• Accueil
  • > Pourquoi le blé sétifien ne lève plus ?

2 octobre, 2010

Pourquoi le blé sétifien ne lève plus ?

Classé dans : — eldzayer @ 6:08

Image de prévisualisation YouTube 

Nous praticiens de l’EPSP de Bab El Oued, médecins, chirurgiens dentistes et la pharmacienne, nous portons notre soutien indéfectible à notre directrice, vu les améliorations portées sur tous les domaines; à savoir la prise en charge adéquate sur tous les domaines; prise en charge adéquate du patient avec la disponibilité de moyens tant matériels que thérapeutique concernant notre établissement, la considération du praticien en lui offrant tous les moyens de bord pour l’accomplissement de sa mission.

Jamais un staff administratif de ceux qui se sont relayés à la tête de notre établissement n’a été aussi intransigeant, stricte et vigilant sur les droits des travailleurs à savoir rappel, avancements etc…

A cet effet Monsieur le ministre, nous venons par cette motion signée par l’ensemble des praticiens réitérer le soutien à notre directrice pour son maintien à son poste pour un résultat certainement meilleur qu’aujourd’hui.

par Slemnia Bendaoud * (le quotidien d’oran)

Sétif, terre des blés de qualité et des épis dorés, n’est plus terre de moissons abondantes et débordantes de générosité.

Cela est tout de même curieux pour une terre très fertile, généreuse et féconde, ayant jadis tout comme dans un passé très récent enfanté tous ces valeureux guerriers à côté de ses talentueux footballeurs et abondantes récoltes céréalières sur ces hauts-plateaux de l’est Algérien qui fournissaient naguère en grain de blé le reste des régions du pays en besoins alimentaires de base de l’année. Sétifis, l’ancienne reine des hauts-plateaux, est bel et bien partie, laissant le champ libre à Sétif, l’Algérienne libre et indépendante, pour le cultiver et le faire fructifier et fleurir avec l’arrivée du printemps autrefois longuement célébré, épis dorés dans la main et semailles bien fournies et généreusement répandues à même le sol à proximité de la demeure tenant lieu de ferme. Voulant faire de la région la capitale de l’électronique, le régime socialiste des années de plomb fit perdre à la contrée sa vocation agricole, héritée depuis longtemps de génération en génération. Depuis, c’est la descente aux enfers, les fers aux pieds, de toute une population vivant de cette terre bénie qui ne produit plus comme naguère ce précieux grain de blé, l’été venu ! Comme le reste des autres régions du pays, Sétif, à présent, lorgne du côté de la mer Méditerranée, attendant impatiemment l’arrivée de ses navires céréaliers lui parvenant de cette Europe dont elle était durant longtemps son fournisseur céréalier privilégié et attitré. Bien évidemment, cela s’appelle tout juste un constat.

D’échec, tout naturellement ! Et sur tous les plans, pour une nation bonne nourricière de ses paires et leurs nombreux enfants trouvant à présent les pires difficultés à pouvoir nourrir même les siens (!?). Les uns l’attribuent à ce vent du nord qui a tourné en faisant détourner cette nécessaire pluie sur d’autres contrées, lésant la région et ses immenses plaines restées depuis en jachère. Les autres, par contre, plus nombreux à l’être dans cette situation, réalisent plutôt que c’est la faute à ce brut du sous-sol -qui nous rend abrutis- en aspirant vers le bas l’ensemble des réflexions tournant et tournoyant autour du devenir de notre agriculture pour les amener à puiser encore et davantage dans les réserves des hydrocarbures de notre grand sud. Le tout étant qu’entre la culture des céréales et la région de Sétif, il y eut ce divorce prévisible, inéluctable, sévèrement imposé par la nature et celle de ses hommes ou encore intentionnellement recherché par un cercle déterminé.

Cela relève de l’évidence même : celui à qui l’on a mal ou pas du tout appris tout jeune à bien pétrir une pate ne fera jamais plus tard un bon boulanger. Le constat peut paraitre sévère mais il a le mérite d’être franc. Logique même. Le raisonnement tient au fait que l’homme s’éloigne de plus en plus du travail de la terre, même si l’avancée remarquable de la technologie d’aujourd’hui le pousse irrémédiablement à surtout agir dans le sens contraire.

Résultat : plus de grain de blé, donc naturellement plus une seule miette de pain-maison ! Et tout le monde attendra le temps qu’il faut pour que le paysan Européen fournisse l’effort escompté, mais aussi l’arrivée programmée de sa livraison de céréales à quai. Une situation devenue quotidienne qui n’admet aucun commentaire, tant les choses sont claires et le désastre de notre agriculture est très profond. Le remède à cela n’est certainement pas pour demain. Mais… bon, passons… !

 Cela est surtout valable côté blé, pré, élevage et le tout indispensable et très précieux lait. Mais, au demeurant, qu’en est-il côté jeu sur l’autre pré, naturel ou synthétique, celui-là, entouré des ses gradins et tribunes, de leurs occupants et ces nombreux chérubins intéressés à cette balle qui fait ses bonds et nombreux rebonds à longueur de temps : le football pour être plus précis ? Là-aussi les choses n’avancent pas vraiment ! Ou disons-le franchement, elles reculent. Sinon, elles avancent à reculons.

Oui, à reculons comme une sèche sur sa défensive en plein océan. Par manque de la bonne pate conséquemment à la faiblesse des récoltes de blé, le Sétifien a carrément perdu la main dans le pétrissage de son pain quotidien, autrefois très nourricier et très apprécié pour son gout du terroir. Et à force de taper n’importe comment dans un ballon qui ne va que rarement au fond des filets, ce dernier a également perdu l’usage du pied ; disons plutôt le merveilleux shoot qui conclue ce magnifique but que tout le monde attend ou court après, parfois des années durant. Et si le gars des hauts-plateaux sétifiens ne met plus la main à la pate et le pied à l’étrier où a-t-il alors la tète ? Probablement dans ces nuages de passage vers le vieux continent, lesquels emportent pour un bref moment ses rêves pour –se dit-il- se réaliser ailleurs que sur le magnifique territoire de son pays et unique patrie ! Sinon, enfouie dans cette arène où le foot n’est plus ce jeu qui comme jadis et hier séduit et distrait, unit et raffermit les liens entre quartiers d’une même contrée ou entre peuplades de celles tout à fait lointaines. Lorsque tout est cadenassé, fermé et cloisonné dans la vie d’un jeune, le choix, le premier, va bien évidemment vers le stade et ses formidables shows, le foot et ses caprices et nombreux vices, le sport et sa pratique et technique. C’est indéniable et tout le monde le sait. Là-aussi, avouons-le, le monde semble avoir complètement changé de repère, d’orbite et de même de raison. Sétif, terre de footballeurs de renom, n’est plus qu’un réceptacle de joueurs en fin de carrière ramenés de tous les coins du pays à coup de sommes d’argent mirobolantes, sonnantes et trébuchantes. Pourquoi Sétif qui a enfanté les valeureux Kermali, Arribi, Mekhloufi, Salhi et compagnie n’est-elle plus en mesure de pouvoir palier à la défection du maestro Adjissa, parti depuis plus d’une décennie en retraite méritée ? En clair : la région ne produit plus de talent. Comme tout le monde, elle en consomme à profusion. C’est la règle et il faut mettre l’argent qu’il faut. Elle en dévore à pleines dents, à l’exemple de tout le pays, contre ce gros pognon déboursé chaque début de saison, provenant des caisses de notre « brut », des dividendes soutirés de cette « coupe Arabe » et des participations de sympathisants d’ »El Kahla », vivant encore des soubresauts de cette nostalgie d’antan faisant remonter en surface ces générations d’âge d’or et ce football de qualité de la région. Bien avant la fin du siècle dernier, la ville d’ Ain El Fouara vibrait déjà au rythme de ce football du second souffle sétifien. Et c’est tout naturellement qu’en 1987 que l’ESS étreignait déjà son football de charme sur l’ensemble des contrées du continent Africain pour y aller battre avec la manière et la conviction d’un vrai héros des équipes de renommée internationale jusqu’à leur ravir cette consécration et couronne continentale qui manquait à son palmarès, déjà bien étoffé localement, confortée juste quelques mois plus tard par celle Afro – Asiatique, venue elle aussi, agrandir son appétit et ses horizons après avoir fait trembler ses plus farouches adversaires. Ce Sétif d’alors pratiquait ce football-maison, ce jeu « cousu-main » que tout sportif improvisé le lui reconnait, perdu depuis au profit de celui pratiqué aujourd’hui sans aucun intérêt. Ceci étant dit, les dirigeants du club sétifien n’ont plus aujourd’hui le regard braqué et intéressé à ce jeu de gamins de quartiers à plus tard convenablement les élever et en faire des stars sinon de vrais héros de la balle ronde. Ils ont plutôt, comme leurs pairs fortunés, la tète tournée vers la bourse des transferts où on ne leur propose –à la vente bien sur- que du réchauffé sinon de vieux numéros enveloppés dans du vernis ! Et en contrepartie de cette très maigre offre locale, ils n’hésitent souvent pas à mettre le grand paquet ! A être les premiers sur les lieux avant même l’ouverture de la période des transferts de l’année. Quelle audace pour un club en perte de vitesse et qui avance en faisant parfois du surplace ! De grâce, ces terribles manières de gérer le sport sont en net décalage avec le prestige d’un club de la trempe de l’ESS ! Il est plutôt temps de tirer la sonnette d’alarme en tirant les leçons de ce passé récent, lequel s’il continuera sur sa lancée effacera certainement les traces de toute hypothétique stratégie de reconstruction du club des hauts-plateaux sétifiens. La réalité à ce sujet est bien triste à dévoiler : l’écurie sétifienne manque cruellement d’étalons, de vrais chevaux de course, de cavaliers de demain se situant dans la lignée de leurs valeureux aïeux. Il ya lieu de s’intéresser d’abord à accorder plus d’intérêt à ses propres poulains de lignée confirmée propre à cette race sétifienne bien connue du public et très reconnue sur tous les terrains de football du continent Africain, seule à même de pérenniser ce football de rêve du second souffle des hauts-plateaux.

C’est désolant de le dire, mais la logique des choses nous impose d’en faire cas : pour composer son onze rentrant, Sétif, cette terre de footballeurs racés, tend aujourd’hui la main aux autres clubs du pays et de la région tel un club très pauvre en ressources humaines et démuni de tout palmarès sportif ! C’est vraiment aberrant ! Scandaleux pour l’histoire du sport et de la région ! Non… ? Si la contrée ne produit plus cette pate de pain nécessaire à son fournil, le club également ne produit plus, lui aussi, cette patte magique de footballeurs racés qui délivrent le public et leurs co-équipiers sur une seule touche de balle, laquelle souvent remet les pendules à l’heure ou sert tout simplement à creuser l’écart sur l’adversaire du jour. Avec tout ce pognon engrangé lors de ses deux coupes Arabes, perdu en conjecture dans des projets inconséquents consistant à dénicher l’oiseau rare vers la maison, Sétif, la rebelle et l’éternelle rivale des grands clubs du centre et de la capitale, retombe à chaque fois dans les mêmes erreurs et travers en partant très top sur ce terrain de chasse miné par la paresse et objet de tous les coups bas de la vraie bassesse sportive et morale, à la recherche de ces rossignols, pensant égailler avec son foyer familial, chantant autrefois de bonheur de ses propres volatiles utiles et très subtiles dans ce jeu qui emballe et régale leur monde alentour.

Ce terrain de chasse n’est pas le sien même si avant le début de chaque saison c’est elle qui fait le plein de ce recrutement qui cloue au pilori le jeune athlète formé à la maison, obligé plus tard de voler à son tour vers d’autres horizons à la recherche de développer ses moyens et d’exprimer l’étendue de son talent. L’échec d’un autre club de la région dans cette impossible voie, encore en mémoire, est là pour prouver l’inutilité de la tentative à essayer de la mettre à profit. Cette stratégie de l’immédiat a depuis longtemps échoué de par le monde et desservi la pratique du football.

 Les exemples sont d’ailleurs légion. Pour s’en convaincre, il n y a qu’à faire le compte de joueurs formés à la maison et passant par les basses catégories du club sur l’ensemble de l’effectif rentrant ou même consigné sur la feuille de match du jour, pour constater l’énorme écart existant entre le produit récolté localement et celui acquit de l’extérieur ! Cet apport-là est tout à fait négligeable de l’effort de formation, sinon qualifié de vraiment catastrophique pour une si belle ville et une si grande réputation de football… à surtout bien défendre.

Au fait, l’aigle sétifien n’apprécie-t-il plus ces lointaines hauteurs du ciel pour planer très haut sur son monde comme il le faisait si bien naguère ? Ou alors est-il atteint d’une quelconque maladie qui le tiendra pour longtemps encore cloué au sol à cause de ces mauvaises combines qui se font à ses dépens et surtout en sous-sol ?

 Ni blé de qualité, ni football d’attraction, Sétif perd, à présent, la tète dans ces transactions farfelues de joueurs parfois tout juste moyens exigeant paradoxalement par ailleurs beaucoup de moyens ! Souhaitons qu’elle ne perde pas encore les pieds et la raison dans cette sous-traitance dont elle participe activement à son renchérissement. L’exemple concret du Réal de Madrid ne semble pas avoir bien inspiré le club sétifien au regard de cette voie suivie et stratégie jusque-là prônée. Sétif, comme toujours, depuis un certain temps déjà, continue à aller pêcher ailleurs que chez soi, oubliant de bien entretenir d’abord son aquarium de qualité ! Ce club, titré et attitré, continue de beaucoup plus considérer l’impact des bienfaits de son « présent immédiat », perdant au fur et à mesure l’utilité de « l’avenir » dans la résolution de cette difficile équation du « temps » qui n’admet, par ailleurs, aucun dépassement ni un quelconque renvoi du « moment en question ». Ni celui du présent constamment présent dans nos esprits et parmi nous sur le terrain du « futur proche », ni le sens contraire de cette même vision et toute indiquée direction !

 Un grand club est toujours construit autour d’un noyau dur formé à la maison ou bien entretenu chez soi et depuis bien longtemps. Des années durant quoi ? L’apport de certaines vedettes, bien analysées et ciblées, dans une équipe qui tient déjà la route est nécessaire pour la rendre rapidement plus performante, cependant ce « plus espéré » doit être circonscrit dans sa fonction stricto-sensu de « complémentarité » dans l’évolution d’ensemble du groupe en question. Le Barça en est, à ce sujet, l’exemple le plus édifiant et du haut de gamme qui puisse exister sur ce plan. Pour vous en convaincre de l’utilité de son action, il n y a qu’à bien comparer l’origine de son effectif avec celui de ces clubs Espagnols jouant toujours les premiers rôles dans leur championnat.

 Sétif qui vient de négliger l’apport souvent précieux de ses talentueux enfants dans la conquête des titres nationaux et internationaux l’aura bien compris à ses dépens ! Le très talentueux Djabou, prêté inconsciemment ou maladroitement à El Eulma puis à El Harrach, en venant au match retour marquer ce but d’or contre son club d’aujourd’hui et de ses débuts sportifs, a bien privé depuis toute la ville de Sétif d’être le champion de 2010, même si le vrai coup de semonce allait plus tard venir de ce terrain de Tlemcen. Le ramener juste après au club formateur ne permet pas pour autant d’effacer à jamais l’erreur monumentale commise auparavant. En son temps, en le libérant injustement ! Son retour à son club d’origine et de jeunesse, si celui-ci avait coïncidé avec une quelconque promotion des jeunes catégories, aurait incontestablement constitué la bonne solution. Voyons… !

Les grands moyens -tout seuls- ne faisant pas forcément une grande équipe, c’est surtout sa cohésion, sa fraicheur physique, sa jeunesse débordante d’énergie et de talent, qui fait cette différence tant souhaitée sur le terrain de vérité. Avec une formation très jeune mais complètement décidée à se surpasser, le Mouloudia d’Alger a bel et bien été le champion de l’édition 2010, sans avoir à tricher ni à utiliser pour les besoins du sacre acquit ce gros pognon sétifien. Cela est aujourd’hui une évidence que personne ne pourra la cacher.

 Les nombreuses étoiles, telles des astres qui grouillent dans un ciel éclairé, toutes belles et splendides, ne pourront pourtant jamais au grand jamais nous répercuter dans ce sombre décor d’une nuit agitée et bien égaillée la seule lumière que nous procure le soleil dès le levé du jour suivant ou de la veille. Le compter-sur-soi est dans toute discipline quelque chose de déterminant. L’apport de l’argent n’est bien souvent que facultatif. C’est d’ailleurs de la sélection des blés de nos champs que l’on obtient cette race vivement souhaité et longtemps recherchée dans nos propres greniers, et c’est de notre école de football que sortiront nos talents de demain. Il ne sert donc à rien de courir après ces stars-autoproclamées dans la perspective de compenser ou de suppléer nos propres incapacités de mieux gérer la formation à la base.

L’habit du cérémonial ne dure, en vérité, qu’un temps : celui de la fête pour laquelle l’ion aura été pour l’occasion invité. Et au plus tard, le lendemain matin, il faudra revenir de nouveau à nos anciennes guenilles. Cela est une autre réalité, il faut bien l’avouer. Mais qui en tient compte aujourd’hui ?

 Voilà pourquoi le blé sétifien ne lève plus ! Et voilà pourquoi le football de l’Entente sétifienne ne séduit plus !

(*) Universitaire et écrivain. Il est également l’auteur d’un ouvrage intitulé : le football algérien : Gloire et déboires, paru récemment en France et en Algérie.

Laisser un commentaire

D A T A F O R U M |
Génération Citoyenne |
machinesabois |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Elayam.3 ا...
| FCPE Lionel Terray
| LUGAR DO DESENHO-LIEU DU DE...