Matoub Lounès

 Quand l’intégrisme politique se nourrit de trahisons locales

Le 20 avril 1998, quelques jours avant l’assassinat du chanteur, la manifestation du printemps berbère fut interdite à Alger. L’ex-président de la république, Zéroual, se proclamant partisan de la prise en charge de Tamazight, pendant sa campagne électorale, est revenu sur ses promesses, après son élection. L’élan de panique du pouvoir est tel qu’il assène une interpellation juridique à Matoub, suite à la sortie de son dernier album où il a repris l’hymne national en Kabyle, dénonçant avec force le racisme anti-kabyle du régime. Dans la même précipitation, une loi concoctée à la va-vite, par l’assemblée nationale, sur la généralisation de la langue nationale, allait entrer en vigueur le 5 juillet 1998 (quoi de mieux pour remplacer la date historique de l’indépendance de l’Algérie par la naissance de l’Etat algérien arabe !)… Entre-temps, le 25 juin, Matoub Lounès fut assassiné, en Kabylie

Le monolinguisme arabe et le rattachement culturel de l’Algérie à la « civilisation arabo-musulmane » a toujours été la priorité des priorités de tous les pontes du régime, et ce, depuis 62 à nos jours. Le premier geste criminel –et non des moindres – commis contre la berbérité de l’Algérie, a été l’œuvre de Ben Bella (cet éternel opposant au Congrès de la Soummam, et qui a essayé, en vain, de salir la mémoire d’Abane Ramdane) qui fit fondre l’unique alphabet berbère, entreposé à l’imprimerie nationale.

Le disciple le plus zélé (Ben bella) du théoricien du nationalisme arabe (Gamal Abdelnacer), intronisé à la tête du pays par le l’armée des frontières, ne tarde pas à mettre en œuvre sa politique d’exclusion, pour réaliser son Algérie arabe. Pour ce faire, deux populations doivent disparaitre : les Berbères et les Pieds noirs. Il expulse les seconds, et entame une réhabilitation utopique d’une Algérie arabo-musulmane pour noyer l’identité berbère : arabisation tous azimuts, propagande séparatiste contre les Kabyles, maintien de ces derniers hors des postes à responsabilités etc. Boumédiène, puis Chadli continuent l’œuvre de dénaturalisation de la société algérienne, en ressassant un discours nationaliste, fanatique et incantatoire –où sont martelés les effets pervers du colonialisme français, notamment son impérialisme linguistique, maintenu par le Hizb frança (entendre les kabyles)-, avec, en parallèle, un arsenal juridique coercitif institué.        

Le mouvement populaire d’avril 80, par son ampleur et sa détermination, a ébranlé pour toujours les fondements despotiques de ce pouvoir inique, rentier et népotique. Son règne tyrannique a pris fin. Témoins les émeutes d’octobre 88. Le Pouvoir aux abois, amende la constitution de l’article 40 qui permet la création d’associations à caractère politique. Depuis, si le pouvoir a reculé dans son obsession à régenter les esprits, il excelle dans les manœuvres politiciennes pour assoir sa pérennité. Et bien des partis ou des mouvements politiques, des associations culturelles, des personnalités politiques, artistiques etc. sont tombés –et continuent de tomber- dans son jeu, alléchés par telle situation enviable, ou par tel avantage ou privilège : la dernière « élection » de Bouteflika en est un exemple éloquent, de par la campagne de soutien dont il a joui en Kabylie, par des individus sans scrupule. Le pouvoir n’impose plus rien, il s’acharne à neutraliser toute action, de masse ou individuelle, allant à l’encontre de son ambition de s’accaparer toujours les rennes du pays, par sa stratégie préférée : la corruption.

A ce tire l’assassinat de Matoub, à l’instar de toutes les exécutions de nombres d’intellectuels, de femmes et hommes de culture, ne peut entrer dans la logique, trop banalisée, du crime islamiste. Matoub n’était pas homme à corrompre. Il avait des principes, une conviction inaliénable dans son combat qu’il savait légitime. Il avait un sens inné de l’honneur « ennif », qui avait toujours guidé ses actions, et imprégné ses propos. Cela (l’honneur) n’a jamais été pour lui un étendard qu’il brandissait au gré des situations qu’il traversait (pourtant il avait connu des hauts et des bas). Toujours à la pointe du combat identitaire (même avec des béquilles), il impulsait l’ardeur et le courage. Et s’il était, de par son rôle de rassembleur, souvent au devant de la scène, il ne s’est jamais  autoproclamé guide, ou leader. Il s’astreignait à son rôle d’artiste engagé de grande aura populaire, et laissait la place de leader politique à la personne compétente, qui serait plébiscitée par les populations kabyles. Car pour Matoub, l’ « ennif », c’est aussi l’engagement dans la modestie : le culte de la personnalité tue l’union.

Dans ses chansons, le thème de l’union des Kabyles revient souvent et avec acuité. Dans ses interviews aussi. En artiste lucide, Matoub ne s’est, à aucun moment de son combat, exprimé en tant que porte-parole d’un peuple, mais en tant que serviteur d’une cause, dont il est un fervent défenseur.  

Il est évident, avec l’aura qu’il avait, la ferveur populaire qu’il suscitait, car adulé par toute une région, la Kabylie, ses revendications d’une Algérie multiculturelle et multiconfessionnelle qui ne souffrent d’aucune ambiguïté, agaçaient plus le pouvoir que ne dérangeaient les islamistes.

« Je ne suis ni Arabe ni Musulman », clamait-il de son vivant, sans aucun complexe. Par cette déclaration, Matoub n’a rien révélé d’exceptionnel. Il a dit tout haut ce que la majorité de ses compatriotes pense tout bas. La différence c’est que c’était dit par Matoub et non par le commun des Algériens. Matoub avait (et a toujours) un impact incommensurable sur des millions de compatriotes. D’où le « danger » pour le pouvoir. Dites par une idole du peuple, ces paroles, qui représentaient l’un des principes de son combat démocratique, remettraient, inéluctablement en cause, l’unicité de la langue et de la religion en Algérie.

Le 20 avril 1998, quelques jours avant l’assassinat du chanteur, la manifestation du printemps berbère fut interdite à Alger. L’ex-président de la république, Zéroual, se proclamant partisan de la prise en charge de Tamazight, pendant sa campagne électorale, est revenu sur ses promesses, après son élection. L’élan de panique du pouvoir est tel qu’il assène une interpellation juridique à Matoub, suite à la sortie de son dernier album où il a repris l’hymne national en Kabyle, dénonçant avec force le racisme anti-kabyle du régime. Dans la même précipitation, une loi concoctée à la va-vite, par l’assemblée nationale, sur la généralisation de la langue nationale, allait entrer en vigueur le 5 juillet 1998 (quoi de mieux pour remplacer la date historique de l’indépendance de l’Algérie par la naissance de l’Etat algérien arabe !)… Entre-temps, le 25 juin, Matoub Lounès fut assassiné, en Kabylie.
Par qui ?
 
Question lancinante ! Le pouvoir avait à gagner en supprimant l’une des voix les plus écoutées et les plus crédibles en Kabylie. Mais, ceux, Kabyles comme le chanteur, à qui il faisait de l’ombre par son immense popularité et la sincérité de son combat, alors que ces derniers ne concevaient le combat kabyle que comme un tremplin pour arriver à concrétiser leurs ambitions personnelles, étaient à l’affut des mauvais coups. Sans les complicités kabyles, le pouvoir ne pouvait abattre Matoub, sur le sol kabyle. Et je souscris pleinement à cette à déclaration de mon ami journaliste et écrivain, Youcef Zirem : « La grande hypocrisie continue : on rend hommage à Matoub Lounes(…)mais on ne désigne pas ses assassins que presque tout le monde connait pourtant …»

Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui le commun des Kabyles sait que le grand Matoub est sacrifié sur l’autel des enjeux politiques, et des ambitions personnelles (tout comme Abbane Ramdane, Ouali Benai…) L’intégrisme politique, mode de gouvernance du régime algérien, a toujours exploité les ambitions démesurées des opportunistes serviles pour tisser des alliances criminelles.

Une chose rassure : la postérité de l’enfant d’Ait Douala ne sera pas la même que celle de ceux qui l’ont exécuté, ou qui ont aidé à son exécution… Il est rentré dans l’histoire des grands hommes, tant-dis que ces derniers n’auront pas du tout de postérité. Car la vérité les trahira un jour.

En attendant, l’hommage à Matoub (ainsi qu’à tous ceux qui ont payé de leur vie leur engagement dans le combat identitaire et démocratique) doit être permanent : continuer le combat dans la fidélité de leurs principes.
 
Ahcène Bélarbi

Contribution : 3 et 5 juillet : la manipulation fatale
Par Nordine Aït-Hamouda

Le 3 juillet, jour effectif de notre indépendance, le colonel Mohand ou Lhadj plantait le drapeau algérien à Sidi-Ferruch, sur les lieux mêmes où débarqua l’armée coloniale qui allait mettre entre parenthèses le destin algérien pendant 132 ans. Par la suite, Ben Bella décida que la date officielle de notre libération devait être décalée au 5 juillet, reportant du même coup l’accomplissement de la souveraineté algérienne.
Depuis, le pays survit entre les coups d’Etat, les scandales financiers, les révoltes avortées et le désespoir de la jeunesse. 48 ans après, presque jour pour jour, j’aperçus en face de l’Assemblée nationale un père qui menaçait de se jeter dans le vide quarante mètres plus bas avec ses trois enfants. Ancien policier, il était sans emploi ni logement. J’ai dû ruser pour pouvoir l’approcher, le ramener à la raison avant de l’accompagner dans des démarches qui lui permettraient de retrouver un semblant de dignité. Maintenant que les désillusions footballistiques nous ramènent à la réalité, nous pouvons retrouver notre quotidien avec ses amertumes, ses égarements et ses lâchetés. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un évènement vienne nous rappeler notre malédiction. En quelques jours, j’ai pu lire le courrier d’un citoyen anonyme dans El Watan, un communiqué du président de l’Association des anciens condamnés à mort, l’interview de monsieur Mahsas dans Echchourouk, une contribution d’un ancien trotskyste dans le Quotidien d’Oran et, pour boucler la boucle, deux interventions de M. Addi Lahouari, l’une publiée par le Soir d’Algérie et l’autre par un quotidien électronique ( le Quotidien d’Algérie). Ces positions illustrent, chacune à sa manière, la crise qui nous paralyse depuis un demi-siècle. Injurieuses pour certaines, révisionnistes pour d’autres, malsaines pour toutes, ces sorties n’ont ni ému, ni inquiété les gardiens du temple qui ont trouvé énergie, solidarité et colère pour appeler au lynchage de Saïd Sadi après la sortie de son livre sur Amirouche.
La diabolisation et la rente 
Le citoyen anonyme reprend le slogan du MALG : tout Algérien issu de la Kabylie ne peut être qu’un dangereux régionaliste s’il ne maquille pas son origine. Le président de l’Association des condamnés à mort, M. Mostefa Boudina, monte au créneau pour nous apprendre que le pays est toujours sous la menace des ennemis du peuple, que l’Histoire a ses propriétaires et qu’il faut faire front contre les périls qui pèsent sur l’Algérie maintenant que «la nation a atteint sa vitesse de croisière» en matière de développement. Je connais bien M. Boudina. Ne voulant pas tomber dans le piège de la polémique primaire dans laquelle il veut nous entraîner, je lui épargnerai certains détails de son parcours qui lui ont permis de traverser toutes les turbulences de la politique algérienne depuis 1962. Je lui rappellerai seulement que dans les années 1980, mouhafedh, il pourfendait en Kabylie les opposants «alliés de l’impérialisme» qui attaquaient un Etat fragilisé. Il hurlait avec les maîtres d’alors pour exiger le silence de tous. Maintenant que le pays est, selon lui, en pleine croissance, il faut aussi se taire pour jouir de la prospérité ramenée par celui qui a fait de lui un membre du Conseil de la nation. En fait, la croissance concerne les comptes en banque de monsieur Boudina et de ses amis. Car ni les anciens condamnés à mort ni leurs enfants n’ont trouvé son écoute ou son soutien. Je l’informe que le fils de Saïd Babouche, le deuxième militant exécuté par la France coloniale, après le chahid Zabana, est décédé dans le plus grand dénuement il y a seulement un mois sans que le président de l’Association des condamnés à mort ait daigné adresser le moindre message à la famille. Il est vrai que Nacer Babouche n’avait pas su se mettre du côté de ceux qui savent profiter de «la vitesse de croisière» puisqu’il était avec nous en prison en 1985 lorsque nous avions créé la Ligue des droits de l’homme. Pour monsieur Boudina, même pour les condamnés à mort, il y a un premier et un deuxième collège. Monsieur Mahsas, pour sa part, reste fidèle à lui-même. Depuis 1955, il passe son temps à intriguer, insulter les héros martyrs et à assouvir ses haines. Abane, qui l’accusait, avec de bonnes raisons, d’être un danger ambulant pendant la guerre, est traîné dans la boue. Mahsas, qui fut arrêté et emprisonné en 1957 pour opposition aux résolutions et aux organes issus du congrès de la Soummam, c’est-à-dire de la Révolution algérienne, n’avait dû son salut qu’à l’intervention des services secrets tunisiens qui l’ont libéré et envoyé en RFA où il coula des jours paisibles jusqu’à l’indépendance, quand Ben Bella arriva dans les bagages de l’armée des frontières. Boumediène, qui l’avait longtemps pourchassé, se voit malgré tout salué comme un homme «innocent du sang d’Amirouche». Il y a toujours des priorités dans la vie. Les séquestrations des restes du colonel de la Wilaya III et de son collègue de la Wilaya VI sont passées par pertes et profits. M. Mehsas, incorrigible bricoleur politique, estime que les deux officiers n’ont eu que ce qu’ils méritaient. La séquestration est même implicitement assumée comme une sanction légitime. J’ai longuement hésité avant de rendre publiques les révélations d’un agent secret espagnol qui a bien connu M. Mahsas quand il était ministre de l’agriculture au lendemain de l’indépendance. Mais puisque M. Mahsas ne veut pas sortir des égouts autant l’y suivre un moment. A la page 173 du livre intitulé Cygne, mémoires d’un agent secret publié par les éditions Grasset en 1976, Gonzales Malta raconte comment «le ministre malhonnête» a détourné un million et demi de dollars qui devait servir à payer 150 000 moutons achetés par l’Algérie. Il fit payer les Espagnols par l’orge donné par les États-Unis au peuple algérien et «le million et demi de dollars était alors passé sur un deuxième compte, personnel cette fois, qui appartenait au ministre algérien », écrit l’agent espagnol. Evidemment, le compte en question a été ouvert en Suisse. Pour le reste des détails montrant la moralité du personnage qui enregistrait dans des situations délicates certains membres du gouvernement, je renvoie le lecteur au livre sus-cité. Cela fait 34 ans que ce récit a été publié, M. Mahsas n’a toujours pas daigné déposer plainte pour diffamation. Comment un homme qui a commis tant de crimes et qui s’est même mis au service d’une puissance étrangère pendant la guerre de libération, ose-t-il continuer à déblatérer en toute impunité sans que les instances supposées veiller à la protection de la mémoire des martyrs et la dignité de la nation ne pipent mot ?
Le révisionnisme se dévoile
Quant au nostalgique du MNA, qui invite les Algériens, à la veille de la commémoration de l’indépendance, à accorder à Messali le statut que les Sud- Africains reconnaissent à Mandéla, il a peut-être raison de se poser en dépositaire d’une mémoire algérienne vacante ou abandonnée à la manipulation. Les milliers de militants du FLN tombés en France et en Algérie sous les ordres de Messali et les balles de son chef militaire Bellounis sont des fantômes qu’il faut savoir oublier. Ni les Kafi, ni le MALG ou tous ceux qui ont déversé leur bile sur Saïd Sadi ne semblent inquiets ou offusqués par ces trahisons, ces impostures et ces amalgames. L’alerte de M. Si Ouali Aït Ahmed, ancien officier de l’ALN, publiée récemment dans le Soir d’Algérie, interpellant ses collègues quant aux risques qu’il y avait à démissionner devant ces agressions contre les symboles de la nation, résonne comme la voix d’un juste dans un monde gagné par la compromission et la lâcheté. Mais dans toute cette descente aux enfers, le signal le plus désolant et le plus inquiétant pour la nation est donné par l’universitaire Addi Lahouari. Les Algériens ont lu, dans le Soir d’Algérie, le texte de la conférence qu’il avait donnée à Tizi- Ouzou il y a trois semaines de cela. Il y déclara que «Saïd Sadi a délégitimé le pouvoir en écrivant un essai sur l’histoire» ; essai dont il avait salué la publication, ajoutant que le pouvoir «a été incapable de se défendre». On ne sait s’il a été «sensibilisé» depuis par son clan mais, le naturel revenant toujours au galop, il commet une interview dans un quotidien électronique où je laisse le lecteur apprécier la qualité intellectuelle et la rigueur morale de l’universitaire. Je cite M. Addi : «J’ai cherché à donner mon point de vue à Tizi-Ouzou parce que j’étais gêné par la tournure pro et anti kabyle que prenait la polémique dans les journaux. Il fallait “dékabyliser” le débat et le centrer dans son cadre politique et théorique…. Il est de la responsabilité de notre génération de ne pas transmettre à nos enfants la haine entre groupes sociaux. Pour revenir à l’ouvrage de Saïd Sadi, il a le droit d’écrire un essai d’histoire. Je ferai néanmoins une remarque car Saïd Sadi est un homme politique. Je pense que sa démarche n’est pas cohérente dans la mesure où, d’un côté il critique le MALG et, en cela, il a tout à fait raison et, d’un autre côté, il a soutenu le néo MALG, le pouvoir réel, quand il a annulé les élections de janvier 1992. Il a condamné le coup d’Etat de 1962 mais a soutenu celui de janvier 1992 ! S’il répond que l’armée a sauvé la République en 1992, il doit accepter l’idée que le MALG a sauvé la révolution. Un homme politique doit être cohérent pour être crédible. Il dira qu’il critique le régime, mais en fait, il s’en prend surtout au pouvoir formel, alors que tout le monde sait que Bouteflika n’a aucune autorité. Un ami à Oran me disait : Saïd Sadi critique le pouvoir formel qui est de l’ouest et oublie le pouvoir réel qui est de l’est.» M. Addi qui demande de la cohérence au militant Saïd Sadi ne s’embarrasse pas de logique en ce qui le concerne. Il refuse que l’on ethnicise le champ politique mais endosse la lecture de son ami oranais qui déplore que le pouvoir formel soit à l’ouest alors que le pouvoir réel est à l’est. On ne voit pas pourquoi le pouvoir, réel, formel ou même virtuel devrait, par principe, être de l’ouest, de l’est, du nord ou du sud. A suivre M. Addi, il suffirait d’inverser la formule pour qu’il y trouve son compte, les problèmes de l’Algérie, otage d’un pouvoir pendulaire, peuvent attendre.
Notre universitaire veut sortir le débat politique des complicités régionales mais absout Bouteflika et ne semble pas gêné par la tribalisation des institutions qui s’accompagne d’un dangereux rejet de l’ouest où, ayant vécu mon enfance pendant la guerre de libération, j’avais trouvé aide et amitié quand cette partie de notre pays s’exprimait par des voix autres que celles de M. Addi et consorts. Enfin, il reproche à Saïd Sadi de ne pas avoir adhéré à sa «régression féconde» qui allait accoucher d’un ordre politique dont il a pris soin de se protéger en désertant le pays pendant toute la période où celui-ci menaçait de se réaliser. Après les manipulations qui ont suivi l’assassinat de mon ami Matoub, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de voir comment des cadres algériens ayant fui le pays ont retourné leur veste du jour au lendemain pour se mettre en phase avec ceux qui nous expliquaient que nous n’étions pas mûrs pour la démocratie. Le discours préparé dans les cercles d’une certaine gauche française fut ingurgité par des indigènes comme M. Addi qui devaient apprendre la chanson du «qui-tue-qui ?» pour mériter quelques vacations dans certaines facultés ou quelques piges dans la presse au prix du reniement des valeurs de Novembre et de la Soummam.
L’ivresse de l’arrogance
Pour M. Addi, toutes les interventions remettant en cause une légalité formelle, pour reprendre son expression, seraient identiques et participeraient toujours d’une démarche putschiste : les acteurs de Novembre seraient des putschistes, et à le suivre, il en serait de même pour Mandela, de Gaule en 1940… Voilà où en sont certains universitaires algériens aujourd’hui. Ce que sait M. Addi et qu’il préfère taire, c’est que des pans entiers de l’armée et la plupart des institutions avaient fait allégeance aux «chouyoukh». C’est la levée en masse des forces républicaines auxquelles il s’est opposé qui ont empêché un basculement qui aurait irrémédiablement mené au naufrage du pays et à l’enterrement définitif du projet de la Soummam. Aujourd’hui que des «naïfs» ont provisoirement sauvé l’Algérie, M. Addi daigne nous rendre visite pour nous donner des leçons de crédibilité et de courage. C’est indigne. Ce n’est plus l’universitaire qui parle mais un «romain» de Sant’Egidio, c’est-à-dire un acteur politique qui, au lieu de s’excuser pour sa désertion et sa félonie, se rappelle à nous pour faire dévier l’histoire et, pourquoi pas, se placer après que d’autres, toujours les mêmes, eurent dénoncé des crimes commis au nom du peuple et qu’il s’est bien gardé d’aborder auparavant. Comme le MALG, M. Addi saisit l’occasion d’un livre écrit sur Amirouche pour attaquer un responsable politique défendant un projet opposé au sien. Pour lui, cela est honnête et cohérent. Si M. Addi s’est invité à nouveau à ce débat dans la presse nationale avec un tel parti-pris, c’est qu’il compte peser dans un domaine qu’il devine important pour la redéfinition de la scène politique. On peut imaginer que M. Addi, en mal de notoriété, ne va pas lâcher sa proie facilement, comptant sur l’usure, le découragement et la censure qui brident les Algériens pour réintroduire ses thèses qui ont scandalisé en leur temps ceux qui sont restés se battre pour l’honneur et la liberté de notre pays. Tant mieux, cela permettra d’éclairer les positions politiques des uns et des autres et, dans ce combat, nous serons toujours prêts pour rétablir la vérité des faits. L’impudeur de M. Addi est un signe important de la crise politique et morale qui frappe l’Algérie. Dans des situations similaires, des gens coupables de ses méfaits fuient, se cachent, se taisent ou, du moins, s’excusent. En Algérie, la confusion qui brouille tous les repères et les protections claniques permettent à la trahison de s’exprimer de façon éhontée. Pourtant, notre histoire devrait vous instruire M. Addi. A la veille du 1er Novembre 1954, des hommes de votre acabit, croyant que le peuple algérien était exclu de l’histoire, manifestaient la même arrogance. On ne peut pas attendre du MALG, qui porte un héritage politique fait de violence et d’échecs, d’être lucide. Il est vain de demander à des personnes comme MM. Boudina ou Mahsas de croire en une vie publique contrôlée par les citoyens. Un vieux trotskiste refuse, par définition, la réalité. Mais pourquoi un universitaire défend-il des idées auxquelles il ne croit pas ? Pourquoi tient-il un discours en Kabylie et avant de soutenir son contraire dans un site Internet moins d’une semaine plus tard ? Pourquoi assume-t-il un pouvoir pour la seule raison qu’il est confisqué par les gens de sa région, un demi-siècle après l’indépendance ? Pourquoi ce dédain laisse-t- il indifférent ? Voilà un vrai problème dans l’Algérie de 2010. M. Addi, les héritiers du MALG, MM. Boudina et Mahsas, qui veulent refaire notre histoire, sont des séquelles d’une mémoire blessée mais en cherchant à brouiller les cartes de la décennie rouge, vous vous essayez, vous aussi, au révisionnisme. Vous êtes plus dangereux car, en vous abritant derrière l’université pour désinformer, vous menacez l’avenir.
Mauvaise conscience 
Quand je pense que des personnes de ce genre enseignent et décident de l’avenir de nos étudiants, je suis inquiet. Non seulement ces élites ne jouent pas leur rôle dans les luttes démocratiques mais elles sont souvent les premières à attaquer ceux qui ont refusé d’abdiquer. M. Addi, vous avez à peu près le même âge que Saïd Sadi. Pendant que vous construisiez votre carrière à l’ombre du parti unique, il a mené, au péril de sa vie et de sa liberté, tous les combats que des universitaires comme vous deviez porter. Les droits de l’homme, la question identitaire, la laïcité, le statut de la femme, la régionalisation… ont été adaptés à notre histoire et inscrits dans le débat national par Saïd Sadi et ceux, bien rares, qui ont accepté de l’accompagner. Avec un certain nombre d’amis, nous avons longtemps essayé de savoir pourquoi des hommes comme vous s’acharnent contre ces acteurs. Nous avons fini par comprendre. Vous êtes trop vaniteux pour assumer une démission que vous voulez maquiller en essayant de salir ceux qui ont agi au moment où vous vous cachiez. Saïd Sadi et ceux qui se réclament de son combat sont votre mauvaise conscience. A la veille de la commémoration de notre indépendance, des anonymes bannissent des citoyens au motif qu’ils sont originaires de Kabylie, un aventurier «en vitesse de croisière» sermonne, au nom du peuple, un responsable qui dénonce un crime symbolique, un «ministre malhonnête» insulte Abane, un messaliste étranger nous fait la leçon du patriotisme et un universitaire renégat s’affiche comme arbitre de la conscience nationale. 
L’espoir 
Tous les intellectuels, heureusement, ne sont pas frappés par votre cynisme. J’ai vu, dans l’émigration, des Algériens, universitaires, fonctionnaires, journalistes ou autres qui ont fui la barbarie vivre dans la pauvreté et la dignité au moment où vous viriez votre cuti pour être dans l’air du temps. Il y a deux mois de cela, des universitaires de Constantine ont organisé un colloque sur Amirouche. Ils m’y ont invité ainsi que Saïd Sadi. N’ayant pas pu participer à leur rencontre, un des initiateurs hospitalo-universitaire eut l’amabilité de m’envoyer une figurine célébrant l’évènement. J’en fus sincèrement ému. Il a adressé à Saïd Sadi un de ses ouvrages de médecine. Je ne résiste pas à l’envie de vous rapporter une partie de sa dédicace. «Au docteur Saïd Sadi. Pour le combat citoyen que vous menez… En vous écoutant de temps en temps, j’ai comme l’impression que vous dites à certains : je comprends votre lâcheté, respectez au moins mon courage. Merci pour ce que vous faites pour notre chère Algérie.» Je remercie du fond du cœur les universitaires comme ceux de Constantine qui activent pour leur pays dans l’anonymat et les anciens maquisards qui ont trouvé la force de s’exprimer librement et dignement dans un débat qui a failli être détourné, une fois de plus, par ceux qui ont séquestré les martyrs et endeuillé la nation. Leur action éclaire malgré tout notre quotidien dans ce 48e anniversaire d’une indépendance confisquée. Au lieu de protéger notre histoire en organisant des débats libres et contradictoires en vue de laisser la jeunesse algérienne découvrir la vérité et le rôle de chaque acteur afin de lui permettre de se construire dans la clarté, le pouvoir confisque notre passé pour renforcer ses privilèges et multiplier ses sectes. On vient d’annoncer officiellement que la commémoration de l’indépendance devait se faire sous le haut patronage du chef de l’Etat. C’est la kermesse. Y a-t-il meilleur aveu des dirigeants algériens pour nous dire que l’histoire nationale est une foire où les plus malins savent se servir ? Tout cela se passe dans le pays des hommes de Novembre et de la Soummam. 
N. A.-H. 
* Député RCD.

Actualités : Lahouari Addi répond à Nordine Aït Hamouda

Par Lahouari Addi
Le Soir d’Algérie du 7 juillet 2010 a publié un pamphlet d’une rare violence verbale à mon égard signé par le député du RCD Nordine Aït Hamouda. M’accuse-t-il de profaner la mémoire du colonel Amirouche ? Non ! D’être anti-kabyle ? Non ! Il m’accuse tout simplement de critiquer le président du RCD, Saïd Sadi.
Il est permis, selon lui, de critiquer Boussouf, Ben Bella, Aït Ahmed, Mahsas, et même le président de la République Bouteflika ou les généraux, mais pas Saïd Sadi. De la part d’un député qui se réclame de l’opposition démocratique, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir du pays. Ce qui a fait perdre à Nordine Aït Hamouda son sang-froid, c’est une phrase extraite d’une interview accordée à un journal électronique (http://lequotidienalgerie.org) dont voici un extrait : «Question : je suppose qu’il a été question aussi de la polémique suscitée par le livre de Saïd Sadi ? Réponse : la conférence portait sur l’écriture de l’histoire et j’ai cherché à donner mon point de vue à Tizi-Ouzou parce que j’étais gêné par la tournure pro et anti-kabyle que prenait la polémique dans les journaux. Il fallait «dékabyliser» le débat et le centrer dans son cadre politique et théorique. Dans les journaux, la polémique glissait vers une tournure dangereuse : Boussouf l’Arabe a trahi Amirouche le Kabyle. Nos grands-parents et nos parents, malgré l’ethnocentrisme de la société rurale traditionnelle, ne nous ont pas légué l’hostilité entre berbérophones et arabophones. Il est de la responsabilité de notre génération de ne pas transmettre à nos enfants la haine entre groupes sociaux. Il y a des problèmes politiques liés à l’autoritarisme, aux limites idéologiques du nationalisme algérien et à l’absence de démocratie, et il ne faut pas ethniciser les divergences et oppositions. Pour revenir à l’ouvrage de Saïd Sadi, il a le droit d’écrire un essai d’histoire où il donne son interprétation du passé. Il a occupé un vide, et on ne peut lui en faire le reproche. Je ferais néanmoins une remarque car Saïd Sadi est un homme politique. Je pense que sa démarche n’est pas cohérente dans la mesure où, d’un côté, il critique le MALG – et en cela il a tout à fait raison – et d’un autre côté, il a soutenu le néo- MALG, le pouvoir réel, quand il a annulé les élections de janvier 1992. Il a condamné le coup d’Etat de 1962 mais a soutenu celui de janvier 1992 ! S’il répond que l’armée a sauvé la République en 1992, il doit accepter l’idée que le MALG a sauvé la révolution. Un homme politique doit être cohérent pour être crédible. Il dira qu’il critique le régime, mais en fait, il s’en prend surtout au pouvoir formel alors que tout le monde sait que Bouteflika n’a aucune autorité. Un ami à Oran me disait : Saïd Sadi critique le pouvoir formel qui est de l’Ouest et oublie le pouvoir réel qui est de l’Est. La réponse du berger à la bergère. Cela a suffi au député du RCD pour se déchaîner m’accusant d’avoir fui le pays, d’être un renégat, etc. Au lieu de montrer en quoi les deux événements, 1962 et 1992, sont différents et en quoi ma position serait erronée, il insulte et s’adonne à des attaques mensongères qui portent atteinte à son statut de député de la nation et à la crédibilité de son parti. Il affirme même que je suis vacataire en France alors qu’il lui suffit d’aller sur le site Web de l’Institut d’études politiques de l’Université de Lyon pour qu’il voie que je suis professeur des universités encadrant des thèses de doctorat. Ce que Nordine Aït Hamouda aurait dû faire, c’est de m’inviter à faire un exposé aux députés du RCD à l’Assemblée nationale sur les propos que j’ai tenus et d’avoir un débat d’analyse théorique contradictoire, franc et fraternel. Comment un universitaire peut-il répondre à des insultes écrites dans un journal ? La meilleure façon, me semble-t-il, est de sortir de l’invective et de se placer sur le terrain du débat et de l’analyse du système politique algérien pour aider les acteurs à dépasser leurs contradictions. Cela profitera aux lecteurs du Soir d’Algérie, aux militants du RCD et au député Aït Hamouda. Je développerais trois thèmes : l’islamisme, la bipolarité du pouvoir d’Etat et le rôle de l’armée et enfin la polémique autour du livre sur le colonel Amirouche.

L’islamisme 

J’ai rencontré Saïd Sadi en 1989 et nous avions entretenu des rapports amicaux jusqu’en 1993-94. Nous avons divergé sur les élections remportées par le Fis en décembre 1991 et sur la position à adopter. En appelant à l’annulation de ces élections, je considérais qu’il surestimait «le danger islamiste» et me reprochait de sous-estimer ce danger. Pour lui, la transition démocratique était possible sans les islamistes. Pour moi, compte tenu de la situation historique de notre société et de la place de l’Islam dans la vision du monde de l’Algérien, il était impératif de trouver des règles de jeu avec les islamistes pour les insérer dans le schéma institutionnel pour éviter la violence. Saïd Sadi n’était pas de cet avis et, estimant que la venue des islamistes au pouvoir, même par les élections, compromettrait l’avenir du pays pour 50 ans. Ce qu’il n’a pas vu, c’est que cette position mène à l’impasse et au statu quo, et repose sur une analyse erronée du mouvement islamiste. Dans notre société, la culture et l’histoire ont fait jouer à l’Islam un rôle politique, ce qui a donné naissance au mouvement islamiste qui s’est renforcé avec la démocratisation de l’enseignement réalisée par l’Etat indépendant. Les générations nées après l’indépendance ont eu une éducation où la grille de lecture des rapports sociaux est dominée par la morale religieuse. Devenues adultes, ces générations ont exigé la moralisation des rapports d’autorité croyant atteindre par là la construction de l’Etat de droit. De ce point de vue, l’islamisme est dans la continuité idéologique du nationalisme algérien et il est aussi le produit contradictoire de la modernité. Il exprime la volonté des masses populaires à être présentes dans le champ de l’Etat d’où elles sont exclues par l’autoritarisme. Mais d’un autre côté, l’islamisme n’a pas la philosophie politique pour donner naissance à des institutions représentatives de la population en raison de la conception divine de la souveraineté. Cette contradiction, au cœur de l’idéologie islamiste, le fera nécessairement évoluer vers des conceptions du politique plus proches des hommes que de l’utopie. Cette évolution était déjà perceptible chez les djazaristes représentés par Abdelkader Hachani. Si, en tant qu’éducateurs et élites, nous arrivons à convaincre les jeunes que le Coran donne autant d’importance sinon plus au mouamalate qu’aux ibadate, si nous arrivons à leur montrer qu’il faut juger un homme ou une femme sur ses actes et non sur ses devoirs envers Dieu, nous aurons créé une dynamique de démocratisation à laquelle les islamistes prendront part. Ce n’est pas l’Islam qui pose problème à la démocratie, c’est plutôt son interprétation médiévale faite de bigoterie. Dans le Coran, il y a des ressources théologiques pour justifier la démocratie fondée sur la souveraineté humaine que certains courants de pensée islamiste appellent sayyada pour la distinguer de hakimiya. Hakimiya li Allah, sayyada li chaâb (le pouvoir suprême à Dieu, la souveraineté au peuple). C’est Abou el ‘Ala Mawdudi, islamiste pakistanais (1909-1979), qui a traduit hakimiya par souveraineté, ce qui est une erreur parce que ce concept est moderne et ne date que du 16e siècle. Sayyada est plus approprié pour le traduire. L’Europe est aussi passée par là, donnant naissance aux courants chrétiens-démocrates et sociauxdémocrates. J’ai écrit de nombreux articles parus dans des revues scientifiques aux Etats-Unis et en Europe où j’ai expliqué ce processus que j’ai appelé «la régression féconde». J’invite Nordine Aït Hamouda à les consulter pour comprendre la portée et les limites du phénomène islamiste. Religion and Modernity in Algeria, Journal of Democracy, octobre 1992, Islamist Utopia and Democracy, The Annals of the American Academy of Political and Social Science, novembre 1992, Algeria’s Tragic Contradictions, Journal of Democracy, juillet 1996, The Failure of Third World Nationalism, Journal of Democracy, octobre 1997, ou encore ma contribution Political Islam and Democracyà l’ouvrage collectif dirigé par A. Hadenius, D emocracy’s Victory and Crisis, Cambridge University Press, 1997. 
Il pourra consulter mes différents articles parus dans Le Monde diplomatique de 1989 à 2006. Ces thèses ont été aussi développées dans mes ouvrages en langue française L’Algérie et la démocratie, La Découverte, 1995, Les Mutations de la société algérienne, La Découverte, 1999, et enfin Sociologie et anthropologie. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques, La Découverte, 2002. Le RCD ne partage pas cette analyse et semble miser sur la modernisation autoritaire. Mais sur quelles forces sociales et sur quels courants politiques s’appuyer pour mener son projet ? Le scénario de Mustapha Kemal Attatürk, qui attire Saïd Sadi, n’est pas possible dans les conditions de la mondialisation. Saïd Sadi voudrait mener la modernisation de la société en ignorant les islamistes. Il compte s’appuyer sur les élites urbaines et sur les courants dits modernistes dans l’Etat et dans l’armée. Ceci mènera à l’impasse parce que, premièrement, les élites urbaines, récemment constituées, n’ont aucune légitimité sociale auprès des couches populaires et, deuxièmement, parier sur l’existence de courants politiques dans l’armée est une gageure. L’armée appartient à toute la nation et il lui est difficile de s’identifier à un seul courant de la nation. Saïd Sadi a l’Algérie dans le cœur, mais sa stratégie politique mène à l’impasse, ce qui fait le jeu du régime qui n’a qu’un objectif : se maintenir. 

La bipolarité du pouvoir d’Etat et le rôle politique de l’armée
 
Le régime algérien a une histoire et une logique héritée de cette histoire. Il est caractérisé par la bipolarité du pouvoir d’Etat divisé entre pouvoirs réel et formel, bipolarité qui trouve son origine dans le mouvement national avec l’opposition entre le PPA clandestin et le MTLD légal, l’état-major général et le GPRA, et qui s’est poursuivie après l’indépendance. La seule période où ces deux pouvoirs étaient unifiés était celle de Boumediène qui se prévalait de la légitimité historique et des institutions. L’histoire de l’Algérie a fait de la violence, et donc de l’armée, la source de la légitimité politique. C’est pourquoi le régime s’est constitué idéologiquement dans la négation du politique qui relève d’un carré très étroit d’officiers supérieurs. En Algérie, le ministre n’a aucune autorité politique, c’est un fonctionnaire désigné par des appareils qui refusent de s’institutionnaliser. Le président n’échappe pas à cette logique qui fait de lui le chef de l’administration gouvernementale et non le chef de l’Etat. Dans ce système, il y a un seul acteur politique, le DRS, qui veille à ce que l’Etat ne soit pas investi par des élites représentatives de la population. A cette fin, une opposition formelle est mise en place pour servir de paravent démocratique. Dans cette mission, le DRS s’inscrit dans le prolongement de l’idéologie du mouvement national : il ne veut pas que les Algériens se divisent politiquement et, à cette fin, il leur interdit de faire de la politique. Là se pose le problème du rôle de l’armée dans le champ politique. C’est l’ALN qui a créé l’Etat indépendant et, historiquement, l’ANP est issue de l’ALN. Il y a cependant une différence de taille entre les deux : l’ALN est une organisation révolutionnaire qui cherchait à transformer la situation politique en détruisant le système colonial. L’ANP est une armée classique et, en tant que telle, elle est attachée au maintien de l’ordre établi, refusant les ruptures brutales. L’annulation des élections de janvier 1992 peut être interprétée comme le refus d’une rupture brutale qu’elle n’a pas acceptée. Par conséquent, compter sur l’armée, ou un courant dans l’armée, pour opérer les changements nécessaires est une illusion. Le PAGS avait longtemps cru en cette illusion de l’existence «d’un courant progressiste» dans l’armée, ce qui a été la cause de sa disparition. Un parti politique ne doit pas bâtir sa stratégie sur des illusions. Il doit investir dans le long terme et défendre les principes constitutifs de la modernité. Le nationalisme algérien comporte des dynamiques de modernité, mais il connaît aussi des obstacles qui lui sont propres. Il faut prendre conscience de ces obstacles et les analyser pour accompagner les changements dont est grosse la société. Les générations précédentes ont créé une conscience nationale, une nation, mais le régime qui en est issu croit protéger celle-ci en refusant l’émergence d’une société civile avec de vrais partis et des syndicats représentatifs, en s’opposant à la construction de l’Etat de droit qui arbitre les conflits sur la base de la règle juridique et enfin en empêchant l’économie de s’organiser sous forme de marché qui suppose la concurrence. La nation s’organise sociologiquement en société civile, politiquement en Etat de droit et économiquement en marché. L’Etat de droit, la société civile et le marché appartiennent désormais à la perspective historique de l’Algérie enclenchée par le mouvement national sous la colonisation. Les partis devraient s’inscrire dans le sens de cette perspective, en demandant la réhabilitation du politique et l’institutionnalisation des rapports d’autorité. 

La polémique autour du livre sur le colonel Amirouche
 
Saïd Sadi est un homme politique à vocation nationale. Dans son livre sur le colonel Amirouche, il cite le colonel Lotfi et le capitaine Zoubir de la Wilaya V, victimes de rivalités dans le FLN. Son livre est une contribution à l’histoire du FLN et des luttes qui l’ont marqué. Sa thèse – Amirouche aurait été trahi – est plausible et il est possible qu’elle soit démontrée avec des archives non disponibles aujourd’hui. S’il a choisi le colonel Amirouche, c’est parce que celui-ci est un héros national perçu comme tel dans toute l’Algérie. Dans les principales villes du pays, il y a le boulevard ou l’avenue Amirouche. Mais dans la polémique – qui avait duré plusieurs mois – Saïd Sadi ne cherchait pas à rassembler, à convaincre celui qui s’oppose à sa thèse. Dans la polémique, il a été plutôt brutal, souvent méchant, personnalisant et régionalisant le débat. En parlant de Ben Bella, Mahsas, Ali Kafi…, il est irrespectueux. Qu’on le veuille ou non, et même si on ne partage pas leurs convictions politiques, Ben Bella, Ali Kafi, Mahsas… sont des symboles et on ne les traite pas comme des moins que rien. Un homme politique doit faire attention à la forme pour ne pas blesser gratuitement ses compatriotes. A l’échelle de l’histoire du mouvement national, Abdelhafid Boussouf – dont je n’apprécie pas les méthodes – est un monument. C’est un militant des années 1940 socialisé dans la clandestinité et élevé dans le culte de la violence contre le système colonial. Pour lui, une divergence politique doit se résoudre par la disparition physique. Si Ferhat Abbas avait la force de caractère de Abbane, il l’aurait tué. La haine que Boussouf avait pour le système colonial, il l’exprimait face à quiconque s’opposait à lui. Il a été concurrencé sur son propre terrain par Amirouche qui avait la légitimité des armes, celle-là même dont il se réclamait. Dans cet état d’esprit, dans cette culture du PPA clandestin, Boussouf devait éliminer Amirouche ou inversement. Amirouche était parti vers Tunis non pas pour prendre du thé mais pour régler des comptes avec ceux qu’il accusait d’étouffer les maquis de l’intérieur. Les dirigeants installés à Tunis étaient hostiles à Amirouche non pas parce qu’il était Kabyle mais parce qu’il incarnait la légitimité de l’intérieur. Amirouche était le porteparole informel des maquis du Centre, de l’Ouest, de l’Est et du Sud. Les dirigeants installés à Tunis craignaient qu’il ne devienne le chef d’état-major de l’ALN qu’il voulait transférer à l’intérieur. Par conséquent, il n’y a pas d’anti-kabylisme, il y a une lutte féroce pour le pouvoir. Abbane Ramdane en a fait les frais au prix de sa vie. Il avait été mis en minorité au CNRA du Caire et marginalisé parce qu’il était en avance sur ses compagnons d’armes. Là où Saïd voit du régionalisme, il y a simplement des limites idéologiques. L’Algérie est indépendante grâce à Boussouf, Amirouche et leurs compagnons. Le regard qui doit être porté sur eux ne doit pas être manichéen, tout blanc ou tout noir. Il faut surtout dépasser la manière avec laquelle ils faisaient la politique, il faut dépasser leur nationalisme guerrier qui se retrouve dans la plume de Saïd Sadi. J’ai dit aux étudiants de l’Université Mouloud-Mammeri que si l’Algérie veut construire un ordre politique moderne, il faut impérativement que les Algériens s’entendent sur un postulat de base qui ne doit souffrir aucune exception : la valeur suprême dans la société est la vie humaine. On ne fait pas de politique en sacrifiant des vies humaines. Pour respecter ce postulat, il faut trois conditions : 1. Le monopole de la violence doit appartenir à l’Etat. 2. Ce monopole doit être exercé par les agents de l’Etat dans le cadre de la loi. 3. La loi doit être faite par une Assemblée nationale représentative. C’est ce projet qu’un Saïd Sadi moins belliqueux devrait défendre. En conclusion, et pour revenir à Nordine Aït Hamouda, je voudrais lui dire que la politique, c’est comme le football. Il faut jouer le ballon et non l’homme. S’il insulte l’adversaire sur le terrain, l’arbitre – l’opinion publique – sortira le carton rouge. 
L. A.


 

14 juin, 2009

La question berbère en Algérie, âpres luttes, acquis réversibles

Classé dans : — eldzayer @ 16:48

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Djamel Zenati. Ancien animateur du Mouvement Culturel Berbère :

zenati.jpg « Il faut réinventer le militantisme »

-  Qu’est-ce que le printemps berbère a apporté à la revendication amazigh et au combat démocratique ?

Le printemps berbère de 1980 est le fruit d’une accumulation de luttes menées dans des conditions extrêmement difficiles par des femmes et des hommes qui n’avaient que la force de leur conviction face à une dictature dotée de tous les moyens de terreur et de guerre idéologique. Le printemps de 1980 a eu également le mérite de rompre avec la clandestinité et le caractère épars et atomisé de la militance amazigh. Il a été une sorte de synthèse qui a ouvert des perspectives à l’ensemble de la société. La revendication est rationnellement formulée. La question amazigh est désormais inscrite dans une problématique générale articulant histoire, identité, culture et développement. De ce fait, il a permis des convergences et des jonctions avec plusieurs segments de la société civile en gestation. Il est clairement apparu que le combat pour la réhabilitation de tous les éléments constitutifs de l’algérianité est indissociable du combat pour la construction d’un Etat moderne et la mise en place d’un système politique démocratique. Pour tout cela, le printemps berbère de 1980 a été un moment historique fort. D’ailleurs, le pouvoir, en plus de la répression physique, réagira très vite sur plusieurs registres. Il organisera, par exemple, une saisie discrète et minutieuse de tous les livres de Mammeri, Yacine, Marx, Lénine et inondera les librairies de publications de prédicateurs et autres « douktours » intégristes. Il apportera un soutien direct aux activistes islamistes dans les campus et cités universitaires afin de contenir le mouvement estudiantin libre. L’assassinat de Kamel Amzal est malheureusement l’un des résultats de cette stratégie.

-  Quel regard peut-on porter sur le chemin parcouru, 30 ans après ?

Le printemps berbère a rallumé la flamme du militantisme, en veille depuis le mouvement national. Il a produit des idées et des problématiques en rupture avec les canons de l’idéologie officielle. Il a brisé le mur de la peur et du silence. Il a ébranlé la dictature et ouvert la voie de la contestation publique. Trois décennies après, tout s’inverse. L’espoir a laissé place au désenchantement et la passion à la lassitude. Le désengagement politique et le desséchement intellectuel ont atteint un niveau inquiétant.

-  Selon vous, à quoi ce désengagement est-il dû ?

Il y a d’abord cette double pression intolérable qu’exercent le pouvoir par le haut et l’islamisme par le bas. Le champ dans lequel devait se construire l’alternative politique au système en place est pris en étau par ces deux autoritarismes. Il y a ensuite l’irruption de la violence dans ses formes les plus abjectes. L’insécurité et l’usure d’un côté et l’irrésistible attrait de la mangeoire de l’autre ont réussi à casser tous les ressorts de la société. L’indifférence, voire la complicité de la communauté internationale et l’arrivée ou plutôt le retour de Bouteflika au pouvoir ont accentué et accéléré ce phénomène de déconstruction politique et sociale. Il ne reste que l’émeute pour se faire entendre. Un mode d’expression que le pouvoir favorise particulièrement car relevant du registre du protopolitique. C’est-à-dire ne menaçant en rien la nature du système.

-  Vous parlez de déconstruction politique et sociale. Comment le système Bouteflika a-t-il réussi, en une dizaine d’années, cette déconstruction ?

Bouteflika est revenu au pouvoir dans des conditions particulières qu’il est inutile de rappeler. Son caractère et sa démarche versatile ont créé une confusion indescriptible et trompé presque tout le monde. Par ailleurs, le début de son règne a coïncidé avec une stabilisation du prix du baril de pétrole à un niveau élevé, le retour d’une forte pluviométrie et les attentats qui ont ciblé les USA en septembre 2001. La simultanéité de ces trois facteurs exogènes a constitué pour lui l’occasion inespérée de s’émanciper vis-à-vis des éternels « faiseurs de rois » et de procéder à un remodelage du système à sa convenance. D’un mode centralisé sous la forme de cercles concentriques avec l’institution militaire comme noyau, on est passé à une configuration éclatée en plusieurs sphères de pouvoir dont l’institution présidentielle représente le centre de gravité. On est vite tentés de voir là un passage de relais forcé ou négocié des militaires aux civils. Il n’en est rien. En fait, c’est juste un partage des territoires. Cette configuration éclatée ne peut être viable et fonctionnelle que si elle est légitimée par les structures traditionnelles à solidarité primordiale. Ce qui explique, en partie, l’irruption des tribus à l’Est, des zaouïas à l’Ouest et des archs en Kabylie. Jamais les conflits communautaires n’ont été aussi nombreux ni aussi exacerbés. L’exemple du M’zab est à cet égard caractéristique.

-  Vous faites référence au phénomène de la corruption, dont on connaît aujourd’hui l’ampleur…

Oui. Les dignitaires du régime eux-mêmes reconnaissent que la corruption a atteint des seuils intolérables et qu’il est temps d’y mettre un terme. Il paraît que le Président a instruit dans le sens d’une lutte implacable et sans merci contre ce fléau. Je voudrais faire deux remarques à ce propos. La première concerne cet intérêt subit pour la lutte contre la corruption. Qui peut croire une seule seconde à la sincérité d’une telle posture quand on sait que la presse indépendante est sous haute surveillance, la justice aux ordres et l’opposition réduite au silence ? On ne peut rien faire en l’absence de contre-pouvoirs reconnus. Les récents scandales étalés sur la place publique ne sont en fait que l’expression d’une guerre de clans par déballages interposés. La seconde remarque a trait au phénomène lui-même. Nous ne sommes pas face à une pratique marginale en écart avec la règle légale. Nous sommes plutôt en présence d’un véritable mode d’accès à la rente, en harmonie parfaite avec la nature du système. Le nouveau code des valeurs qu’on tente d’imposer dans l’imaginaire social repose sur un double postulat : la combine comme voie par excellence d’enrichissement et la proximité avec le pouvoir comme unique garantie d’ascension sociale.

-  L’Algérie est-elle donc condamnée à reporter éternellement sa transition démocratique ?

Il serait intéressant de s’interroger sur la nature exacte des obstacles à la transition démocratique dans notre pays. S’agit-il d’une spécificité liée à notre histoire ou de quelque pesanteur inhérente à notre culture ou à nos structures sociales ? Quel est le poids du système politique actuel dans cette résistance au changement ? L’état de sous-développement de notre économie ou encore l’Islam sont-ils des forces d’inertie ? Pourquoi la communauté internationale pratique-t-elle le régime de deux poids, deux mesures en imposant le respect des droits de l’homme aux uns et en accordant des dérogations aux autres ? L’abandon du terrain religieux aux islamistes avec leurs interprétations étroites et l’opposition entretenue entre Islam et démocratie par certains prétendus libéraux ont été très dommageables à la cause démocratique. Il n’y a pas de voie royale pour la transition démocratique. Chaque peuple puise dans ses ressources historiques, philosophiques, culturelles, religieuses, sociologiques et autres les constituants et matériaux nécessaires à la réalisation d’un destin collectif. Il n’y a pas de théorie générale en la matière. Si la responsabilité incombe au pouvoir, elle est aussi celle de la société. Il y a un grand effort à faire sur soi si on veut prétendre à des lendemains meilleurs. Il faut réinventer le militantisme par une reprise des luttes quotidiennes autour de questions concrètes. Comme il est tout aussi impératif de repenser de façon sérieuse le rapport entre les principes et les contraintes pour ne sombrer ni dans un idéalisme stérile ni dans un compromis diluant. Pour terminer, je voudrais saisir l’occasion qui m’est offerte, en cette journée du 20 avril, pour rendre un hommage particulier à des militants qui nous ont quittés. Je demande à tous d’avoir une pensée pour Matoub Lounès, Berdous Maâmar, Rachedi M’hamed, Bacha Mustapha, Boukrif Salah, Zadi Farid, Naït Haddad Mohand Ourabah et Belache Elhacène.

|Bio express

- Né le 14 décembre 1959, Djamel Zenati est titulaire d’un DES en mathématiques. Son parcours de militant, il l’entame très tôt à l’université de Tizi Ouzou où il fonde la première organisation estudiantine indépendante de l’UGTA. Syndicaliste, il est également l’un des animateurs les plus en vue du MCB. Arrêté le 20 avril 1980, il est le plus jeune détenu du fameux groupe des 24. En août 1980, Djamel Zenati participe activement au séminaire de Yakouren durant lequel il fonde, avec d’autres activistes, le groupe musical contestataire Debza. En mai 1981, il participe aux événements de Béjaïa. Arrêté par les services de sécurité, il écope de 4 ans de prison, mais il est libéré au bout de 8 mois de détention à Constantine. A partir de 1992, « un rapprochement objectif » se fait avec le FFS. Pendant le boycott scolaire, il est désigné porte-parole de l’une des ailes du MCB. Il est également l’un des principaux négociateurs avec le gouvernement Sifi. En 1997, Djamel Zenati est élu député sur une liste FFS, même s’il avoue n’avoir jamais été militant de ce parti. Pendant la présidentielle de 1999, il est directeur de campagne d’Aït Ahmed dont il devient, par ailleurs, conseiller politique. Il ne prendra ses distances avec le FFS qu’en 2002, après la décision du parti de prendre part aux élections locales.|

Par Djamel Alilat

Le peuple amazigh, communément appelé berbère, est le premier connu sur toute l’étendue de l’Afrique du Nord et du Sahel. Son territoire s’étend de la mer Méditerranée au nord au Burkina Faso au sud et de la Mauritanie à l’ouest à l’oasis de Siwa (sous administration égyptienne) à l’est. Il faut ajouter à ce vaste espace les îles Canaries, actuellement espagnoles.

La position géostratégique de cette partie du monde a entraîné la convoitise des différentes puissances à travers les siècles. Tamazgha (Berbèrie) a eu à subir de nombreuses conquêtes dont la première, phénicienne, remonte à 1110 avant J.-C. Quatre siècles durant, les Romains ont mené une politique de colonisation avant d’être remplacés, pendant un siècle, par les Vandales puis par les Byzantins durant un autre siècle.

L’affaiblissement de ce dernier empire a profité aux Arabes qui, après 70 années d’âpres luttes, se sont imposés par l’Islam. Cette contrée n’a pas non plus échappé à la voracité des Ottomans qui n’ont pas eu beaucoup de peine à s’y installer après avoir été sollicités pour une aide contre les incursions européennes.

Le 5 juillet 1830, la puissance française débarque près de la capitale et mène une politique coloniale des plus injustes pendant 130 longues années. Près de huit années de guerre ont été nécessaires pour aboutir, en 1962, à l’indépendance.
L’amazighophonie dans le monde

Aujourd’hui, on estime que le tamazight est parlé par 20% à 30% des Algériens, et 40 à 50 % des Marocains. Le nombre des Touaregs est estimé à 1 000 000 et il faut compter avec les 50 000 Tunisiens amazighophones ainsi que les populations de Libye dont nous n’avons aucune estimation. Il s’agit bien entendu de chiffres approximatifs vus, probablement, à la baisse. Il n’y a eu, en effet, aucun recensement linguistique(1) dans les pays d’Afrique du nord qui continuent de nier, malgré quelques petites avancées, le fait amazigh. Il faut aussi souligner que toutes les zones amazighophones sont aujourd’hui situées dans les montagnes ou le sud, qui correspondent aux zones de retraite après les diverses batailles livrées contre les occupants successifs. Vivant sur des territoires pauvres, les Imazighen (Berbères) ont été contraints d’émigrer, ce qui explique la très forte diaspora à travers le monde (principalement en Europe).

C’est ainsi qu’actuellement en France, Le berbère est l’une des langues les plus répandues après le français.

L’amazighophonie en Algérie

L’amazighophonie occupe aujourd’hui un espace discontinu en Algérie. La langue arabe a, par phénomène de substitution, occupé des territoires de plus en plus grands. Déjà au début du XIe siècle, les Banu Hillal (Arabes chassés de Haute Egypte) ont subrepticement imposé l’arabe comme langue savante. Les Almohades (royaume amazigh) les avaient, en effet, utilisés comme scribes, une fonction très valorisante à l’époque. Langue du Coran, la langue arabe a toujours bénéficié du caractère sacré, un statut qui lui a permis de gagner du terrain sur la langue amazigh, profane et sous-valorisée. C’est ainsi que des régions encore totalement amazighophones au début du XXe siècle, à l’exemple de la Kabylie des Babors, sont actuellement complètement arabisées.
L’arabe, présenté comme l’alter-ego du français par le Mouvement national algérien et comme langue unifiante du monde arabe, a été indécemment instrumentalisé politiquement. Seule langue apte à procurer un statut social, elle a fini par mettre en péril la langue première de l’Afrique du Nord, le tamazigh. Malgré tout, on retrouve encore des pôles importants d’amazighophonie : la Kabylie, les Aurès, le M’zab et le pays touareg. D’autres territoires beaucoup plus petits tels que le Chenoua (région de Tipaza, à l’est d’Alger) ou les Zenata dans la région d’Adrar continuent de survivre dans un environnement franchement hostile. Cette population berbérophone est très approximativement estimée à six à huit millions d’individus.
Quelques particularismes des régions amazighophones algériennes

Chaque région amazighophone a eu son propre parcours. La Kabylie, géographiquement proche de la capitale, a bénéficié, très tôt, des apports de l’école française. Région montagneuse et pauvre, elle a été et est encore, dans une moindre mesure, un réservoir d’émigration vers l’Europe et notamment la France. Pour ces raisons, la francophonie est fortement implantée et les valeurs dites universelles ont une réalité sociale. Frondeuse et fortement revendicatrice, la Kabylie a été — et demeure — un foyer de contestation politique.
Le pays aurésien est également une région montagneuse et pauvre. Menant une vie pastorale, les Chaouis (Aurésiens) ont peu émigré et ont été injustement très souvent raillés avec pour conséquence une forte insécurité linguistique. Le mouvement islahiste (mouvement islamique des années trente) y a eu un très fort impact, expliquant une tendance à l’arabisation et à la pratique religieuse. La jeunesse a, depuis les années quatre-vingt, pris conscience du fait amazigh et a créé son propre mouvement, le Mouvement culturel amazigh (MCA). Le pays chaoui rejoint ainsi la Kabylie dans la revendication identitaire.
Le M’zab est caractérisé par une particularité religieuse, l’ibadisme, un courant religieux fondamentaliste musulman, officiel dans le seul sultanat d’Oman et partout ailleurs fortement minoritaire. Cette spécificité a longtemps été à l’origine d’un repli sur eux-mêmes, d’autant qu’ils subissaient et continuent de subir une absolue intolérance de la part des autres musulmans (de nombreux événements sanglants ont lieu épisodiquement). Commerçants discrets et pacifiques, les Mozabites se sont très peu impliqués dans la vie politique. Ce n’est qu’à partir des années quatre-vingt que la jeunesse mozabite a commencé, timidement, à s’intéresser à la question amazigh.
Le pays touareg est, lui, très loin des centres de décision politique (2000 km d’Alger). Nomades, les « hommes bleus » ont pour la plupart peu fréquenté l’école et ont, conséquemment, gardé toutes leurs traditions. Leur dialecte, pour avoir peu emprunté aux autres langues, est perçu comme un réservoir linguistique pour la construction d’une langue amazigh normativisée. Une petite élite a rejoint depuis quelque temps le mouvement revendicatif berbériste du nord algérien. Les petits îlots amazighophones (Chenoua et ksour) n’ont pas de spécificité particulière, sinon qu’elles, aussi, sont impliquées, aujourd’hui dans ce même mouvement de contestation culturaliste même s’il reste encore discret.
Le fait amazigh et la politique d’arabisation en Algérie

Les vicissitudes de l’histoire ont fait qu’aujourd’hui, l’amazigh est réduite au rang de langue dominée. Etat centralisateur de type jacobin, l’Algérie appréhende le tamazight comme facteur pouvant porter atteinte à l’unité nationale. Tout droit à la différence, toute diversité linguistique sont perçus comme éléments pouvant déstabiliser les institutions établies. La langue amazigh sera considérée comme dialecte local, avec toute la connotation négative que cela suppose, et l’arabe littéraire aura statut de langue nationale et officielle avec tous les honneurs que cela implique, c’est-à-dire l’octroi de tous les moyens matériels et humains nécessaires à son épanouissement et à sa diffusion.
Le tamazight sera, dès lors, confiné à l’usage domestique et perçu comme instrument de communication de l’inculte, développant ainsi chez les berbérophones une « insécurité linguistique » profonde. Nombre de berbérophones parleront, dès lors, l’arabe ou le français en présence d’un étranger. Hégémonique, voire impérialiste, la langue arabe devient valorisante du fait qu’elle procure un statut social par le biais d’une carrière professionnelle ou politique. Le tamazight, non reconnu institutionnellement, sera voué à la disparition car jugé inefficace au plan économique. L’arabe va devenir la « langue ambassadrice » tandis que le tamazight sera destiné à la consommation locale.
Cette hégémonie de l’arabe est en fait liée à son imposition par l’Etat qui en a fait un instrument de pouvoir. Une politique de généralisation de la langue arabe a, pour cela, été instituée et des campagnes d’arabisation ont été mises en place durant de nombreuses années. Tous les travailleurs qui ne participaient pas au cours obligatoires dans les administrations et usines étaient sanctionnés. Tout travailleur qui ne pouvait justifier d’un niveau de maîtrise de la langue arabe ne pouvait prétendre à un avancement professionnel. C’est dire tout l’acharnement pour imposer la langue arabe littéraire au détriment des langues du peuple (tamazight et arabe algérien) et de la langue du travail, le français.
Malgré tout, la langue amazigh n’a rien perdu de sa vitalité. Au contraire, toute tentative de l’Etat pour « désamazighiser » l’Algérie s’est soldée par un raffermissement de la lutte pour imposer le fait amazigh.

Le mouvement de revendication et le printemps amazigh

La première prise de conscience identitaire et linguistique remonte au début du siècle avec les écrivains autochtones de langue française. Ces derniers ont osé par leurs écrits (apologie de la civilisation et de la langue berbère) entrer en subversion face à la France « civilisatrice ». Le mouvement nationaliste, dans toutes ses composantes, n’a lui-même pas laissé le moindre espace à ces langue et identité millénaires. Dès les années vingt, les milieux nationalistes opposent, par mimétisme, la nation algérienne à la nation française, la langue arabe à la langue française et l’Islam au Christianisme. Le sort de l’amazighité (berbèrité) est dès lors scellé. Il n’y a plus de place à l’identité, culture et langue amazighes. On n’hésite d’ailleurs pas à éliminer tous les militants qui refusent de se couler dans le moule arabo-islamique.
Pourtant, dès les années quarante, le discours revendicatif en matière de droit linguistique et identitaire devient explicite (crise dite berbèriste de 1949 : pour la première fois, des militants du mouvement national ont revendiqué la dimension amazighe du peuple algérien). La contestation (politique et culturelle) mise au placard durant la guerre de libération reprendra dès les première années de l’indépendance, d’autant que le clan favorable à l’Orient avait pris les rênes du pays par la force (l’armée des frontières algéro-marocaines s’était ménagée et préparée pour ce faire).
D’abord culturelle, avec les cours tolérés de tamazight dispensés par Mouloud Mammeri (écrivain et professeur d’université d’origine kabyle, considéré comme le père spirituel du mouvement culturel berbère), la revendication s’est rapidement politisée. Il y a eu bien entendu l’apport indéniable de l’Académie Berbère malgré ses quelques excès. En 1975, il y a eu l’affaire dite des « poseurs de bombes ». Un groupe de jeunes kabyles, dont des universitaires, avaient, en effet, déposé de nuit dans des lieux symboliques (imprimerie d’Etat) des explosifs de faible puissance. Arrêtés, ils sont condamnés à de lourdes peines (perpétuité). 1978 aura été le redémarrage de l’activité politique clandestine. De jeunes cadres ont décidé de redonner vie à un parti (Front des Forces Socialistes) qui avait pris les armes en 1963, en Kabylie, contre un pouvoir autocratique. Ce sont précisément ces mêmes militants qui encadreront les événements de Tizi- Ouzou (Kabylie) de 1980, dits Printemps amazigh.
Mouloud Mammeri, invité par la communauté universitaire de Tizi-Ouzou pour une conférence sur la poésie kabyle ancienne s’est vu interdit de parole par les autorités politiques locales. Il n’en fallait pas plus pour que s’organisent des manifestations de rue qui ont pris rapidement des allures d’insurrection. Les étudiants et travailleurs de l’université, de l’hôpital et des unités économiques se sont mis hors-la-loi et ont décidé de placer leurs structures respectives en autogestion. Durant deux semaines, l’Etat s’était totalement effacé avant d’intervenir brutalement avec la prise d’assaut de l’université et de l’hôpital, les deux foyers où s’organisait la lutte.
Cette intervention musclée (Opération Mizrana) s’est soldée par des centaines de blessés et de nombreuses arrestations. Vingt-quatre responsables (médecins, professeurs d’université, étudiants et autres travailleurs) ont été déférés devant la Cour de sûreté de l’Etat avec comme chef d’accusation « organisation clandestine visant au renversement du gouvernement, intelligence avec l’étranger » passible de la peine capitale. Loin de pacifier la Kabylie, cette répression a entraîné un mouvement pré-sécessionniste. Les gouvernants ont été, dès lors, amenés à libérer les détenus avec pour effet immédiat une baisse de tension.
La contestation va pourtant se massifier et la prise de conscience s’amplifier. Les populations amazighophones (principalement kabyles) entrent dans un cycle alternant acquis et répression. Ainsi, petit à petit, le peuple autochtone mordille dans l’édifice arabo-islamique et réussit, grâce à sa ténacité, à maintenir des pressions sur un pouvoir qui n’a pas d’autre choix que de céder, par moment, face à cette détermination pacifique.


Le Mouvement Culturel Berbère est né avec ses principales revendications qui se résument en
1- démocratie et liberté d’expression ;
2- enseignement des langues populaires : tamazight et arabe dialectal. Dans un deuxième temps, ce mouvement exigera le statut de langue nationale et officielle de la langue amazighe. L’ouverture du pays, avec l’instauration du multipartisme (1989), a donné beaucoup d’espoirs trop vite déçus. Le MCB organise, alors, une marche pacifique qui a drainé plus d’un million de personnes à Alger en 1990. Résultat, deux départements d’enseignement de langue amazighe sont ouverts en Kabylie. Ces deux structures universitaires ont eu le mérite de former les premiers magisters de langue amazighe. Puis, de nouveau, silence. Cette organisation va appeler en 1994 à la « grève du cartable » pour exiger l’enseignement du tamazight.
Cette année va se solder par une année blanche pour tous les écoliers, lycéens et universitaires kabyles. Le pouvoir cède une fois de plus. Cette grève de cours aura permis l’introduction, certes timide, de l’enseignement du tamazight dans les structures éducatives de l’Etat. Il fut également mis en place un Haut commissariat à l’amazighité (HCA), institution rattachée la présidence de la République, chargée théoriquement de promouvoir, diffuser et démarrer l’enseignement de la langue berbère. En fait, une institution d’« intégration/récupération », qui n’agira que timidement, les moyens réels n’ayant jamais été mis à la disposition de ses responsables. Huit années après, son impact reste très limité. Les moyens humains, matériels et financiers qui lui sont octroyés ne permettent guère que l’organisation de quelques colloques scientifiques ou rencontres culturelles.
C’est également le cas du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de Tamazight (CNPLET), un centre de recherche chargé, entre autres, d’aménager la langue amazighe. Une structure, de fait, mort-née puisque sa mission était déjà caduque à sa création. Rattaché au ministère de l’Education nationale et non au ministère de l’enseignement supérieur, le CNPLET, la recherche, qui est sa principale activité, lui est interdite.
Et puis, ces promesses électorales du président de la République concernant la création d’un Conseil Supérieur à l’Amazighité et d’une Académie Amazighe. Promesses réitérées par le président de la République durant deux campagnes présidentielles consécutives mais jamais tenues.
Le statut de l’enseignement du tamazight a toutefois évolué. Les départements sont devenus instituts à part entière et les premières « vagues » de licenciés sont déjà en poste. Il faut, toutefois, relativiser ces succès puisque le nombre d’élèves ne cesse de diminuer, les autorités administratives exerçant de fortes contraintes (exigence d’une autorisation paternelle, refus d’enseignement du tamazight par certains chefs d’établissement, absence de perspectives professionnelles…). Afin d’internationaliser leur lutte pour « l’égalité linguistique », les mouvements algérien, marocain, libyen mais aussi de la diaspora se mobilisent et créent dès 1994 le Congrès mondial amazigh (CMA) qui participent depuis (malgré les inévitables divergences qui existent en son sein) à la quasi-totalité des rencontres, colloques et autres regroupements organisés par l’ONU et les structures para-onusiennes ainsi que celles des organisations chargées des droits de l’homme.
Le mouvement social de Kabylie dit « Printemps noir » et le statut de langue nationale

L’assassinat d’un jeune lycéen dans un village de Tizi-Ouzou (haute Kabylie) par un gendarme (avril 2001 correspondant au vingt-et-unième anniversaire du Printemps amazigh ) au sein- même de la gendarmerie, va entraîner cette région dans une tourmente qui se soldera par une hécatombe. 123 jeunes mourront sous les balles des gendarmes et des centaines d’autres resteront handicapés à vie. Dès après le meurtre de ce lycéen, se sont organisées d’une manière spontanée de gigantesques manifestations. Au même moment, la gendarmerie torturera un autre jeune dans un village de Béjaïa (Petite Kabylie). Tout fait donc penser à une provocation réfléchie en haut lieu, d’autant qu’ordre a été donné à ce corps d’élite de tirer à vue. Des enfants à peine adolescents ont été abattus dans le dos par balles explosives (certificats médicaux, photographies, bandes vidéo, témoignages écrits et sonores… à l’appui).
Le mouvement Aârch (confédération de tribus) s’organise et se structure. Chaque village et chaque quartier de Kabylie désignera ses délégués pour les représenter au niveau des coordinations où se prennent les décisions. Indépendamment des manifestations quasi-quotidiennes organisées localement, il fut décidé une marche à Alger. 500 000 à un million de personnes (selon les sources) ont fait le déplacement. L’Etat va, une fois de plus, recourir à la répression. Des incendies, et destructions de biens publics et privés sont perpétrés, dit-on, par des forces de sécurité, pour soulever la population algéroise à qui les pouvoirs publics ont fait appel pour défendre leur capitale. Ont suivi de nombreuses arrestations qui n’ont en rien freiné la fougue des jeunes kabyles.
Au contraire, le mouvement social s’amplifie et des comités de solidarité voient le jour dans les Aurès et dans l’Algérois. Les nombreuses rencontres (dites conclaves) aboutiront à la rédaction d’une plate-forme reprenant globalement les revendications du MCB ainsi que quelques autres plus syndicales que politiques.
Devant l’ampleur du mouvement, le gouvernement algérien va faire entériner la décision du président de la République, octroyant à la langue berbère le statut de langue nationale pour amener un apaisement, la force brutale n’ayant pas eu les effets escomptés. Pourtant, ce nouvel acquis n’a rien changé. Aucune obligation faite à l’Etat par ce nouveau statut n’a été honorée. Tamazight, comme langue, reste le parent pauvre de la politique linguistique algérienne. Aucun budget spécial n’est venu réparer, un tant soit peu, cette injustice historique. L’enseignement qui est dispensé dans certains cycles et quasiment dans la seule Kabylie (foyer de contestation) reste sans effet puisque sans dividende matériel et/ou symbolique.
Il faut compter aussi avec les tentatives permanentes de diviser le maigre corps enseignant et les élèves sur le choix de la transcription (arabe, tifinagh ou latin) alors que la communauté amazighophone (pour le moins kabylophone qui regroupe le plus grands nombre d’élèves) a tranché en faveur de l’alphabet latin. En effet, la quasi totalité de la communauté amazighophone (locuteurs et universitaires), HCA et MCB ont opté pour le caractère latin. Si des arguments « scientifiques » ont été avancés par les deux premiers acteurs, le MCB justifie son choix par des raisons idéologiques. Il s’agit pour ses militants de choisir un « camps », celui de l’universalité. L’option du tifinagh au Maroc n’a pas eu d’impact sur l’Algérie dont la mesure où ce choix est perçu comme une volonté de la monarchie d’aller vers un compromis entre les « arabisants » et les « francisants ». Le caractère archaïque de cet alphabet (consonantique et sans cursive) ne peut, a vrai dire, permettre une bonne évolution à la langue. Seul l’effet nostalgique est pris en compte en Algérie, raison pour laquelle il est fréquent de rencontrer des écriteaux dans cet alphabet en Kabylie et dans les Aurès.


La constitution algérienne et la question amazighe

La constitution de 1976 aura été précédée par un « show médiatique » exceptionnel. La parole a été donnée au peuple dans les nombreuses rencontres organisés par les autorités à travers tout le pays. Finalement, la montagne aura accouché d’une souris. Rien n’a été pris en compte et les gouvernants reconduiront, cette fois-ci constitutionnellement, l’idéologie arabo-islamique. Les services secrets algériens auront fait une belle moisson puisque ces débats leur ont permis de repérer tous les défenseurs de l’amazighité. La première révision constitutionnelle aura lieu en 1989, alors que le régime commençait à s’essouffler. S’il est fait référence au passé numide (berbère) dans son préambule, cette loi fondamentale va re-consacrer le caractère islamique et arabe de l’Algérie.
Il faut attendre la révision constitutionnelle du 28 novembre 1996 pour voir apparaître pour la première fois le terme amazigh. L’identité algérienne a été revue et corrigée puisqu’il est dit (dans le préambule, en caractère gras) que ses composantes fondamentales sont islamiques, arabes et amazighes. Il faut préciser, néanmoins, qu’aucune loi ne reprend dans le corps du texte cette dernière composante. Les événements du Printemps noir auront eu pour conséquence d’inclure en 2002 un article (3bis) accordant à la langue tamazight le statut de langue nationale. Un statut purement symbolique dont le seul but était de calmer les esprits. Trop tard, beaucoup de sang avait coulé. Cet acquis qui aurait été accueilli comme un plein succès en d’autres temps est passé inaperçu, la facture ayant été trop chèrement payée.
2003, l’année des extrêmes

L’année 2003 aura été à la fois l’année de la plus grande répression contre les populations civiles mais aussi celle des plus grandes avancées en matière d’amazighité. La détermination du mouvement aârch a contraint le pouvoir à accepter des négociations avec ses délégués sur la base d’une plate-forme portant des revendications difficilement concevables en d’autres temps. C’est ainsi qu’il est demandé explicitement, en plus des revendications habituelles du MCB (tamazight, langue nationale et officielle), le départ du corps de la gendarmerie de Kabylie.
Une demande satisfaite en partie puisque de nombreuses brigades ont, pour un temps, quitté leurs casernes. Il faut préciser que le pouvoir n’a fait que louvoyer durant toute l’année en accordant le dialogue à des faux représentants appelés par dérision, « délégués taïwan ». La pression sur les pouvoirs publics a abouti aussi à la libération des prévenus ainsi que, comme nous l’avons dit plus haut, au statut de langue nationale pour le tamazight. 2003 est également l’année qui précède les élections présidentielles (qui auront lieu au printemps 2004), ce qui explique l’inhabituelle volonté de l’Etat d’arriver à une solution négociée au plus tôt. Tout est donc fait pour accélérer le processus et certains délégués étaient déjà acquis au projet du chef du gouvernement chargé par le président de la République du « dossier kabyle ».
D’autres délégués tiennent à faire adopter, en l’état, la plate-forme dite scellée et non négociable. Le mouvement social, dans sa deuxième composante, a appelé, en effet, au boycott des élections législatives et des élections locales en Kabylie.
Un boycott largement suivi par les populations

C’est ainsi que certains députés ou maires ont été élus avec moins de 10 voix et ont siégé, malgré tout, dans les institutions. Malgré l’exigence du départ de ceux qu’on appelle, dès lors, les « indus-élus », le pouvoir fait la sourde oreille et prétexte que la loi n’a pas prévu de seuil minimum en matière de voix . Le mouvement se retrouvera, rapidement, à la croisée des chemins. La scission qui existe en son sein (dialoguistes et non dialoguistes) l’aura largement affaibli et le pouvoir exploitera une situation avec le résultat que lon sait.
2003 a été aussi marqué par l’organisation du troisième séminaire du MCB. C’est en juillet que le Mouvement culturel berbère (jusqu’à présent sans existence légale) s’est doté d’une plate-forme idéologique et pris la décision d’aller vers un premier congrès (les circonstances n’ont pas permis de le tenir à ce jour). Si le troisième séminaire s’est déroulé en Kabylie pour des raisons pratiques (seul lieu où l’organisation ne pose pas de gros problèmes), il faut souligner les fortes délégations des Aurès, M’zab, Chenoua. Un message a été également envoyé par les Touaregs qui n’ont pu se déplacer. Vents chaud et glacial auront tour à tour soufflé en 2003 sur une Kabylie qui continue de courir éperdument après la paix.

Conclusion

Nous avons vu combien est complexe le règlement de la question amzigh dans un pays fortement centralisé et fonctionnant sur l’unité de pensée. Nous avons également compris que les acquis sont toujours le résultat d’âpres luttes et qu’ils ne sont jamais irréversibles. Quand bien même le statut de langue nationale (article 3bis de la constitution) était respecté par le pouvoir, la langue tamazight ne peut véritablement s’épanouir sans le statut de langue officielle, tout au moins dans les zones du pays où existe une forte demande sociale. Un statut de co-officialité (avec l’arabe) qui reste, malheureusement, incompatible avec l’actuel Etat-nation. Un Etat (plus jacobin encore que celui de son concepteur, la France) qui, par nature, est intolérant et par conséquence injuste. En vérité, la réponse aux problèmes identitaire, culturel et linguistique, en Algérie, réside dans le changement de la nature de l’Etat. Seul un mode d’administration de la nation qui accorde des espaces d’autonomie à chaque région (Etat unitaire régionalisé) peut apaiser une situation tendue et porteuse de dérives que les populations et le Mouvement culturel berbère ont su, jusqu’à présent, éviter.

M. L. : Universitaire
Une version plus courte de ce texte a été publiée dans The indigenous world 2004 (IWGIA / ONU)
(1) En 1966, le recensement algérien mentionne la composante berbère, mais il est entaché de nombreuses irrégularités.

Source : elwatan.com

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Mohand Akli Haddadou, écrivain, spécialiste de la question berbère au Midi LIbre
«Toute nouvelle institution servant la langue et la culture berbères est la bienvenue»
17 Avril 2010

Mohand Akli Haddadou est docteur d’Etat en linguistique berbère, il enseigne à l’université de la lexicologie berbère. Il est l’un des spécialistes reconnus dans le domaine amazigh. Auteur de plusieurs publications, Mohand-Akli Haddadou a même fait des incursions en islamologie. Il a publié, entre autres ,«Guide de la culture et de la langue berbères», «Défense et illustration de la langue berbère», «Les Berbères célèbres», «L’interprétation des rêves dans l’islam» et «Le Coran et les grandes énigmes de l’univers».

Midi Libre : 30 ans sont déjà passés depuis le Printemps berbère. Quel est l’état des lieux de la revendication berbère en Algérie ?


Mohand Akli Haddadou : La situation a beaucoup changé. Les événements d’avril 1980 ont non seulement fait évoluer la question berbère en Algérie et, d’une façon générale au Maghreb, mais hâté le processus de démocratisation dans notre pays. Octobre 1988 a été – bien qu’on ne le reconnaisse pas toujours- une conséquence de ce mouvement. Bien sûr, les acquis ont été longs à venir et, en 1985, pour soutenir mon troisième cycle de linguistique berbère à l’étranger, j’ai dû peiner pour obtenir mon autorisation de sortie. En 2003, j’ai soutenu un doctorat de linguistique berbère, en Algérie —c’est même le premier doctorat d’Etat en berbère soutenu en Algérie— et j’enseigne dans une université algérienne. Je dispose même, avec mes collègues, d’un laboratoire financé par l’Etat. J’ai fait soutenir une quinzaine de magistères et je fais préparer une dizaine d’autres. Ce témoignage personnel montre tous les efforts qui ont été faits, notamment depuis les années 2000, par l’Etat en matière de promotion de tamazight.

Tamazight a été introduite dans plusieurs domaines (médias, enseignement, audiovisuels…). Comment expliquez-vous sa non officialisation ?
L’officialisation de la langue berbère a toujours été l’objectif des militants, mais aussi de tous ceux qui tiennent à la survie de cette langue ancestrale. C’est l’officialisation qui permet l’utilisation et, dans les domaines de la vie quotidienne, d’une langue, notamment dans l’enseignement et l’administration. Le berbère, en Algérie, est aujourd’hui en position de semi-officialisation puisqu’il est introduit à l’école qui est, rappelons-le, pour utiliser une expression aujourd’hui banalisée, un ’’appareil idéologique de l’Etat’’. Personnellement, et en tant que linguiste, je suis pour l’officialisation de la langue, mais seulement après son aménagement, c’est à dire après l’avoir préparé à assumer par la modernisation de son vocabulaire les tâches qu’on veut lui faire assumer.

Que pensez-vous de la chaîne 4 de télévision algérienne dédiée à la culture amazighe ?
Toute nouvelle institution servant la langue et la culture berbères est la bienvenue. C’est une nouvelle tribune pour la langue et la culture il faut l’encourager. Des centaines de créateurs, jeunes et moins jeunes, cherchent des moyens d’expression: cette télévision doit leur donner l’occasion de faire valoir leurs talents.

Que doit-on à votre avis faire pour généraliser une langue nationale à l’ensemble du pays ?
Une langue se propage quand on la parle. Personne n’ignore que le berbère n’est que la langue d’une partie des Algériens, la majorité étant arabophone. Cela ne veut pas dire que ces Algériens ne sont pas des Berbères : ils ont pour des raisons historiques et sociologiques, perdu l’usage du berbère. Il appartient aux berbérophones de leur faire retrouver l’envie d’apprendre de nouveau le berbère et de se sentir pleinement berbères, tout en gardant les autres valeurs de l’identité algérienne, l’arabe et l’Islam, qui sont également partagées avec les berbérophones. Il est bon que des départements de berbère soient créés dans toutes les universités algériennes, notamment dans la capitale.

Comment expliquez-vous le manque de spécialistes ?
Aujourd’hui, les deux départements de berbère à Tizi-Ouzou et à Béjaia forment les futurs spécialistes. Déjà, près d’une centaine de magistères ont été soutenus et des dizaines d’autres sont en préparation. Mais les spécialistes de rang magistral manquent.

A votre avis quel est le facteur essentiel qui empêcherait la création de l’académie berbère ?
Cette académie dont on parle depuis plus d’une année existe dans les textes ainsi qu’un conseil supérieur de la langue amazighe. C’est sans doute une question de temps pour mettre les choses au point. Je ne pense pas qu’il y ait volonté d’empêchement, puisqu’il existe d’autres institutions chargées de la promotion du berbère.

Quel est le système d’écriture adéquat pour la transcription de cette langue, tifinagh, latin ou arabe ?
Au plan scientifique, une langue peut-être transcrite dans n’importe quel alphabet. Le persan, une langue indo-européenne est transcrit en caractères arabes, le maltais, une langue sémitique dérivée de l’arabe est transcrit en caractère latins. Il appartiendra aux utilisateurs de décider quel système employer. Beaucoup sont favorables au latin, certains à l’arabe, moi je pense qu’il ne faut pas négliger le tifinagh qui peut régler la querelle!

L’autre problème qui se pose est celui du parler. Que faire pour l’unification des dialectes ?
C’est l’usage qui va pousser vers la convergence des dialectes. L’école, la radio, la télévision, en unifiant le vocabulaire et les nouvelles terminologies, peuvent aider dans cette tâche.

Existe-t-il un lectorat amazigh ?
Il est encore faible. Il manque les habitudes de lecture. L’école pourrait aider à installer ces habitudes.

On assiste à un phénomène curieux : au moment où tamazight prend de plus en plus de place sur le plan politique, le nombre de berbérophones diminue. Qu’en pensez-vous ?
C’est le prix du progrès. Les berbérophones ne sont plus cantonnés dans leurs villages, et puis, ils sont de plus en plus en contact avec d’autres langues et d’autres cultures.
K. H.

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Chronique du jour : ICI MIEUX QUE LA-BAS
Tabou kabyle
Par Arezki Metref
arezkimetref@free.fr

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, combien en faut-il pour le faire ? La météo n’est pas terrible- terrible et le printemps ne sera pas berbère, comme il y a trente ans. Trop de nuages dans le ciel pré-chaotique… Eh oui, c’est le trentième anniversaire du Printemps berbère, pour ceux qui ne sont pas ou qui se refusent à être au parfum…
Vous savez les manifestations de 1980… la conférence de Mouloud Mammeri annulée par le wali… Les étudiants qui manifestent et puis cette mobilisation de toute la ville de Tizi-Ouzou, s’étendant à la Kabylie avant de gagner Alger… Ça prend tellement d’ampleur que le pouvoir décide de résoudre le problème de la seule manière qu’il connaisse depuis toujours : en envoyant l’armée ! … Ce faisant, il perd sur toute la ligne… Coups de baïonnette, arrestations, Cour de sûreté de l’Etat, tout cela n’a pas empêché que la consubstantialité entre revendication culturaliste et exigences démocratiques fassent leur chemin de concert, et que, fécondées et relayées par d’autres luttes, elles s’imposent dans le débat algérien d’aujourd’hui. Rien ne vient de rien. Ce qui est triste, c’est que le pouvoir continue de péjorer et de minimiser l’apport des ces manifestations pacifiques au basculement du débat politique algérien dans la modernité. Qui osait parler, avant que ça ne se libère en s’épanouissant, précisément avec le Printemps berbère, de droits de l’homme, de liberté de la presse, etc. ? Maintenant que c’est devenu banal, bien évidemment, tout le monde refait l’histoire en la resserrant bien dans sa petite lorgnette… Mais en ces temps-là, le « soutien à la direction révolutionnaire » était le credo et toute revendication qui contrariait la vision dogmatique des maîtres était forcément une de ces perfides menées de l’impérialisme… Ce qui est triste donc, ce n’est pas tant que le même pouvoir, perpétué par d’autres hommes reste enferré dans la même fixité d’idées mais qu’une sorte d’anti-berbérisme, bien que non formulé, fait appréhender, même parmi les intellectuels les plus… allez disons, les plus sympathiques, ce tournant de l’histoire algérienne comme une simple manifestation régionale lors de laquelle des Indiens supplièrent de pouvoir parler leur langue dans leur réserve… Erreur, ou pire, mauvaise foi… Le Printemps berbère est la première grande manifestation populaire dans l’Algérie indépendante à exiger autre chose que du pain. C’est la première fois que la population proteste aussi massivement, en interpellant frontalement le pouvoir. Rien qu’à ce titre déjà, c’est à graver… Sans compter que si on écoutait attentivement le message des revendications, on s’apercevrait sans peine de leur caractère national et démocratique. Ce qu’elles revendiquaient? Parbleu ! Les libertés individuelles et démocratiques, combats des sociétés modernes, verrouillées à l’époque par l’unipartisme du FLN et aujourd’hui par un pluralisme de façade… Rebelotte en 2001… L’Etat algérien, capturé par des clans, décide, après avoir obtenu grâce à des provocations avérées que la Kabylie se soulève, de faire la guerre à une partie du pays. Pour faire une guerre, il faut des armes de guerre, et on sait que les pandores ne s’en sont pas privés. Là aussi, c’est comme si la Kabylie se soulevait au nom de toute l’Algérie. Il suffit de prendre en compte la fameuse plateforme d’El-Kseur pour mesurer la portée politique nationale de ce qu’exigeait le mouvement citoyen. Mais une fois encore, le pouvoir joue sur du billard. Dès qu’il entend des pétitions de justice, de progrès, de démocratie, venant de Kabylie, il découvre un appui inespéré parmi ses plus virulents opposants. La détestation commune de la Kabylie est un ferment assez fort pour réunir dans la même chéchia pouvoir et opposition épidermique… Et avec ça, on vient dire qu’il n’y a pas de problème kabyle ! Mais si, il existe. Mais pas là où on veut le mettre. Il est dans la tête de beaucoup de responsables et de militants issus du nationalisme canal historique ou d’époque tardive. Sous les applaudissements de militants de la démocratie de troisième dimension, c’est-à-dire invisibles, le pouvoir a réprimé systématiquement les mouvements venant de Kabylie, au prétexte qu’ils seraient le fait de «la main de l’étranger» exactement comme l’administration coloniale stigmatisait le soulèvement révolutionnaire de 1954 comme une manœuvre du Caire et de Moscou. Hélas, ce n’est pas la seule similitude ! De même que le FLN en était venu à mettre en œuvre une radicalité anticoloniale claire et nette, en conséquence de la surdité coloniale aux souffrances des colonisés, le pouvoir algérien autoalimente l’exacerbation de l’intransigeance kabyle en alternant, dans la réponse aux questions nationales posées par la Kabylie, répression et ruse. Pas besoin de se cacher la face, il y a un problème kabyle. Sinon, il n’y aurait pas de solutions… L’ampleur que commence à prendre le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) est un symptôme de ce que la gestion manœuvrière de la revendication berbéro-démocratique par le pouvoir, en usant de la force, l’a poussé à se contraindre en question kabyle. Et ce n’est bien sûr pas en diabolisant encore une fois ce qui échappe au contrôle, qu’on réussira à relever les défis, résoudre les problèmes et apaiser le pays. Gouverner, c’est écouter… Le problème kabyle n’est ni ethnique, ni seulement culturel… Il est politique et démocratique. Il incarne tous les échecs du pouvoir. En ce trentième anniversaire du Printemps berbère, il est utile de rappeler les propos du général Giap qui disait du colonialisme qu’il était un mauvais élève, parce qu’il n’apprenait pas ses leçons. Il n’est pas le seul !

A. M.


11 septembre, 2007

Août 1962 : Naissance du terrorisme

Classé dans : — eldzayer @ 6:29

♣ Septembre 1962 : Entrée sur Alger des chars de Boumedienne.
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Proclamation du FFS 29 sept. 1963 - Texte Intégral.
La résistance du peuple algérien au coup de force constitutionnel a acculé le régime à découvrir son véritable visage. Les tenants du pouvoir ont recouru aux méthodes coloniales de corruption et de menaces les plus basses et les plus odieuses afin de bâillonner et de truquer la volonté populaire.

Le masque est tombé. La légende du Zaïm, du militant suprême, du super khalife a crevé comme un ballon de baudruche.

Par son abstention, encore plus massive, le peuple algérien a dit, le 15 septembre, un NON net et vigoureux au despotisme oriental et à ses instruments néofascistes.

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♣ Les larmes de crocod
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♣ Coup d’état du 19 Juin 1965

« Les mêmes forces qui ont installé le pouvoir qui était qualifié, avant le 19 Juin, de pouvoir socialiste, ce sont les mêmes forces qui ont pris leurs responsabilités le 19 Juin pour apporter un correctif…
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Qui mieux que Boumedienne lui-même de reconnaître que Ben Bella ait été ramené au pouvoir puis démis par les mêmes forces du clan d’Oujda dont faisait partie Bouteflika et Zerhouni.

Le terrorisme des années 90 n’est qu’une suite logique à celui de de l’année 62.

♣ Le syndrome de la nation algérienne : « Le Clan d’Oujda »

Si un célèbre adage prend toute sa mesure quand il s’agit d’évoquer l’épopée révolutionnaire du peuple algérien de 1954 a 1962, c’est bien celui là : la montagne qui accouche d’une souris.

Sans conteste, la révolution armée menée par le peuple algérien sous la conduite du FLN historique, de Ben Boulaid, Ben M’hidi, Zighout Youcef, Si Lakhdar, Boudiaf, M’hand Oulhadj, Krim Belkacem, Abane Ramdane, El Haoues, Grin Belgacem, Amirouche, Souidani Boujemaa et bien d’autres illustres martyrs qui ont été avalés par cette deferlante, subjuguant les nations et peuples jusqu’à les faire rêver, a bel et bien été trahie par ceux la même qui ont été désignés pour alléger, de l’extérieur (Maroc et Tunisie)les souffrances et sacrifices du peuple algérien en lutte ( maquisards, fedayin, militants et population civile) acculée par le fer et le sang à l’intérieur des frontières du pays, véritable enfer, nous voulons citer l’État major de l’ALN stationné à Oujda, ville marocaine frontalière avec l’Ouest algérien et supposée base arrière de la révolution.

L’État major, qui comprenait en son sein, le Mouvement Algérien des Liaisons Générales (M.A.L.G) avait à sa tête en 1958 la toute jeune recrue Mohamed Boukharouba, alias Houari Boumedienne officier sorti des écoles militaires égyptiennes et irakiennes. Quand à Mohamed Boussouf , décédé dans les années 1970 à la suite d’une longue maladie, il régnait en maître absolu par sa main mise sur l’appareil du MALG et faisait office de véritable parrain de Boumedienne, Kaid Ahmed , Kasdi Mebah, Medeghri, Cherif Belkacem, Zerhouni, Zerguini, Bouteflika et bien d’autres. Cette structure militaire (Etat major et MALG) connue plus tard sous le nom de Clan d’Oujda n’a jamais rempli la mission qui lui a été assignée : subvenir aux besoins en armement des wilayates, limitrophes notamment ( la V, la IV et la III) et contenir la propagande coloniale et les manipulations des services de contre-espionnage français (le SDECE). L’État major de Boumedienne et le MALG de Boussouf avaient une obsession et s’affairaient à éliminer physiquement tous les prétendants au pouvoir du prochain et futur État algérien indépendant. C’était ça leur job !

Les personnes citées plus haut étaient inconnus aux yeux du peuple algérien (dont l’actuel imposteur au pouvoir) fin connaisseur et hautement politisé. Dans leur plan machiavélique les responsables militaires d’Oujda et leurs acolytes, les « MALGaches » étaient loin d’être dupes et avaient écartés depuis longtemps la voie des urnes pour l’accession au pouvoir légitimement et légalement. La raison était simple : ils n’avaient aucune audience et aucune légitimité aux yeux du peuple algérien.

La seule voie qu’il leur restait, était la conspiration avec son lot de trahison, chantage, liquidation physique. Cette tare « originelle » qu’ils traînaient lourdement avec eux, a été à l’origine de quelques évènements dramatiques qui ont ébranlé les fondements de la révolution dont :
- l’assassinat de Abane Ramdane en 1957 par les hommes de Boussouf et de Boumedienne entre Tetouan et Oujda (Maroc) ;
- l’entrée en force à Alger en août 1962 des blindes de Boumedienne venus des frontières écrasant tout sur leur passage. Le geste honorable et patriotique du colonel Tahar Zbiri qui voulait intercéder à Sour El ghozlane pour persuader Boumedienne d’arrêter son avancée vers Alger et éviter ainsi la confrontation avec les troupes de la Wilaya IV du colonel Hassan (Khatib Youcef) n’a pas réussi dans sa mission et le Titteri (Berrouaghia, Sour El ghozlane, Ain Bessam, Tablat) a été la première région qui a vu le sang algérien couler après des combats fratricides. La responsabilité historique incombe au Clan d’Oujda qui était prêt à incendier toute l’Algérie s’il le fallait pour le pouvoir ;
La condamnation à mort en été 1962 de Mohamed Boudiaf véritable icône de la révolution par son frère de captivité à Frênes (France) Ahmed Benbella président de la republique grâce aux chars de Boumedienne et des hommes de Boussouf et ce, après la fameuse réunion de juillet 1962, regroupant à Tlemcen le clan et le « povre » Benbella qui a succombé aux avances des putschistes d’Oujda. Pour revenir à nos amis d’Oujda rappelons qu’ils usaient du chantage avec les forces politiques et militaires de l’intérieur du pays. Ainsi les commandos des Fedayin envoyés pour braver l’ennemi et transgresser les frontières pour ramener des armes et acheminer des instructions et des informations à l’état major, étaient lâchement assassinés par leurs « frères » d’armes basés au Maroc.

Pour Boumedienne sa destinée aurait été toute autre s’il n’avait été récupéré dès son jeune âge par la féodalité et le makhzen algérien. Son cheminement académique diffère de ceux des autres responsables politico-militaire du FLN/ALN. De formation arabophone (Medersa à Constantine, école coranique Zaitouna, école militaire en Égypte et Irak) il était imprégné surtout par l’idéologie réformiste de Mohamed Abdou et Djamal Eddin El Afghani et plus tard par le panarabisme baathiste et nassérien. En somme il était aux antipodes des idées partagées par les dirigeants historiques du FLN/ALN (groupe des 22) de formation francophone issus de l’immigration algérienne et forges par les luttes sociales liées a leurs conditions ouvrières ; ils avaient surtout une conception moderne progressiste de la future république sociale algérienne. Il fallait affranchir les gueux (la populace aux yeux des Bachagha) en citoyens libres et souverains. Le Clan d’Oujda et son héritier, le pouvoir actuel veulent déposséder le peuple algérien de tous ses acquis arrachés durant un processus de 132 ans et le livrer au capitalisme sauvage en l’état ou l’occupant ottoman l’avait livré pieds et mains liés à la horde coloniale un certain 5 juillet 1830 à Sidi Ferruch (Sidi Fredj).

Le Cercle des Républicains Auressiens

♣ Voir aussi

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