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17 janvier, 2008

L’angoisse du pain et le caprice des élites

Classé dans : Chroniques de Md Benchicou — eldzayer @ 2:45
L’angoisse du pain et le caprice des élites
Par Mohamed Benchicou

Qu’une année commence par une autre journée rouge, de colère celle-là, quel meilleur signe ? Depuis mardi, nous savons au moins qu’il y a une Algérie qui s’angoisse pour le pain et une autre pour un troisième mandat de Bouteflika. Et que la plus influente n’est pas celle que l’on croit.
Car enfin, qui s’attendait à ce tableau incroyable ? Des millions de salariés unis dans une si imposante grève à l’appel de si modestes syndicats libres ! Qui donc soupçonnait possible de se faire entendre par tant d’Algériens, sans les caméras de Habib Chawki ni les mosquées de Belkhadem ? Qui, jusqu’à ce mardi rouge, pensait possible de paralyser le pays sans les moyens de Sidi Saïd ni les appareils des partis ? Qui, enfin, imaginait une si spectaculaire mort de l’UGTA ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une défaite magistrale du pouvoir. Sa citadelle du mensonge, la Centrale syndicale, n’est plus en mesure de lui garantir la «paix sociale» et de l’épargner de la colère ouvrière. Elle n’a plus d’autorité auprès des salariés. C’est le crépuscule d’Abdelmadjid Sidi Saïd. Il a perdu la capacité de «réguler», en quelque sorte, la grogne prolétaire : tournant le dos à son «pacte social», des millions de travailleurs ont basculé dans le camp des syndicats autonomes. Ce mardi, le divorce entre le peuple et ses dirigeants semble avoir pris la couleur de l’irréversibilité. Ce mardi a confirmé ce quelque chose d’invisible et de très profond qui s’est produit à notre insu : la société algérienne se délivre de ses peurs. Elle a fait le choix de l’autonomie. Elle ne vote plus, n’écoute plus les sermons politiques et, surtout, a renoncé aux fables des puissants. Les artisans de ce mardi rouge sont rentrés chez eux en nous léguant deux belles leçons. D’abord une leçon d’unité. A l’heure où l’on disserte sur la meilleure façon de créer l’union des démocrates, les syndicats libres ont édifié une puissante confédération en utilisant une méthode infaillible : la modestie. Peut-être devrait-on réaliser, depuis mardi, que l’union démocratique ne doit pas se confondre avec une addition d’états-majors mais ressembler plutôt à cette masse imposante d’âmes déterminées à changer les choses. Ensuite une leçon politique. Ce peuple dont on désespère, ce peuple sait prêter l’oreille à ceux qui savent encore dire des choses qui arrivent au cœur. Alors l’idée se dégage d’elle-même : dans l’Algérie qui s’angoisse encore pour le pain, le débat politicien autour du troisième mandat ressemble à une compétition factice entre deux «forces» dévitalisées, les courtisans supplétifs et les élites passionnées de changement mais sans aucune influence. On serait tenté de revenir à la vérité de Hugo : «Qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre.» Cela dit, les animateurs du mardi rouge nous auront quand même donné une belle clé : avec la déroute de l’UGTA, il s’avère bien que la capacité manœuvrière des partisans d’un troisième mandat ne repose plus que sur des forces moribondes. Merci de nous l’avoir démontré.

25 décembre, 2007

Les Barbies pleureuses …

Classé dans : Chroniques de Md Benchicou — eldzayer @ 17:31

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Elles ont quelques Noëls de retard mais le cœur y est : les Barbie pleureuses sont de retour à Alger, à l’heure pour le sapin de 2007, prêtes à nous émouvoir ou à nous émerveiller – c’est selon – de leur inépuisables réserves lacrymogènes. Oh, bien sûr, toutes ne ressemblent pas à la fille aux cheveux blonds, certaines ont même de vraies moustaches, d’autres de vraies barbes, il en est même qui sont ministres, journalistes ou directeur général de l’ENTV, mais toutes connaissent parfaitement leur métier : pleurer à la demande, sur ordre du capricieux bambin qui a commandé toutes ces Barbie pour les fêtes de Noël.
Peu importe qu’on ne ressente aucun chagrin. Le but du jeu n’est pas de pleurer sous le poids de la douleur mais d’offrir une représentation théâtralisée de la douleur qui soit plus authentique, plus impressionnante que la douleur elle-même ! Réussir un simulacre de l’affliction qui en arrive à surprendre les affligés eux-mêmes.

Sur ce registre, nos Barbies pleureuses, Ould Abbès et Habib Chawki en chefs de file, suivis de ces créatures asservies au proxénétisme politique, qu’ils soient politiciens-supplétifs vivant de leur mercenariat ou journalistes officiant dans de serviles organes vivant de l’obole de l’ANEP, nos Barbies pleureuses ont honoré la réputation de la célèbre poupée : elles ont versé sur la mémoire des victimes des attentats du 11 décembre, « souillée par le sondage d’Al-Jazira » tellement de chaudes larmes qu’elles ont fini par interloquer les familles endeuillées elles-mêmes ! Le secret est pourtant simple : il faut du temps pour épuiser les larmes « rechargées » en quantité sur le corps de ces Barbie car elles n’obéissent qu’à une seule touche : pleurer sur « l’offense Al-Jazira » à l’exclusion de toutes les autres offenses à la mémoire des victimes des attentats du 11 décembre. Nos Barbie pleureuses sont, par exemple, insensibles aux graves insultes proférées publiquement par le chef-terroriste Ahmed Benaïcha qui menace d’autres « 11 décembre » si le FIS n’est pas réhabilité et accuse nommément les services algériens d’être derrière les attentats ! De même que nos poupées n’ont aucune émotion à l’idée que les victimes du 11 décembres aient été assassinées par un terroriste fraîchement libéré de prison.

Elles ne sont pas programmées pour s’émouvoir des crapuleries politiques du régime algérien, mais seulement de celle d’Al-Jazira ! Nos Barbies ne s’indignent pas du terrorisme islamiste, elles ne dénoncent pas l’intégrisme, elles s’acquittent juste d’une mission dilatoire pour laquelle elles ont été actionnées.

De ce point de vue, on doit reconnaître que nos Barbies sont parfaitement fidèles à l’antique tradition des « pleureuses », ces femmes rétribuées pour sangloter, gémir et implorer le Ciel lors des obsèques et dont on louait les services pour ajouter au climat d’affliction : les « femmes pleureuses » ne pleurent que sur le défunt pour lequel elles sont payées. Elles ne se trompent jamais de funérailles. Dans la tradition judéo-arabe, on les appelait « El hazniates » ou « El Hjaniyè » en hébreu. Toute vêtues de noir, en robe ample et les bras entièrement couverts, elles s’asseyaient à proximité du corps étendu à même le carrelage et s’adonnaient parfaitement à l’art du simulacre, n’hésitant pas à hurler ou à se griffer le visage jusqu’au sang pour la perte d’une personne qu’elles n’ont jamais vue et pour laquelle elles n’éprouvent aucune peine.

Il y a cependant quelque motif de se réjouir que nos Barbies aient su ressusciter avec brio une coutume qui date quand même de l’Antiquité et qu’aujourd’hui encore, dans la vallée du Nil, est évoquée dans une des plus belles scènes représentées sur les murs des tombes thébaines, celle des pleureuses de la tombe du souverain Ramose (voir photo). A l’heure où la fantomatique « Alger, capitale de la culture arabe » s’achève dans l’indifférence on peut en effet considérer que la prestation de nos Barbies clôture avec bonheur une manifestation qui manqua singulièrement d’exhibitions de qualité.

Quant au public, il semble bien qu’il n’ait comme spectacles pour l’année 2008 que la parodie du pouvoir…

A moins qu’il n’entre lui-même en scène.

Mohamed Benchicou

23 octobre, 2007

Guy Môquet et les sirènes de ma terre

Classé dans : Chroniques de Md Benchicou — eldzayer @ 12:26

♥  gutmoquet.jpg Guy môquet et les sirènes de ma terre

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