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4 octobre, 2010

Chadli : anthropologue, linguiste et démocrate malgré lui

Classé dans : — eldzayer @ 2:12

Evénement du 5 octobre, processus électoral et question amazigh

Les révélations choc de Chadli Bendjedid

Un document historique et académique algérien a été récemment publié au Japon. Il s’agit d’une longue interview accordée par l’ex-président de la République, Chadli Bendjedid, à deux chercheurs japonais, Kisaichi Masatoshi et Watanabe Shoko. Ces deux derniers travaillent sur l’Algérie depuis plusieurs années et ont déjà publié le premier livre en japonais sur l’Algérie.

Liberté a pu se procurer le document écrit en deux langues, arabe et japonaise. Chadli Bendjedid y aborde, parfois avec une légèreté déconcertante, des sujets aussi sensibles que l’arrêt du processus électoral, l’amazighité et les évènements du 5 octobre. Ses déclarations sont quasiment inédites. Ainsi à la question : le pouvoir algérien devait-il accepter un gouvernement du FIS ?, l’ex-président a eu cette réponse. “oui, c’est vrai. Si le pouvoir avait accepté les résultats des élections, on ne serait pas arrivé à cette dangereuse situation. J’ai voulu que le peuple algérien assume la responsabilité d’avoir choisi ses représentants en toute liberté (…) il aurait fallu que nous respections le choix du peuple algérien et donner une chance au Front islamique du salut (FIS) de constituer son gouvernement.” Se voulant plus explicite, il dira qu’“il fallait juger le FIS par les lois et la constitution qui régissent l’état, et le fait de ne pas avoir respecté le choix du peuple a été une très grande erreur.” Constant dans sa position, il affirma que “la démocratie a donné au peuple algérien le choix des islamistes en toute liberté, exactement comme cela s’est passé en Palestine quand le peuple palestinien a voté pour Hamas”. Sa “lecture” est d’ailleurs anecdotique. Alors qu’il était le président du pays, il a expliqué que c’était un vote sanction “pour se venger des responsables du FLN qui ont commis de grandes erreurs à l’encontre du peuple algérien et dilapidé son argent, c’est ça la vérité”. Sur sa démission du 12 janvier 1992, Chadli a nié avoir été démis de ses fonctions en relatant ce qui s’est passé. “j’étais pour le processus démocratique et comme le peuple algérien avait choisi l’autre camp, nous devions leur donner le pouvoir et la possibilité de gérer le pays, mais les membres du FLN ont eu peur et ils m’ont demandé d’annuler les résultats des élections et de les refaire. j’ai refusé par respect à la constitution et à la promesse que je m’étais donnée quand j’avais juré sur le Coran de respecter la volonté du peuple algérien (…) quelle aurait été la réaction de l’opinion nationale et internationale si je les avais annulées ? Ils auraient pensé que les réformes qu’avait réalisées Chadli n’étaient qu’une manœuvre pour rester au pouvoir et c’est pour cette raison que j’ai décidé de tout quitter. j’ai déposé ma démission par respect au peuple algérien.” D’ailleurs, il insista sur ce point pour affirmer que “celui qui prétend qu’il y a eu un coup d’état se trompe, parce que j’ai démissionné de mon plein gré sans pression d’une quelconque partie”.
Sur la question amazigh, Chadli a exposé un point de vue très réducteur et qui va faire sans doute réagir plus d’un. Ainsi, pour celui qui a présidé aux destinées du pays pendant 12 ans (1980-1992), “l’amazighité est une sorte de tradition et de langue de quelques tribus appartenant à des civilisations et cultures près-islamiques et il reste encore peu de tribus qui tiennent encore à ces origines”. S’improvisant anthropologue, l’ex-président va encore plus loin. “l’amazighité est une langue qui est dépassée par le temps et qui ne pourra pas se développer.” avant d’ajouter : “la langue amazigh a disparu.”
Confirmant l’état d’esprit de nombreux représentants du système algérien, et en revenant sur le printemps berbère de 1980, Chadli n’a pas hésité à relier la question amazigh avec… la France. “je le dis sincèrement, il y avait un plan colonialiste de la part des services secrets français pour alimenter le sentiment d’appartenance à l’amazighité pour gagner la sympathie de ses groupes et les relier à la France afin de créer des problèmes internes dans le but d’exercer des pressions politiques sur le gouvernement algérien. et pour prouver ce que je dis, il faut voir ce que fait la France pour enseigner l’amazighité dans ses universités.” Il ajoutera que les évènements de 1980 étaient “politiques sous le couvert de la question amazigh et on peut dire qu’ils étaient politiques et culturels en même temps”. 
Mieux encore, continuant sur la question identitaire, il souligna qu’“il y a pas de spécificité à la nationalité algérienne ; les algériens appartiennent à la civilisation arabo-islamique”. Il soutiendra que, mis à part l’aspect politique, il n’y avait aucune différence entre les algériens, les tunisiens et les marocains. “du côté culturel, on appartient à la même histoire, culture et civilisation, qui est l’arobo-islamique. cette appartenance culturelle et civilisationnelle se prolonge de l’est du monde arabe jusqu’à l’Ouest et tous nous parlons la langue arabe, mais avec des dialectes différents, rien de plus”.
à propos du 5 octobre 1988, l’homme de 91 ans insiste en précisant que “certains membres du FLN” étaient derrière “les évènements”. Selon lui, la cause des manifestations violentes (le bilan officiel était de 110 morts, alors que des sources médicales ont donné le chiffre de 500 morts et plusieurs milliers de blessés) était due au fait que “plusieurs responsables de l’appareil du FLN, et d’autres aussi, étaient contre la démocratie que j’essayais d’appliquer. la démocratie, la liberté de la presse et le fait de permettre au peuple de choisir ses représentants allaient mettre la lumière sur les erreurs des responsables. Tout cela mettrait en danger les avantages qu’ils avaient obtenus grâce au parti unique”.
En plus de se présenter comme un démocrate, Chadli Bendjedid s’est aussi affiché comme un capitaliste convaincu. “je suis celui qui a changé le système du socialisme au capitalisme”, soutient-il, avant de revenir sur son parcours personnel. “À travers les longues expériences que j’ai vécues dans le système communiste de Ben Bella et le système socialiste de Boumediene, qui ont échoué totalement, j’ai eu une idée complète et claire sur la situation de l’Algérie.” Il expliquera sa “thèse” en affirmant que “c’est l’immobilisme qui m’a poussé à décider de changer le système et j’ai réalisé l’importance de léguer le pouvoir au peuple algérien, et ce, dans le cadre d’une véritable démocratie”. 
Cette longue interview publiée dans le n°27 du The journal Sophia Asian Studies est l’une des très rares interventions de Chadli Bendjedid depuis qu’il a quitté le pouvoir en janvier 1992. En 18 ans, il a donné deux interviews : en 2006 à l’hebdomadaire algérien Al Mouhakik et en 2007 à El Khabar.
il a également fait une intervention, le 27 novembre 2008, lors du colloque organisé à El-Tarf en hommage au moudjahid Amar Laskri, dit Amara Bouglez, et la dernière remonte au 4 décembre 2008 sur les colonnes de Liberté et d’El-Khabar.

Par : Salim Koudil 

source : libert1.jpg 

chahaza.gifchadli.jpg 

chadli.jpg le juge meurtrier du colonel Chaabani chaabani.jpg

Lors des événements du printemps berbère de 1980, il dit à la télévision :

« kountou min elfara3ina walakinna 3arrabani el islam »

Les algériens sont tous berbères, sauf que l’Islam a arabisé certains.

La kabylie bien que musulmane, a  échappé  à cette arabisation. Ce que doit apprendre tout ignare de la trempe d’un homme qui est à l’origine de la catastrophe algérienne.

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Il a promis de revenir, dans les prochains jours, avec plus de détails sur ses années de gouvernance du pays.

L’ancien président de la République, Chadli Bendjedid, a nié en bloc toutes déclarations qui lui ont été attribuées dans les colonnes de la presse nationale reprenant une interview qui serait publiée dans le n°27 du The journal Sophia Asian Studies. «Je prends à témoin Dieu et l’Histoire, que tout ce qui a été dit en mon nom est en globalité mensonges et allégations», a déclaré l’ancien chef d’Etat dans les colonnes du journal arabophone Echourouk Al Yaoumi. Il a soutenu que cette sortie médiatique vise à lui nuire puisqu’ «elle n’est pas innocente, dans un contexte qui n’est pas innocent non plus, et que les parties qui ont amplifié ses dires sont identifiables».
Chadli Bendjedid qui a gouverné le pays de 1979 à 1992 affirme que nul n’a le droit de douter de son nationalisme. Toujours dans les colonnes du journal Echourouk, l’ancien président affirme qu’il s’est brusquement «réveillé sur l’inanité de mes réalisations et l’inutilité de mes réformes», non sans accuser ses nombreux détracteurs qui ne lui ont pas pardonné ses années de règne à la tête du pays pointant un doigt accusateur sur ceux-là mêmes qui «essayent depuis toujours d’égratigner sa droiture, ses avancées – en son temps – dans la démocratie et les droits de l’Homme», précisant que le jour viendra où tout sera connu de tous, «et que, de toute façon, le peuple connaît son intégrité et sa loyauté envers son pays».
Décidément, affecté par ce qui a été rapporté par la presse, l’ancien président promet de revenir avec des détails sur les années de son règne et notamment sur les événements qui avaient jalonné sa mandature. Il y a quatre jours, les quotidiens Liberté puis Al Watan ont rapporté de larges extraits de déclaration d’une incroyable légèreté faites par l’ancien président à deux chercheurs japonais en 2009.
Selon ces deux journaux, l’ancien président a tout simplement fait étalage de son ignorance de l’Histoire de son pays quand il s’est exprimé sur la question amazighe. M.Chadli aurait déclaré que «l’amazigh est une langue qui est dépassée par le temps et qui ne pourra pas se développer».
Plus encore, le Printemps berbère de 1980 a été «un plan colonialiste de la part des services secrets français pour alimenter le sentiment d’appartenance à l’amazighité pour gagner la sympathie de ses groupes et les relier à la France afin de créer des problèmes internes dans le but d’exercer des pressions politiques sur le gouvernement algérien».
Dans son «démenti» sur Echourouk, M. Chadli affirme que son propos sur l’amazighité est connu de tous, à savoir «que l’Algérie est une terre amazighe qui a été islamisée», et que lui-même «est un Amazigh qui a été islamisé».
Parlant de l’ex-FIS dissous qui a remporté les élections législatives en 1992, il a déclaré que «si le pouvoir avait accepté les résultats des élections remportées par le FIS, on ne serait pas arrivé à cette dangereuse situation». C’est les propos du président de la République et qui parlait du «pouvoir» sans préciser lequel.
«J’ai voulu que le peuple algérien assume la responsabilité d’avoir choisi ses représentants en toute liberté, il aurait fallu que nous respections le choix du peuple algérien et donner une chance au Front islamique du salut (FIS) de constituer son gouvernement.».
Les journaux ont également rapporté que Chadli Bendjedid a déclaré que «la démocratie a donné au peuple algérien le choix des islamistes en toute liberté, exactement comme cela s’est passé en Palestine quand le peuple palestinien a voté pour Hamas».
Au sujet de sa démission, le 11 janvier 1992, il a nié qu’il s’est agi d’un coup d’Etat. «Celui qui prétend qu’il y a eu un coup d’Etat se trompe, parce que j’ai démissionné de mon plein gré sans pression d’une quelconque partie.»

Nabil BELBEY (http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-10-07/81408.htmlChadli : anthropologue, linguiste et démocrate malgré lui shim  shim  shim

 

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